La facture du recyclage au Québec : un partage des coûts lourd et inégal dénoncé par les entreprises
Mathieu Gagnon - 2025-11-13 23:47
credit : lemorning.ca (image IA)
Le fardeau du recyclage pèse-t-il sur les mêmes épaules?

On parle d’un coût ahurissant : la facture totale devrait atteindre au moins 653 millions de dollars en 2025, selon Éco Entreprises Québec (ÉEQ), l’organisme mandaté pour moderniser et gérer tout ce système élargi à la place des municipalités. Devinez quoi? Ceux qui paient l’addition trouvent que le système n’est pas équitable du tout. Et leur message, il résonne très fort dans le milieu des affaires.
Une explosion des coûts imprévue et douloureuse

Richard Scofield, le président du groupe Saint-Hubert, ne mâche pas ses mots. Il est obligé de verser des millions à ÉEQ pour le recyclage lié aux livraisons et aux produits vendus en épicerie. Son point de vue est très clair : « Le système n’est pas équitable, parce que ceux qui paient paient pour ceux qui ne paient pas. » C’est un principe fondamental, n’est-ce pas? Si vous faites votre part, vous ne devriez pas avoir à éponger le déficit des autres. Il affirme avoir la preuve que des gens dans son industrie ne sont pas enregistrés et ne paient rien. « Où sont les autres? », c’est la vraie question.
Un sentiment d’injustice : la chasse aux sorcières évitée

C’est la responsabilité d’ÉEQ et du gouvernement d’assurer que la loi soit connue et respectée, estime François Vincent, vice-président à la FCEI. C’est selon lui une « belle démonstration d’une politique publique qui atterrit mal ». Imaginez l’ambiance si les entreprises se mettent à se surveiller les unes les autres pour s’assurer que tout le monde paie sa juste part. On appelle ça une chasse aux sorcières, et ça, personne n’en veut.
Où sont passés tous les producteurs : des chiffres qui font réfléchir

La signature du contrat est une obligation, pas un choix! ÉEQ, qui doit démarcher chaque nouveau producteur, affirme travailler fort, surtout dans les secteurs complexes comme le commerce en ligne international, la restauration et la transformation alimentaire. Mais l’organisation n’a pas été en mesure de nous dire combien d’entreprises manquent à l’appel. On sait juste que le démarchage prend du temps. Mais on ne parle pas d’une poutine, là, on parle de millions de dollars qui pourraient alléger la facture des autres!
Le dilemme des exemptions et le poids des géants

Mais regardez la réalité de la répartition : 9 % des 2700 producteurs membres financent déjà 90 % des coûts. Autrement dit, 133 producteurs, les plus gros, paient à eux seuls environ 84 % de l’ensemble. C’est énorme! Le petit quart des entreprises paye presque tout. Même si cette concentration est logique, Richard Scofield insiste : « Ce n’est pas parce que vous êtes petits que vous ne devriez pas payer. C’est comme les impôts. Tout le monde paie des impôts. » Le débat est là : doit-on exonérer les petits producteurs d’une responsabilité qui touche l’environnement collectif?
Serrer la vis et chercher l’aide de Revenu Québec

Mais, au final, Annick Van Campenhout du CTAQ est catégorique : ÉEQ va devoir « serrer la vis ». Des pénalités sont prévues à la réglementation, et si l’organisme veut rétablir un semblant d’équité, il n’aura d’autre choix que de les appliquer. Plus il y aura de producteurs qui paieront, plus la facture sera répartie. La première année de la responsabilité élargie des producteurs se termine sur une note amère, avec la promesse de factures encore plus précises pour 2025. On espère sincèrement que l’année prochaine verra une meilleure répartition des coûts pour que les entreprises qui ont joué le jeu ne se sentent plus flouées.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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