Amazonie : La COP30 à Belém, entre espoir et le point de non-retour climatique

Amazonie : La COP30 à Belém, entre espoir et le point de non-retour climatique credit : lemorning.ca (image IA)

La COP30 aux portes de l’enfer vert

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Ah, Belém. On parle beaucoup de cette ville ces temps-ci, et ce n’est pas un hasard. Imaginez un peu : la 30e Conférence des Parties (la fameuse COP30) se tient là, juste à l’entrée de l’Amazonie. Ce n’est pas une simple conférence sur l’Amazonie, mais bien dans cet écosystème monumental, ce qui est, disons-le, historique. C’est le Brésil qui accueille, et ils en profitent pour mettre la forêt au centre de la conversation mondiale, enfin!

Pourquoi Belém ? Parce que, comme le dit André Corrêa do Lago, président de la COP30, cette ville illustre à elle seule toute la menace qui pèse sur nous. Elle est un miroir de ce que le changement climatique et la déforestation causent en ce moment même. On ne peut plus ignorer la réalité quand on la vit sur place, n’est-ce pas? Et croyez-moi, il y a urgence.

Belém, le paradoxe du climat

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Belém, capitale du Pará, est un endroit magnifique, mais terriblement vulnérable. On parle d’une ville où 40 % de la surface se trouve sous le niveau de la mer. C’est sidérant, non ? Et ce n’est pas tout. La majorité de ses 1,5 million d’habitants ne vivent pas dans des quartiers aisés, loin de là. Beaucoup résident dans des bidonvilles, et leurs rues manquent cruellement d’arbres. Le Pará, il faut le rappeler, est une des régions les plus démunies du Brésil.

Tenir la COP30 ici, c’est forcer les délégués internationaux à regarder cette complexité en face. On ne peut pas parler de l’avenir de la planète dans un palace climatisé sans voir les conséquences sur le terrain. L’Amazonie, c’est des milliards de tonnes de carbone stockées, mais aussi des milliers de communautés qui dépendent de sa survie. C’est un trésor vital, mais incroyablement fragile.

Le temps des vaches grasses est terminé : l’impact politique

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On se souvient tous de l’ère précédente, celle de l’ex-président Jair Bolsonaro. À cette époque, on a eu l’impression que la déforestation avait presque carte blanche. Les garimpeiros (les chercheurs d’or illégaux) s’en donnaient à cœur joie, et l’IBAMA – l’organisme qui est censé être la police de la forêt, en quelque sorte – était sérieusement affaibli. Ça, c’était une mauvaise nouvelle pour tout le monde.

Depuis le retour au pouvoir de Luis Inácio Lula Da Silva en 2023, les choses se sont un peu resserrées. Il y a plus de contrôles sur l’occupation illégale, notamment pour le trafic de bois précieux et l’élevage du bétail. Mais ce n’est malheureusement pas une baguette magique. Même avec un gouvernement plus attentif, la sécheresse de 2024 a été terrible, et la forêt a brûlé. Les chiffres sont là pour le confirmer : entre 1985 et 2024, l’Amazonie a perdu un bon tiers de sa superficie, soit 49,1 millions d’hectares. C’est colossal. Une perte observée par des organisations comme Imazon grâce à des images satellite.

Vers le point de non-retour : la menace de savanisation

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Quand on parle de la forêt, on n’est pas loin du précipice. Les chercheurs, comme Bruno Ferreira de Mapbiomas, tirent la sonnette d’alarme : l’Amazonie approche d’un fameux ‘point de non-retour’. Mais qu’est-ce que ça veut dire, au juste ?

C’est très simple, et très effrayant. Si on continue à déboiser et à brûler au rythme actuel, on risque d’atteindre un seuil critique, estimé entre 20 et 25 % de végétation autochtone perdue. Si ça arrive, la forêt perdra sa capacité à se régénérer toute seule. Elle deviendra une savane. On appelle ça la savanisation. Et là, on ne parle plus seulement de perdre des arbres; on va libérer dans l’atmosphère tout le carbone qu’elle stocke depuis des millénaires. Selon Teresa Rossi, conseillère du président de la COP30, si on perd cette capacité de stockage, on va accélérer de manière dramatique le changement climatique. C’est un domino global, c’est ça qui fait peur.

