Honduras : le candidat de la droite, adoubé par Donald Trump, prend la tête des présidentielles
Simon Kabbaj - 2025-12-01 11:22
credit : lemorning.ca (image IA)
La droite en avance, mais rien n’est joué

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Environ 6,5 millions de Honduriens étaient appelés aux urnes pour choisir, en un seul tour, le successeur de l’actuelle présidente, Xiomara Castro. Il faut aussi élire 128 députés et des centaines de maires pour les quatre prochaines années. Le dépouillement, même partiel, a vite montré une avance pour M. Asfura. On ne parle ici que d’un tiers des bulletins comptés, il faut le préciser, mais il mène avec 40,6 % des voix. C’est mince, vraiment mince, car il est talonné de près par un autre candidat de droite.
Un coude-à-coude serré entre trois favoris
Et puis, il y a Rixi Moncada, la candidate de la gauche au pouvoir, qui, malgré son retard de 21 points, était donnée au coude-à-coude dans les sondages avant le scrutin. Comment expliquer cet écart initial ? Mystère. Le fait est que cinq candidats étaient en lice au départ, mais c’est bien ce trio qui occupait toutes les conversations. On dirait que la politique hondurienne est rarement simple, n’est-ce pas ?
L’ingérence assumée de l’administration trump

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Trump a qualifié Asfura de « seul vrai ami de la liberté » et, pour faire bonne mesure, il a été très clair sur ce qu’il ne ferait pas : il ne pourrait pas travailler avec Rixi Moncada, qu’il a associée aux « communistes », et il a dit qu’il ne faisait pas confiance à Salvador Nasralla. Sa menace a été simple et brutale : si Asfura ne gagne pas, les États-Unis « ne gaspilleront pas leur argent » au Honduras. Il a même écrit sur les réseaux sociaux qu’avec ‘Tito’ (le surnom d’Asfura), ils pourraient travailler ensemble pour lutter contre les ‘narco-communistes’. On voit bien le ton, pas très diplomatique, hein ?
La controverse de la grâce présidentielle
Et figurez-vous que, trois jours avant le scrutin, Donald Trump a annoncé qu’il allait accorder une grâce « totale et absolue » à Hernández. Rixi Moncada a immédiatement dénoncé ces deux actions comme étant « totalement interventionnistes ». Asfura, lui, a pris ses distances, assurant que cette grâce n’avait « rien à voir avec les élections » et qu’il n’en bénéficierait pas personnellement. Mais avouons que le timing est plus que discutable. C’est le genre de coïncidence qui fait grincer des dents.
Tensions politiques et accusations de fraude
Heureusement, l’Organisation des États américains (OEA) et l’Union européenne avaient envoyé des observateurs. Le chef de mission de l’OEA, Francisco Assis, a quand même jugé que la journée s’était déroulée « dans une atmosphère démocratique et avec une grande affluence d’électeurs ». C’est un point positif, mais la gauche (le parti Libre de Mme Moncada) a déjà prévenu : ils vont attendre le décompte total. Et ça, ça pourrait bien prendre quelques jours de plus, prolongeant le suspense.
L’éléphant dans la pièce : pauvreté et violence

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Que proposent-ils vraiment? Asfura promet d’attirer des investissements, Nasralla de soutenir l’industrie, et Moncada de taxer les élites économiques. Des promesses classiques, peut-être un peu légères face à l’ampleur du désastre social. Il faut dire que le pays compte énormément sur les envois de fonds des Honduriens installés aux États-Unis, près de dix milliards de dollars, soit 27 % du PIB.
Le dilemme des migrants face à l’influence américaine

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Erika Reyes, une commerçante de 33 ans, espère carrément que le soutien de Trump à Asfura va aider les migrants. Elle veut qu’il « cesse de les poursuivre, leur donne du travail et leur ouvre les portes ». C’est un souhait compréhensible, dicté par la nécessité. Mais tous ne sont pas dupes de l’ingérence. Esmeralda Rodríguez, 56 ans, vendeuse de fruits, a tranché : « Je vote pour qui me plaît, pas pour ce que Trump a dit, car la vérité, c’est que je vis de mon travail, pas des politiciens. » Une belle leçon de pragmatisme populaire, je trouve.
Conclusion : l’attente du décompte final dans l’incertitude
L’attente du décompte total, réclamé par la gauche, maintient une incertitude que le manque d’un arbitre électoral vraiment indépendant ne fait qu’amplifier. Le Honduras doit non seulement élire un nouveau président, mais aussi naviguer à travers des accusations d’ingérence étrangère et une crise sociale profonde. Une chose est certaine : le successeur de Xiomara Castro aura fort à faire pour s’attaquer aux vraies préoccupations des Honduriens, au-delà des querelles politiques partisanes.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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