Bob Rae quitte les Nations Unies : l’ambassadeur canadien dénonce un Conseil de sécurité ‘qui ne marche pas’ et exige une réforme urgente

Bob Rae quitte les Nations Unies : l’ambassadeur canadien dénonce un Conseil de sécurité ‘qui ne marche pas’ et exige une réforme urgente credit : Andremet at English Wikipedia, Public domain, via Wikimedia Commons

Cinq années de tempête et de diplomatie

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Après cinq années passées comme ambassadeur du Canada aux Nations unies, de 2020 à 2025, Bob Rae tire sa révérence. Et disons-le franchement : il ne part pas en silence, loin de là. Ce vétéran de la politique, autrefois premier ministre de l’Ontario, lance un appel retentissant pour une modernisation complète de l’organisation mondiale. Il le dit lui-même, il est maintenant un « chômeur de la diplomatie », mais il insiste : l’ONU est indispensable, c’est vrai, mais elle doit impérativement s’attaquer à ses graves problèmes structurels pour rester pertinente face à la complexité grandissante des relations internationales.

Dans une entrevue accordée à l’émission Les coulisses du pouvoir, M. Rae a affirmé sans détour que la réforme n’était pas un luxe, mais une nécessité absolue. Il faut changer des choses, c’est certain, mais il rappelle aussi l’importance cruciale de ce qui se passe dans les coulisses, ce dialogue et cette diplomatie qui ne sont pas toujours visibles publiquement. Le défi, c’est de la garder, oui, mais surtout de l’améliorer.

Le veto et le conseil de sécurité : un ‘gros problème’

La critique la plus percutante de Bob Rae vise directement l’organe central de la paix mondiale : le Conseil de sécurité. Il n’y va pas par quatre chemins : « Le Conseil de sécurité ne marche pas ». Cette incapacité à fonctionner correctement est due, selon lui, aux fameux droits de veto. On voit toujours, inlassablement, ces vetos être brandis. C’est un gros, gros problème, franchement.

Cependant, il reconnaît la difficulté monumentale de modifier quoi que ce soit officiellement. Pourquoi? Parce que cette institution est complètement, mais alors complètement, enracinée dans la Charte des Nations unies. Changer cela relève presque de l’exploit diplomatique. Pour l’instant, ces blocages nuisent clairement à l’efficacité globale de l’organisation. On dirait qu’on tourne en rond.

Trop de paroles pour rien : l’inefficacité dénoncée

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Au-delà des questions de veto, l’ancien ambassadeur s’inquiète du manque d’efficacité interne. Il faudrait, dit-il, que les États membres aient des discussions vraiment franches pour identifier ce qui ne fonctionne pas. Il pointe notamment le dédoublement d’efforts, où l’on fait deux fois le même travail sans raison valable.

Il faut impérativement chercher où se trouvent les possibilités d’économiser de l’argent et de rendre la façon de travailler de l’ONU plus efficace. Et puis, il y a ce point qui fait sourire, mais qui est tellement vrai : « Il y a trop de résolutions qui ne veulent rien dire et qu’on continue de répéter et de répéter, de répéter. C’est trop. » Ce gaspillage d’énergie, de temps, et de papier, il faut que ça cesse!

Le financement : les États membres doivent ‘payer leurs taxes’

Un autre problème majeur est bien sûr financier. Bob Rae critique ouvertement les États membres pour le manque chronique de ressources dont souffre l’ONU depuis des années. Son message est direct : les pays membres « doivent payer leurs taxes ». Le financement n’est pas un problème créé par l’ONU elle-même, mais plutôt une conséquence des actions des pays qui refusent de payer leur part d’une façon claire et transparente. C’est la base, non?

Depuis janvier dernier, l’organisation est d’ailleurs contrainte à se remettre sérieusement en question à cause des importantes coupes dans les contributions américaines. Ces remises en question, on les voit, on les sent. Mais elles ne résolvent rien si l’argent n’arrive pas.

L’ombre de la Chine : la crainte de l’abandon américain

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L’un des critiques les plus virulents de l’ONU est, sans surprise, le président américain Donald Trump, qui reproche souvent à l’organisation son incapacité totale à maintenir la paix dans le monde. Bob Rae est conscient que ces critiques doivent être prises au sérieux, absolument. Mais il y a un risque bien plus grand qui le préoccupe, une sorte d’effet de vide.

Si jamais les États-Unis décidaient vraiment de tourner le dos à l’ONU, d’abandonner cet espace diplomatique, la conséquence géopolitique serait immédiate. D’autres pays, notamment la Chine, seraient alors en position de dire : « Eh bien nous, nous allons remplir, nous allons prendre l’espace. Nous allons avoir plus d’influence, pas moins. » On pourrait se retrouver dans une situation où l’influence mondiale basculerait, et personne, en Occident, ne souhaite ça.

L’ère Carney : un nouveau style de leadership

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Nommé par Justin Trudeau en 2020, Bob Rae a terminé son mandat sous Mark Carney, une transition qui l’a amené à réfléchir aux différents styles de leadership. Il est clair que les deux hommes sont différents.

Selon M. Rae, le premier ministre Carney apporte une expérience absolument extraordinaire dans le monde financier. Ses contacts, tant dans le monde des affaires qu’en politique internationale, sont sans précédent au Canada. C’est un profil très pointu. Cependant, M. Rae a tenu à rappeler l’impact qu’a eu son prédécesseur (qu’il semble beaucoup apprécier), saluant son « job remarquable » grâce à son énergie débordante et sa positivité contagieuse. Deux styles, deux époques, mais visiblement beaucoup de respect mutuel.

L’avenir incertain de ‘Hurricane Bob’

Bob Rae, surnommé affectueusement « Hurricane Bob » pour sa propension à « bousculer les choses » et à prendre des positions affirmées, ne lève pas le voile sur ses projets immédiats maintenant qu’il a quitté son poste. Une chose est certaine, cependant : il n’est pas question de s’asseoir sur ses lauriers.

« Je n’ai pas l’intention de prendre ma retraite », a-t-il déclaré. C’est bien Bob Rae ça! Il assure qu’il va continuer de faire des choses, de s’impliquer, de toute façon, dans la vie civique du Canada. On peut s’attendre à ce qu’il reste actif dans le débat public, c’est presque certain. Après tout, on ne devient pas « chômeur de la diplomatie » sans avoir toujours une opinion bien arrêtée.

L’héritage d’un appel à l’action

Le départ de Bob Rae est plus qu’un simple changement de garde à l’ONU; c’est un cri d’alarme. Il laisse derrière lui un bilan de cinq années de turbulences diplomatiques, mais surtout un appel pressant à la réforme structurelle. L’ONU, malgré son rôle indispensable, souffre d’un Conseil de sécurité paralysé par les vetos et d’un excès de bureaucratie inutile. Ce sont des problèmes profonds, bien ancrés dans la Charte.

Le vrai danger, insiste-t-il, réside dans le sous-financement chronique causé par les pays membres récalcitrants, avec les États-Unis en tête des critiques. Si Washington délaisse l’organisation, d’autres puissances comme la Chine pourraient bien occuper cet espace, amplifiant leur influence. C’est un risque géopolitique majeur que l’on ne peut ignorer. Maintenant que le flambeau est passé à David Lametti, le Canada devra continuer à pousser ce message de réforme pour garantir que l’ONU, cette vieille dame indispensable, puisse enfin s’adapter aux défis de notre époque. Bob Rae, lui, ne prendra pas sa retraite, préférant rester un citoyen engagé, et ça, c’est tout à son honneur.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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