Les drones chinois de la GRC : 80 % de la flotte jugée ‘à risque’ pour la sécurité nationale

Les drones chinois de la GRC : 80 % de la flotte jugée ‘à risque’ pour la sécurité nationale credit : lemorning.ca (image IA)

Quand le matériel chinois s’invite dans la police fédérale

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C’est une nouvelle qui, disons-le, jette un petit froid : la Gendarmerie royale du Canada, notre police fédérale, se retrouve dans une position plutôt délicate. Figurez-vous qu’une très grande partie de ses appareils de surveillance volant – ses drones, pour parler simplement – sont considérés comme un risque majeur pour la sécurité. Pourquoi? Parce qu’ils ont été fabriqués en Chine.

Nous parlons ici de 973 drones sur une flotte totale de 1230. Oui, vous avez bien lu : cela représente un impressionnant 80 % des équipements aériens de la GRC qui sont désormais soumis à de sérieuses restrictions. La GRC a dû s’expliquer là-dessus, notamment devant le comité du Sénat sur la sécurité nationale, et leurs réponses montrent qu’ils sont bien conscients de la situation. Mais alors, comment une telle dépendance a-t-elle pu se développer pour des outils aussi cruciaux?

Un risque « élevé » lié au pays d’origine

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La préoccupation centrale, c’est la fameuse question de la transmission de données. N’importe quel objet connecté, surtout ceux qui volent et capturent des images sensibles, peut potentiellement être une faille, comme l’explique Ygal Bendavid, professeur à l’UQAM, qui mentionne que « n’importe quel objet connecté pose des questions de failles sécuritaires ». C’est une question de bon sens, je suppose, surtout quand on parle d’appareils venant d’un pays qui n’est pas toujours notre meilleur ami sur le plan stratégique.

La GRC elle-même ne mâche pas ses mots, affirmant que ces appareils présentent des « risques élevés pour la sécurité en raison de leur pays d’origine ». Ces drones, souvent de marque DJI et qui ont déjà fait parler d’eux, sont pourtant très utilisés pour des opérations diverses, y compris la surveillance de la fameuse frontière canado-américaine. C’est toute une histoire de voir que 80 % de l’équipement est maintenant regardé avec méfiance.

Le dilemme du coût : 30 millions de dollars pour tout remplacer

Pourquoi la GRC ne s’en débarrasse-t-elle pas tout simplement, me demanderez-vous? La réponse est, comme souvent, une question de gros sous. Le remplacement complet de ces 973 appareils coûterait plus de 30 millions de dollars. C’est une somme colossale, n’est-ce pas?

Et ce n’est pas tout : la GRC estime que le coût de remplacement par un appareil non chinois serait d’environ 35 000 $ par drone, ce qui représente carrément le double du prix de ceux fabriqués en Chine. Il est clair que le prix attractif des drones asiatiques a joué un rôle majeur dans cette acquisition massive. Mais Wesley Wark, du Centre for International Governance Innovation, souligne que la GRC semble avoir acheté sans trop se soucier des besoins stratégiques ou des questions de sécurité à l’époque. Ah, l’éternel débat entre l’économie et la prudence…

Opérations délicates contre opérations communautaires

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Depuis 2023, la police fédérale a pris des mesures pour limiter l’utilisation de ces appareils, principalement en restreignant la transmission des données en vol. En gros, ces drones sont désormais cantonnés aux tâches les moins sensibles, celles que l’on pourrait qualifier de ‘quotidiennes’.

Les drones chinois peuvent toujours aider pour, par exemple, les enquêtes sur des personnes disparues, les vols de voitures, ou des opérations de police communautaire. Mais il y a des lignes rouges très claires que la GRC refuse de franchir avec ces engins :

  • Ils ne sont jamais utilisés par les groupes tactiques d’intervention.
  • Ils ne participent pas à la protection des personnes de marque (élus, dignitaires).
  • Ils sont exclus des opérations conjointes avec les autorités américaines à la frontière.

Pour toutes ces missions cruciales, la GRC utilise des drones provenant d’alliés : la France, la Belgique et les États-Unis. On apprend au passage, grâce au sénateur conservateur Claude Carignan, qu’ils ne possèdent malheureusement aucun drone canadien. Dommage, non?

L’avis des experts : centraliser et tester systématiquement

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Les experts sont unanimes : il est impératif d’être prudent. On ne peut pas savoir, affirment-ils, l’origine exacte des milliers de pièces et de logiciels intégrés à ces drones. C’est le principe de précaution qui doit primer. Ygal Bendavid insiste sur l’importance de « tester » et de s’assurer que le « mode opératoire » de l’appareil est absolument robuste avant toute utilisation sensible.

M. Wark, quant à lui, propose une solution pour l’avenir, et elle semble pleine de bon sens : centraliser tous les achats de drones par les agences fédérales de sécurité. Et surtout, il faut effectuer des tests de vulnérabilité de sécurité de manière systématique. Il va même plus loin en suggérant que le Canada devrait donner la priorité aux fabricants et aux chaînes d’approvisionnement canadiens pour les futurs petits drones de sécurité. C’est peut-être ça, la vraie solution à long terme, investir chez nous pour garantir notre sécurité.

Conclusion : Assurer l’efficacité tout en protégeant les données

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Il ne faut pas oublier pourquoi la GRC utilise ces drones : ils représentent des économies substantielles de temps et d’argent comparés aux hélicoptères, par exemple. Ils peuvent être déployés très rapidement et ils améliorent l’efficacité globale des opérations, tout en réduisant les risques pour nos policiers. C’est un outil formidable, ça, on ne peut pas le nier.

Toutefois, ce dossier met en lumière un enjeu crucial : l’équilibre délicat entre l’efficacité opérationnelle et la sécurité stratégique des données. La GRC a fait le nécessaire en imposant des restrictions immédiates, même si, comme l’a dit un expert, « les mesures d’atténuation après coup sont toujours la deuxième meilleure solution ». L’histoire de ces 973 drones chinois nous rappelle qu’à l’ère du tout connecté, le choix d’un fournisseur, même pour un petit appareil volant, n’est jamais anodin. Il est impératif que le gouvernement soutienne une stratégie d’achat rigoureuse qui priorise la sécurité, quitte à ce que cela coûte plus cher initialement.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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