L’esprit des Fêtes à budget réduit
La période des Fêtes, ce moment magique qu’on attend tous, arrive à grands pas. Mais, soyons honnêtes, cette année, l’ambiance est un peu différente. L’inflation nous a tous rattrapés, on le sent bien au quotidien, que ce soit à l’épicerie ou à la pompe. Du coup, les firmes de consultants comme Deloitte et PwC, ainsi que le Conseil canadien du commerce de détail, nous confirment ce que l’on craignait : les Canadiens ont bien l’intention de mettre la pédale douce sur les dépenses pour Noël. Finie, la folie dépensière post-pandémie, semble-t-il.L’incertitude économique est partout, c’est un fait. D’ailleurs, près de la moitié des répondants au sondage Deloitte (46 %) s’attendent même à ce que l’économie s’affaiblisse encore l’an prochain. Quand même! Malgré cela, on note un optimisme prudent. Les gens cherchent juste à dépenser, oui, mais de façon plus futée, plus intelligente, selon Kathleen St-Pierre de Deloitte. Ce qui est sûr, c’est que le temps des Fêtes sera surtout marqué par la chasse aux aubaines, un vrai sport national, n’est-ce pas?
Prévisions nationales : une légère hausse, mais toujours en deçà

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Quand on regarde les chiffres, il y a deux écoles. D’un côté, Deloitte avance une légère hausse de 3 % des dépenses des Canadiens pour 2025 par rapport à l’année dernière. Attention, cela reste inférieur à ce qu’on dépensait avant la COVID-19. De l’autre, PwC anticipe carrément une baisse de 10 % des dépenses des consommateurs cette année. Qui dit vrai? Difficile à dire, mais l’essentiel est là : la prudence est de mise.Mme St-Pierre nous explique bien que ce sont surtout les dépenses non liées aux cadeaux qui vont souffrir. Recevoir nos invités à la maison, par exemple, ou organiser de grands banquets : ces budgets devraient fondre de 8 %. Tandis que pour les cadeaux et les divertissements purement festifs, on pourrait voir une hausse, certes, mais très modeste (entre 2 % et 13 %). En somme, on va peut-être faire un effort pour les cadeaux des petits, mais on va sans doute faire des choix draconiens sur le reste.
Le coût de la vie ronge les portefeuilles familiaux

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Pourquoi tant de retenue? La réponse est d’une simplicité désarmante : tout coûte plus cher. Que ce soient les courses, le loyer, l’essence pour l’auto… Elisa Swern, de PwC Canada, le résume parfaitement : les gens se sentent vraiment serrés. On le voit bien chez les familles concrètes. Judith Boilley, une grand-mère de Toronto, confie qu’elle devra sans doute faire « un peu moins cette année », parce que « Toutes les choses ont monté de prix. Et les petits-enfants veulent des jouets chers. » Elle a bien raison, les listes de Noël ne s’adaptent pas à l’inflation!Et puis il y a des mères comme Shamara Taylor. Elle, elle s’attend à dépenser davantage, bizarrement. Pourquoi? Parce que ses enfants ne veulent plus de jouets ‘normaux’ ; ils réclament des vêtements et chaussures de grandes marques comme Nike. Ça, ça coûte un bras. La seule solution de Shamara ? « Je surveille les circulaires pour voir si un magasin a un meilleur prix. » Ça montre bien que le temps, c’est de l’argent, et que la recherche d’aubaines devient une activité à temps plein.
Les rabais anticipés et le ‘vendredi fou’ précoce

