Crise forestière : Legault propose la requalification, mais les régions dénoncent une solution illusoire
Adam David - 2025-11-12 12:32
credit : lemorning.ca (image IA)
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Face à ce scénario catastrophe, le premier ministre propose une porte de sortie, qu’il juge réaliste : la requalification. Oui, pour les travailleurs dont l’emploi est menacé, il faudrait se former à nouveau et migrer vers d’autres secteurs porteurs. M. Legault mise gros sur les projets d’Hydro-Québec et le secteur des mines, des domaines qui, dit-il, vont créer de bons emplois dans plusieurs régions.
L’espoir du gouvernement est louable, bien sûr. On souhaite tous que Donald Trump recule, qu’on diversifie nos marchés… mais si ça ne marche pas, il faut bien avoir d’autres options, non? C’est l’argument de base. Le problème, et on va le voir, c’est que ce saut d’une carrière à l’autre ne se fait pas si facilement, surtout pas dans des communautés très éloignées des grands centres miniers ou énergétiques.
L’appel au réalisme : « complètement illusoire »
Du côté des régions, l’optimisme du gouvernement est reçu avec un profond scepticisme, voire une indignation palpable. Yanick Baillargeon, préfet de la MRC du Domaine-du-Roy et président d’Alliance forêt boréale, n’y va pas par quatre chemins. Il trouve la solution du premier ministre « complètement illusoire ».
Franchement, est-ce qu’on pense vraiment que ces travailleurs spécialisés, souvent installés depuis des générations, vont déménager loin de chez eux pour devenir mineurs ou électriciens? C’est ça l’idée? Baillargeon martèle : « De penser que ces gens-là vont se reconvertir pour aller dans les projets d’Hydro-Québec, c’est complètement illusoire. » Il propose plutôt des mesures concrètes comme stimuler la construction en bois ici même au Québec, avec des incitatifs. Ça, c’est une idée qui a du sens, je suppose.
Le risque de créer des « Val-Jalbert un peu partout »

La critique la plus amère qui remonte des communautés concerne l’impression d’abandon. Yanick Baillargeon reproche à Québec de s’être carrément désengagé de la crise, renvoyant la balle dans la cour fédérale. On sent la frustration : le gouvernement du Québec aurait mis de côté l’industrie et les communautés forestières.
Et le parallèle qu’il dresse est glaçant : « On va faire des Val-Jalbert un peu partout », dit-il, faisant référence au célèbre village fantôme du Lac-Saint-Jean. C’est une image forte, une terrible menace pour plus de 200 communautés qui vivent et respirent grâce à la forêt. On parle de drames humains, de la survie de villages entiers. C’est ça l’enjeu réel derrière les pourcentages.
L’appel pressant des municipalités pour un plan majeur
Ce sentiment d’urgence est largement partagé. Le président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), Jacques Demers, insiste sur la « véritable catastrophe » qui se profile. Il ne s’agit pas juste d’une question économique, mais d’une crise sociale pour les familles.
M. Demers en appelle donc directement à Québec pour qu’il mette en place un plan d’intervention majeur. Un plan qui ne viserait pas seulement la requalification dans cinq ans, mais qui soutiendrait immédiatement ces municipalités dont l’existence même dépend de la forêt. C’est le moins qu’on puisse faire quand on voit l’ampleur du désastre potentiel, n’est-ce pas?
Ottawa en première ligne : L’espoir d’une négociation rapide

Malgré les pistes de requalification, le gouvernement Legault maintient qu’il préfère, et de loin, que les tarifs tombent. Le « premier choix » reste que Donald Trump revienne sur sa décision, répète M. Legault. L’urgence est donc de pousser le gouvernement canadien, avec Mark Carney aux commandes, à faire du dossier du bois d’œuvre une priorité absolue dans les négociations avec Washington.
La ministre de l’Économie, Christine Fréchette, se veut rassurante, peut-être trop, en disant que le bois québécois est essentiel aux États-Unis. Si la hausse des prix se fait sentir rapidement chez les consommateurs américains, dit-elle, cela pourrait forcer l’administration Trump à plier. Mais en attendant, la pression augmente sur nos entreprises, qui elles, se disent prêtes à collaborer pour traverser cette tempête sans précédent.
Entre le rêve de reconversion et l’urgence locale
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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