Quand les coupes en éducation frappent durement nos librairies de quartier

Quand les coupes en éducation frappent durement nos librairies de quartier credit : lemorning.ca (image IA)

L’instabilité budgétaire plombe le moral des libraires

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Ah, le Salon du livre de Montréal! C’est toujours un moment clé pour nous tous qui aimons le papier, l’odeur des pages neuves. Mais cette année, l’ambiance est drôlement plus lourde. Entre le 19 et le 23 novembre, oui, on espère tous un grand coup de pouce pour les ventes. Parce que franchement, l’instabilité budgétaire qui règne au ministère de l’Éducation a vraiment fait mal aux reins de nos chères librairies indépendantes.On parle ici de ces commerces qui sont de véritables ancrages culturels, ces endroits où l’on sait qu’on trouvera toujours un bon conseil. Sauf que leur modèle d’affaires, déjà précaire, s’est vu déstabilisé par des décisions politiques très récentes. C’est la chaîne du livre en entier qui trinque, et c’est inquiétant, non?

Alire à Longueuil : le commerce de détail sauve les meubles

Prenez la librairie Alire, à Longueuil. Trente-huit ans d’histoire, c’est pas rien! Nathalie Tremblay, la propriétaire, mise tout sur le service ultra-personnalisé pour faire la différence face aux Amazon et aux grandes chaînes. « Il y a des clients qu’on connaît de longue date, et c’est toujours agréable de bien les servir », confie-t-elle.Le bon côté des choses? Les ventes directes, les ventes en magasin, elles se portent plutôt bien. D’après Mme Tremblay, les chiffres sont même en croissance. Les gens, depuis la pandémie, sortent peut-être moins le soir, mais ils se rattrapent le weekend. Ça, c’est rassurant.Mais attention, cette petite victoire ne cache pas l’énorme difficulté ailleurs : les clients institutionnels – c’est-à-dire les écoles et les bibliothèques – représentent la part du lion, soit 70 % de son chiffre d’affaires total. Et c’est justement là que le vent a tourné. Les centres de services scolaires (CSS) de la Montérégie, des clients essentiels, ont dû serrer la vis de façon dramatique.

L’effet boomerang des compressions annoncées par Drainville

Souvenez-vous, en juin dernier, ça a été la douche froide. Bernard Drainville, qui était alors ministre de l’Éducation, a exigé des CSS et des écoles privées qu’ils réduisent leurs dépenses de 570 millions de dollars pour l’année scolaire 2025-2026. Ça, ça fait peur, hein?

Évidemment, il y a eu une vague d’indignation — une « levée de boucliers » comme on dit — et, heureusement, 540 millions ont été réinjectés par la suite. Mais voyez-vous, le mal était fait, vraiment. Même si l’argent est revenu, l’incertitude planait toujours. La propriétaire d’Alire, Nathalie Tremblay, l’explique très bien : cette grande hésitation a purement et simplement découragé les écoles d’investir dans de nouveaux livres.

8 % de moins dans les budgets des écoles

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Ce n’est pas qu’une impression isolée à Longueuil, non. Laurence Monet, coprésidente de l’Association des libraires du Québec (ALQ), confirme que ce ralentissement se fait sentir partout dans le réseau. Selon ses estimations, les achats des centres de services scolaires ont diminué en moyenne de 8 % par rapport à l’année précédente.Mais le pire, c’est que l’impact n’est pas uniforme. Dans certains coins, des commissions scolaires ont coupé leur budget de 50 %, voire de 100 % dans certaines écoles spécifiques. Vous imaginez? Zéro livre neuf! Les libraires sont bousculés. Madame Monet le dit : ses membres sont pessimistes parce qu’on ne voit pas d’amélioration pointer à l’horizon. C’est démoralisant.Cette déception est encore plus amère si l’on pense à l’an dernier. L’année précédente, les ventes de livres avaient connu leur plus forte croissance depuis 2012, en grande partie grâce aux institutions publiques qui avaient augmenté leurs achats de 11 %. Maintenant, on recule. C’est un dommage collatéral qui affecte toute la chaîne : librairies, éditeurs jeunesse, surtout ceux qui publient des auteurs québécois, car c’est souvent ce que les écoles priorisent.

Un équilibre toujours fragile

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Toute cette tourmente arrive à un moment où les librairies indépendantes doivent déjà se battre sur plusieurs fronts. Il y a l’augmentation constante des frais d’exploitation, la concurrence implacable des grandes chaînes, sans parler du commerce en ligne qui ne fait que grossir. On doit jongler avec ça tous les jours.Laurence Monet résume la situation avec un certain pragmatisme : « Je ne dirais pas que ça va bien, mais je ne dirais pas que ce n’est catastrophique non plus. » Elle note quand même que le marché de détail est dynamique, surtout en dehors des grands centres comme Montréal. C’est un mince réconfort.Dans les faits, le nombre de commerces de proximité reste stable, autour de 160 au Québec (ce qui est une augmentation de 9 % depuis 2015, ce n’est pas rien!), les fermetures étant généralement compensées par l’arrivée de nouveaux passionnés. Cependant, on voit bien que cet équilibre repose sur un fil. Un simple changement dans les politiques éducatives, et hop, c’est la survie qui est menacée.

L’espoir du Salon du livre pour relancer l’intérêt

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Heureusement, pour plusieurs libraires comme Nathalie Tremblay, le Salon du livre de Montréal arrive à pic. Il a cette magie de stimuler l’envie de se plonger dans la lecture, n’est-ce pas? C’est souvent le « bon coup d’envoi pour la période des fêtes », explique la libraire.Les gens sont informés par les médias, ils vont au Salon, ils prennent des notes, puis ils viennent chercher ces fameux livres dans leur librairie de quartier. C’est un circuit vertueux qui est essentiel pour compenser les coupes institutionnelles. Il est donc crucial, plus que jamais, de soutenir nos librairies indépendantes, ces commerces qui nous conseillent si bien et qui sont les premiers touchés quand l’éducation, notre pilier, hésite à investir dans la culture.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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