Défense : pourquoi le Japon s’apprête à rejoindre le « Golden Dome » américain

Défense : pourquoi le Japon s’apprête à rejoindre le « Golden Dome » américain credit : The White House, Wikimedia Commons (Public domain)

Une annonce attendue à Washington

La scène diplomatique s’agite en prévision d’une rencontre au sommet. La Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, doit se rendre à Washington la semaine prochaine pour un entretien avec Donald Trump. Selon les informations du quotidien japonais Yomiuri, publiées ce vendredi, cette visite pourrait être le théâtre d’une annonce stratégique majeure pour la défense de l’archipel nippon.

Sur la table des discussions, un sujet central : l’éventuelle participation de Tokyo au système de défense antimissile américain connu sous le nom de « Golden Dome ». C’est lors de leur réunion, prévue pour le 19 mars, que Mme Takaichi devrait officialiser l’intention de son pays de rejoindre cette initiative. L’information, bien que non confirmée officiellement, s’appuie sur les confidences de plusieurs sources gouvernementales anonymes citées par le journal.

Le « Golden Dome », un bouclier nouvelle génération

Mais qu’est-ce que le « Golden Dome » ? Il s’agit d’un projet de bouclier antimissile présenté comme étant de nouvelle génération. L’an dernier, le chef du Pentagone, Pete Hegseth, en avait dessiné les contours. Il avait alors déclaré que ce « Dôme d’or » « protégera progressivement notre nation des attaques aériennes de n’importe quel ennemi ».

La force de ce système réside dans son architecture technologique avancée. Pour assurer cette protection, le projet s’appuierait notamment sur un réseau complexe d’intercepteurs et de capteurs positionnés directement dans l’espace. Une approche qui vise à détecter et neutraliser les menaces le plus tôt possible, avant même qu’elles n’atteignent leur cible.

Une alliance face à la menace hypersonique

L’objectif de cette potentielle collaboration entre les deux alliés est très spécifique. Il s’agirait de développer conjointement des intercepteurs et de mettre en place un réseau de satellites dédiés à une mission précise : contrer les planeurs hypersoniques, aussi connus sous l’acronyme HGV (Hypersonic Glide Vehicles).

Ces armes de pointe, capables de manœuvrer à très haute altitude, sont au cœur des préoccupations stratégiques. Le journal Yomiuri précise que les développements menés par la Chine et la Russie en la matière sont particulièrement visés. Ces planeurs hypersoniques seraient en effet capables d’atteindre des vitesses vertigineuses, volant à au moins Mach 5, soit cinq fois la vitesse du son.

Le Japon muscle sa posture de défense

Pour le Japon, s’engager dans le projet « Golden Dome » s’inscrit dans une logique plus large de renforcement de ses propres capacités d’autodéfense, comme le souligne le quotidien nippon. Cette démarche marque une nouvelle étape dans l’évolution de la doctrine militaire du pays, qui a considérablement changé ces dernières années.

Historiquement contraint par une constitution pacifiste, le Japon a progressivement assoupli sa position. Le pays cherche désormais activement à se doter de ce qu’il nomme des capacités de « contre-attaque ». Cette ambition s’est traduite par une décision politique forte : le doublement des dépenses militaires, avec pour objectif de les porter à 2 % du produit intérieur brut (PIB) national.

Un budget militaire record pour concrétiser les ambitions

Ce changement de cap stratégique est soutenu par des moyens financiers sans précédent. En décembre dernier, le gouvernement japonais a fait un pas décisif en approuvant un budget record pour le prochain exercice fiscal, qui débutera le 1er avril.

Dans cette enveloppe budgétaire historique, un montant inédit a été alloué spécifiquement aux dépenses de défense. Celles-ci atteindront la somme de 9 000 milliards de yens, ce qui correspond à environ 49 milliards d’euros. Un investissement massif qui témoigne de la volonté de Tokyo de se donner les moyens de ses nouvelles ambitions sécuritaires dans un contexte géopolitique tendu.

Selon la source : lapresse.ca