Honduras : le candidat de la droite, adoubé par Donald Trump, prend la tête des présidentielles

Honduras : le candidat de la droite, adoubé par Donald Trump, prend la tête des présidentielles credit : lemorning.ca (image IA)

La droite en avance, mais rien n’est joué

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La récente élection présidentielle au Honduras a suscité beaucoup d’attention, et ce, dès les premiers dépouillements. Dimanche dernier, les résultats préliminaires ont placé Nasry Asfura, le candidat de la droite hondurienne, en tête de la course. Ce n’est pas une surprise totale, mais franchement, le contexte est explosif, si je peux me permettre. Ce qui rend cette élection particulièrement croustillante, c’est l’ombre pesante d’un allié pour le moins imprévisible : Donald Trump lui-même.

Environ 6,5 millions de Honduriens étaient appelés aux urnes pour choisir, en un seul tour, le successeur de l’actuelle présidente, Xiomara Castro. Il faut aussi élire 128 députés et des centaines de maires pour les quatre prochaines années. Le dépouillement, même partiel, a vite montré une avance pour M. Asfura. On ne parle ici que d’un tiers des bulletins comptés, il faut le préciser, mais il mène avec 40,6 % des voix. C’est mince, vraiment mince, car il est talonné de près par un autre candidat de droite.

Un coude-à-coude serré entre trois favoris

Le Conseil national électoral (CNE) a donc confirmé que Nasry Asfura, 67 ans, un entrepreneur et ex-maire de Tegucigalpa, menait. Mais l’écart est minime avec son concurrent immédiat. L’autre candidat de droite, le présentateur télé Salvador Nasralla, 72 ans, est juste derrière avec seulement 1,8 point de moins. Ces deux-là se livrent une bataille féroce.

Et puis, il y a Rixi Moncada, la candidate de la gauche au pouvoir, qui, malgré son retard de 21 points, était donnée au coude-à-coude dans les sondages avant le scrutin. Comment expliquer cet écart initial ? Mystère. Le fait est que cinq candidats étaient en lice au départ, mais c’est bien ce trio qui occupait toutes les conversations. On dirait que la politique hondurienne est rarement simple, n’est-ce pas ?

L’ingérence assumée de l’administration trump

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Ce qui a vraiment mis le feu aux poudres, c’est l’intervention très, très directe de Donald Trump dans cette élection. Il a carrément jeté tout son poids derrière Nasry Asfura. C’est un style bien connu chez lui, conditionnant l’aide américaine à ses affinités personnelles avec les dirigeants locaux en Amérique latine.

Trump a qualifié Asfura de « seul vrai ami de la liberté » et, pour faire bonne mesure, il a été très clair sur ce qu’il ne ferait pas : il ne pourrait pas travailler avec Rixi Moncada, qu’il a associée aux « communistes », et il a dit qu’il ne faisait pas confiance à Salvador Nasralla. Sa menace a été simple et brutale : si Asfura ne gagne pas, les États-Unis « ne gaspilleront pas leur argent » au Honduras. Il a même écrit sur les réseaux sociaux qu’avec ‘Tito’ (le surnom d’Asfura), ils pourraient travailler ensemble pour lutter contre les ‘narco-communistes’. On voit bien le ton, pas très diplomatique, hein ?

La controverse de la grâce présidentielle

Comme si l’intervention de Trump ne suffisait pas, une autre affaire, plutôt sombre, a secoué la fin de campagne. Nasry Asfura concourt sous la bannière du parti de l’ancien président Juan Orlando Hernández (JOH), qui est actuellement incarcéré aux États-Unis. Pourquoi ? Pour trafic de drogue, il purge une peine de 45 ans de prison, rien que ça.

Et figurez-vous que, trois jours avant le scrutin, Donald Trump a annoncé qu’il allait accorder une grâce « totale et absolue » à Hernández. Rixi Moncada a immédiatement dénoncé ces deux actions comme étant « totalement interventionnistes ». Asfura, lui, a pris ses distances, assurant que cette grâce n’avait « rien à voir avec les élections » et qu’il n’en bénéficierait pas personnellement. Mais avouons que le timing est plus que discutable. C’est le genre de coïncidence qui fait grincer des dents.