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Ce désir ardent de rabais, les commerçants l’ont bien senti. C’est pourquoi on voit des promotions du Vendredi fou (Black Friday) apparaître beaucoup plus tôt cette année. Mais est-ce vraiment étonnant? David Soberman, professeur de marketing à l’Université de Toronto, explique que les détaillants tentent d’attirer la clientèle le plus tôt possible, sachant que la valeur guide désormais les achats. 85 % des consommateurs avouent d’ailleurs attendre les soldes pour acheter, selon un sondage Leger. C’est clair : si ce n’est pas en solde, on laisse ça sur la tablette!Jean-Luc Geha, de HEC Montréal, ajoute que l’inquiétude économique générale y est pour quelque chose, même au-delà de nos frontières, avec, je cite, « la guerre des tarifs aux États-Unis ». Bref, les marchands sentent la nervosité ambiante, et nous, les consommateurs, on essaie d’en profiter au maximum.
Québécois économes et jeunes en difficulté financière

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Tiens, parlons des Québécois. Selon le Conseil canadien du commerce de détail, c’est chez nous qu’on dépensera le moins en moyenne pour les Fêtes cette année : seulement 620 $ par personne, soit 20 % de moins que l’année précédente. C’est tout un écart! Pendant ce temps, les Albertains (1193 $) et les Britanno-Colombiens (1129 $) prévoient carrément dépenser plus. Bon, PwC nuance un peu, prévoyant une hausse de 4 % au Québec, mais nous gardons quand même la palme des dépenses les plus basses du pays. C’est peut-être l’héritage d’une tradition de prudence, qui sait?Au-delà de la géographie, l’âge est un facteur clé. Les jeunes de la génération Z et les Millénariaux sont ceux qui ont le plus de mal à joindre les deux bouts. PwC prévoit une chute monumentale de 34 % des dépenses pour la Gen Z! C’est normal, explique Elisa Swern de PwC : ils ont du mal à trouver un emploi et doivent gérer des dépenses majeures comme le loyer et les paiements d’auto. À l’opposé, les baby-boomers, eux, ont en général plus de flexibilité financière. Hypothèques payées, revenus de retraite stables… Ils ont l’argent, même si ce n’est pas illimité, comme le rappelle le professeur Geha.
Amazon reste le roi, mais l’IA déçoit le service client

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Où les Canadiens font-ils leurs achats? Amazon, encore et toujours. Malgré la mauvaise presse qu’on a eue au Québec avec les fermetures d’entrepôts en début d’année, 70 % des Canadiens prévoient utiliser le géant américain pour leurs cadeaux. C’est juste trop « commode, c’est facile », comme le dit le professeur David Soberman. Amazon devance largement les grandes chaînes (68 %) et les détaillants par abonnement comme Costco (49 %).Et l’intelligence artificielle (IA) dans tout ça? C’est surtout la Gen Z qui s’en sert, à 33 %, pour trouver des idées de cadeaux ou comparer les prix. Les Baby-boomers, non, seulement 9 % l’utilisent. Pourtant, quand il s’agit d’avoir un bon service, l’IA fait un flop monumental. Une immense majorité (73 %) des répondants préfèrent parler à une vraie personne, surtout quand il y a un problème. L’IA n’est « pas aussi précise », dit Mme Swern. Et franchement, je la comprends : qui n’a jamais été frustré par un robot conversationnel qui ne comprend rien à son problème?
Conclusion : dépenser moins, chercher mieux

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En fin de compte, ces études — menées auprès de milliers de Canadiens par Deloitte, PwC et Leger/CCCD — confirment un changement d’ère. Nous cherchons tous à nous serrer la ceinture, surtout au Québec où la retenue budgétaire semble la plus marquée. Si les dépenses liées aux cadeaux ne vont peut-être pas s’écrouler complètement, c’est grâce aux aînés, les baby-boomers, qui affichent une relative santé financière, ce qui contraste fortement avec les difficultés criantes des jeunes générations.Le message pour les Fêtes 2024 est simple : l’heure est à la valeur, pas au volume. Les rabais du Vendredi fou sont essentiels, et le confort de l’achat en ligne, principalement via Amazon, continue de dominer nos habitudes. Noël sera célébré, c’est certain, mais avec une conscience économique bien plus aiguisée qu’avant.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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