Les gardiens oubliés et l’argent qui ne suit pas

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La forêt amazonienne appartient au Brésil à 60 %, mais il ne faut jamais oublier qu’elle s’étend sur d’autres pays aussi : Venezuela, Pérou, Colombie, et d’autres. Surtout, elle n’est pas vide ! C’est le foyer de 34 millions de personnes, dont plus d’un million d’Autochtones. Ces gens, les ribeirinhos (les riverains), sont les véritables gardiens.

Lise Vieira Da Costa Tupiassu Merlin, une experte en financement environnemental, le dit clairement : les zones où vivent ces communautés sont les plus préservées. Ils vivent en harmonie avec la forêt depuis des siècles. Mais voilà le hic : l’argent n’arrive pas là où il devrait. Elle explique qu’énormément d’argent est investi pour lutter contre le changement climatique, mais la majorité va au financement des transitions énergétiques, comme les énergies renouvelables. Or, écoutez bien ça : 80 % des émissions viennent de la déforestation, et seulement 10 % de l’argent est consacré à la lutte contre la déforestation elle-même ! C’est un déséquilibre absurde, non ? Pour tenter de corriger cela, le Brésil a soumis un plan audacieux à la COP : le Tropical Forest Forever Facility (TFFF), un fonds visant à financer la conservation dans 70 pays, dont une bonne partie des dividendes sera destinée aux populations locales, reconnues comme gardiennes de la biodiversité. C’est, je suppose, un pas dans la bonne direction.

L’espoir de la bioéconomie : vivre avec et non de la destruction

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Alors, que faire ? La solution passe peut-être par la bioéconomie. L’idée est simple : donner plus de valeur aux produits de la forêt pour que les populations puissent en vivre dignement, sans avoir besoin de la couper. Le secteur privé doit y mettre du sien, bien sûr.

Je me souviens d’un reportage en 2021 où nous avions rencontré Fernanda Silvestri, la fondatrice de 100 % Amazônia. Ça fait 16 ans qu’elle exporte les produits naturels de coopératives amazoniennes dans 75 pays. Le succès est impressionnant. Nous étions allés chez un de ses fournisseurs à Igarapé-Miri. C’était la récolte de l’açaí, ce fameux superaliment, mais leur président, Leubaldo, nous expliquait que le défi, c’est de diversifier. Il nous montrait un fruit jaune à écorce dure, le buriti. On en fait des bouillies, des huiles… Tous ces produits ont des propriétés encore largement méconnues. D’ailleurs, Fernanda m’a dit que plus d’une centaine de scientifiques travaillent avec eux, reconnaissant la science indigène comme aussi valable que la science traditionnelle. C’est ça l’avenir, redonner sa dignité à un savoir-faire millénaire. Elle voit la COP30 comme un « meilleur cadeau » pour augmenter leur visibilité. C’est encourageant, vraiment.

Un jalon crucial avant 2030

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La COP, ça veut dire Conférence des Parties. C’est la réunion des gouvernements qui ont signé la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Et cette 30e édition au Brésil est cruciale, très cruciale même.

Pourquoi ? Parce qu’elle est la première à se tenir au Brésil depuis le Sommet de la Terre de Rio en 1992, qui avait justement conduit à la création de cette convention. Mais, surtout, elle marque une étape clé avant l’échéance fatidique de 2030. C’est à cette date, dans peu de temps finalement, que les pays sont censés avoir respecté leurs engagements pris lors de l’Accord de Paris en 2015. La pression est énorme. Les décisions prises à Belém vont impacter directement notre capacité, collectivement, à ne pas dépasser ces seuils climatiques. C’est maintenant, ou jamais, qu’il faut bouger. Je suppose qu’on a tous compris l’enjeu.

Urgence en Amazonie

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Ce que l’on retient de cette COP30, c’est que l’Amazonie n’est pas un problème lointain, mais bien le cœur battant du climat mondial. La tenue de cette conférence à Belém force la communauté internationale à se confronter aux réalités de la déforestation et de la pauvreté qui l’accompagne.

Le défi est double : il faut absolument stopper la déforestation pour éviter la savanisation et la libération massive de carbone. Mais il faut aussi et surtout soutenir les populations locales, les Autochtones et les ribeirinhos. Ils sont les mieux placés pour garder la forêt intacte, à condition que les fonds (comme ceux proposés par le TFFF) arrivent enfin à destination et que la bioéconomie puisse devenir une alternative économique durable et respectueuse. Le temps presse; l’échéance de 2030 arrive à grands pas. C’est une question de survie, tout simplement.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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