Tensions politiques et accusations de fraude

Le scrutin s’est déroulé dans un climat de méfiance généralisée. Droite et gauche, tout le monde s’accusait mutuellement de vouloir organiser une fraude. C’est toujours un problème dans un pays qui, de l’avis de plusieurs, manque d’un arbitre électoral vraiment indépendant. On se demande alors : comment faire confiance aux résultats ?

Heureusement, l’Organisation des États américains (OEA) et l’Union européenne avaient envoyé des observateurs. Le chef de mission de l’OEA, Francisco Assis, a quand même jugé que la journée s’était déroulée « dans une atmosphère démocratique et avec une grande affluence d’électeurs ». C’est un point positif, mais la gauche (le parti Libre de Mme Moncada) a déjà prévenu : ils vont attendre le décompte total. Et ça, ça pourrait bien prendre quelques jours de plus, prolongeant le suspense.

L’éléphant dans la pièce : pauvreté et violence

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Ce qui est le plus frappant dans tout ce cirque politique, c’est que les candidats ont à peine effleuré les vrais maux des Honduriens : la pauvreté et la violence. Deux tiers des 11 millions d’habitants vivent dans la pauvreté. C’est énorme. C’est l’un des pays les plus violents de la région, et la corruption est partout, sans oublier les liens évidents avec le narcotrafic. D’ailleurs, les trois partis favoris ont tous été éclaboussés par des soupçons dans ce domaine. C’est un défi de taille!

Que proposent-ils vraiment? Asfura promet d’attirer des investissements, Nasralla de soutenir l’industrie, et Moncada de taxer les élites économiques. Des promesses classiques, peut-être un peu légères face à l’ampleur du désastre social. Il faut dire que le pays compte énormément sur les envois de fonds des Honduriens installés aux États-Unis, près de dix milliards de dollars, soit 27 % du PIB.

Le dilemme des migrants face à l’influence américaine

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L’attitude de l’administration Trump vis-à-vis de l’immigration complique encore les choses. D’un côté, il expulse des milliers de personnes (27 000 cette année-là) et a révoqué le statut de protection temporaire de 51 000 ressortissants. De l’autre, son candidat est censé être l’ami du peuple. Paradoxal, n’est-ce pas?

Erika Reyes, une commerçante de 33 ans, espère carrément que le soutien de Trump à Asfura va aider les migrants. Elle veut qu’il « cesse de les poursuivre, leur donne du travail et leur ouvre les portes ». C’est un souhait compréhensible, dicté par la nécessité. Mais tous ne sont pas dupes de l’ingérence. Esmeralda Rodríguez, 56 ans, vendeuse de fruits, a tranché : « Je vote pour qui me plaît, pas pour ce que Trump a dit, car la vérité, c’est que je vis de mon travail, pas des politiciens. » Une belle leçon de pragmatisme populaire, je trouve.

Conclusion : l’attente du décompte final dans l’incertitude

Le Honduras est à la croisée des chemins, pris entre des problèmes structurels gigantesques (pauvreté, violence, corruption) et une forte pression politique externe, notamment celle exercée par Donald Trump. Bien que Nasry Asfura mène la course selon les premiers résultats, l’écart avec Salvador Nasralla est infime, ce qui garantit une fin de scrutin pleine de rebondissements.

L’attente du décompte total, réclamé par la gauche, maintient une incertitude que le manque d’un arbitre électoral vraiment indépendant ne fait qu’amplifier. Le Honduras doit non seulement élire un nouveau président, mais aussi naviguer à travers des accusations d’ingérence étrangère et une crise sociale profonde. Une chose est certaine : le successeur de Xiomara Castro aura fort à faire pour s’attaquer aux vraies préoccupations des Honduriens, au-delà des querelles politiques partisanes.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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