Trump à Londres : « On n’a pas besoin de vous »
Adam David - 2026-03-08 12:12
credit : Side-by-side fusion: "Prime Minister Sir Keir Starmer Official Portrait (cropped).jpg" by Simon Dawson / No10 Downing Street licensed under OGL 3 via Wikimedia Commons + "January 2025 Official Presidential Portrait of Donald J. Trump.jpg" by Daniel Torok (Public domain) via Wikimedia Commons
Un message glacial envoyé depuis Truth Social
C’est une sortie qui jette un froid sur l’alliance historique entre les États-Unis et le Royaume-Uni. Ce samedi, Donald Trump a pris pour cible Londres dans une publication au ton particulièrement amer. Il y affirme que son pays n’a désormais plus besoin du soutien britannique pour la « guerre » qui se joue au Moyen-Orient.
Le timing de cette déclaration est pour le moins surprenant. Elle a été publiée le jour même où les forces armées américaines commençaient à utiliser des bases militaires situées en Angleterre pour y mener des « opérations défensives ». Un paradoxe qui souligne la tension du message présidentiel.
Des porte-avions britanniques au cœur de la discorde
C’est via son réseau social, Truth Social, que le président américain a commenté des informations de presse. Celles-ci faisaient état de la possible décision de Londres d’envoyer des porte-avions dans la région. « Le Royaume-Uni, notre ancien grand allié, peut-être le plus grand de tous, envisage enfin sérieusement d’envoyer deux porte-avions au Moyen-Orient », a d’abord écrit Donald Trump.
Puis, dans la foulée, il a adressé une pique directe au Premier ministre britannique, Keir Starmer. « C’est bien, premier ministre Starmer, nous n’en avons plus besoin maintenant, mais nous nous en souviendrons », a-t-il lancé, avant de conclure d’une phrase sans équivoque : « Nous n’avons pas besoin de gens qui rejoignent les guerres après que nous avons déjà gagné ! ».
Le choix du mot « guerre », un détail qui n’en est pas un
L’emploi du terme « guerre » par Donald Trump dans son message est loin d’être anodin. Jusqu’à présent, son administration avait soigneusement évité ce mot, lui préférant des expressions plus mesurées comme « mission » ou « opération spéciale ». Cette prudence sémantique visait à ne pas enflammer davantage la situation.
Ce choix de vocabulaire contraste d’ailleurs fortement avec les déclarations d’autres figures de son camp. Mercredi dernier encore, le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, affirmait publiquement que les États-Unis « n’étaient pas en guerre ». Un décalage qui soulève des questions sur la ligne officielle de la Maison-Blanche.
Une rhétorique en rupture avec les promesses de campagne
Cette posture tranche avec les engagements passés du candidat Trump. Lors d’une entrevue accordée à TVA Nouvelles cette semaine, Romuald Sciora, directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis à l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), a rappelé un point essentiel. En 2016, Donald Trump s’était fait élire en promettant à ses électeurs qu’il n’engagerait plus les États-Unis dans des conflits internationaux interminables, à l’image des guerres en Irak ou en Afghanistan.
Il est également important de rappeler un principe fondamental du système politique américain. Selon la Constitution des États-Unis, seul le Congrès a le pouvoir de déclarer officiellement la guerre, et non le président seul.
La position réelle et mesurée du Royaume-Uni
La déclaration de Donald Trump semble pourtant en décalage avec la position officielle du gouvernement britannique. En effet, Londres n’a annoncé aucune intervention militaire de nature offensive au Moyen-Orient. Pour l’heure, aucun engagement formel de participation à des opérations militaires dans la région n’a été pris.
Selon la BBC, un porte-avions britannique a bien été placé en état d’alerte avancé. L’objectif est de pouvoir le déployer rapidement si la situation l’exigeait. Par ailleurs, le gouvernement de Keir Starmer a autorisé les États-Unis à utiliser certaines de ses bases militaires, mais a bien précisé que ce soutien était limité à des « opérations défensives ». Une nuance de taille.
Selon la source : journaldemontreal.com