La montée fulgurante de l’IA dans nos oreilles

credit : lemorning.ca (image IA)
Avouons-le, il y a à peine quelques mois, l’idée qu’une machine puisse lire le bulletin de nouvelles avec une voix parfaitement humaine relevait presque de la science-fiction. Pourtant, c’est désormais une réalité bien concrète au Québec. L’entreprise médiatique Arsenal Media a commencé à diffuser des bulletins de radio dont la voix est entièrement générée par l’intelligence artificielle dans une dizaine de régions à travers la province.Ce phénomène, qui était l’exception, est en fait une pratique en pleine croissance. C’est un changement majeur, et je pense qu’il est important de comprendre ce que cela signifie pour nos médias locaux, surtout pour ceux d’entre nous qui comptent sur la radio en soirée.
Une voix étonnamment humaine, mais avec transparence

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Imaginez que vous êtes dans votre voiture et que le bulletin de nouvelles commence. Une voix féminine, très réaliste, se fait entendre. C’est le générateur de voix d’IA qui est au travail. Arsenal Media utilise cette méthode depuis quelques mois, mais, attention, seulement pour les bulletins diffusés en soirée. C’est une précision importante.Martin Tremblay, vice-président au contenu multiplateforme pour Arsenal Media, insiste sur la transparence, et c’est une bonne chose. Il assure que la cueillette de l’information et l’écriture des textes sont toujours faites par de vrais journalistes. L’IA n’est là que pour la lecture. « On ne laisse pas aller l’IA. Les bulletins sont révisés en amont en soirée », affirme-t-il, soulignant la volonté de l’entreprise de rester très transparente dans cette façon d’opérer. Ça, c’est essentiel.
La justification : un manque criant de reporters

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Alors, pourquoi recourir à cette technologie coûte que coûte? L’entreprise, qui compte tout de même 25 stations dans plusieurs régions, notamment Viva à Rimouski, justifie son choix par un problème qui n’est pas nouveau dans le domaine des médias : le manque de reporters radio. « Ce n’est pas facile de trouver des journalistes », observe M. Tremblay.Évidemment, la question qui vient tout de suite à l’esprit, c’est : est-ce qu’offrir de meilleurs salaires n’aiderait pas à attirer plus de candidatures? C’est ce que tout le monde se demande, non? M. Tremblay répond par la négative, déclarant que ce n’est pas une question de salaire, mais plutôt « une question d’offre et de demande actuellement ». Je suppose qu’il y a une part de vérité là-dedans, mais c’est un argument difficile à avaler quand on connaît les difficultés que traverse l’industrie.
La FPJQ et la déontologie face à la machine

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La position de Martin Tremblay est loin de faire l’unanimité, surtout du côté de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ). Son président, Éric-Pierre Champagne, se dit partagé sur l’argument du manque de ressources. De son propre aveu, il n’« achète pas trop cet argument-là » d’instinct. Il concède cependant que certaines régions éloignées pourraient avoir plus de difficultés à embaucher.Mais, il nuance immédiatement : il croit que, dans l’ensemble, c’est plutôt le contraire qui se produit. Les jeunes journalistes diplômés manquent souvent d’occasions de travailler à cause des ennuis financiers que connaît l’industrie en général. C’est un peu le serpent qui se mord la queue, vous ne trouvez pas?
La FPJQ a d’ailleurs réagi en mettant à jour son guide de déontologie. La recommandation est très claire : l’IA doit servir d’outil pour aider les journalistes, non pour faire leur travail à leur place. Par conséquent, M. Champagne estime que la décision d’Arsenal ne serait « pas conforme » aux règles éthiques de la fédération. C’est un signal fort.
L’inquiétude d’un expert : quand la machine est trop bonne

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Le réalisme de ces voix synthétiques est d’ailleurs ce qui trouble le professeur Thierry Watine, spécialiste en journalisme et directeur du laboratoire Communication et Intelligence artificielle (CIA) à l’Université Laval. Il s’interroge sérieusement sur le remplacement des voix humaines par des machines.« Les publics n’y verront que du feu parce qu’aujourd’hui, c’est très bien fait. » Ça, c’est le compliment amer. Oui, c’est une prouesse technologique, mais le professeur soulève que c’est aussi « redoutablement inquiétant ». Il est vrai que, si on ne nous le dit pas, comment savoir si l’information que l’on reçoit est lue par une personne ou une ligne de code?
M. Watine rappelle qu’Arsenal Media serait la première entreprise médiatique au Québec à faire ce saut, même si la pratique existe ailleurs dans le monde. C’est un pas historique, pour le meilleur ou pour le pire, je ne sais pas trop.
Le dilemme de l’encadrement : l’IA galope avant le droit

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Face à cette technologie qui avance à grands pas, tout le monde s’entend sur la nécessité d’encadrer l’IA pour éviter ce qu’on appelle des « dérives ». Mais la forme de cet encadrement, c’est là où ça se complique.Quand on parle de créer des balises, deux éléments reviennent souvent : l’éthique et le droit. C’est logique, mais M. Watine nous met en garde contre l’optimisme. Il dit, oui… en théorie. Mais il ajoute que l’éthique, c’est vague, et le droit, c’est lent. Il y a un fossé. Il exprime parfaitement cette course contre la montre en disant que l’« intelligence artificielle galope en éclaireur avant le droit ». C’est une image très forte, qui montre bien que les lois sont toujours à la traîne.
Ce que la machine ne peut (encore) remplacer

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Heureusement, pour l’instant, il y a encore des tâches où l’IA ne peut rivaliser avec un être humain. M. Watine nous rassure en soulignant que l’IA ne peut pas remplacer le sens éditorial d’un journaliste, ni sa capacité à mener des entrevues de fond, les vraies, celles qui apportent un éclairage nouveau.C’est réconfortant, n’est-ce pas? Savoir qu’un jugement humain est toujours requis pour donner du sens à l’information. Mais il pose ensuite la question qui nous taraude tous : « j’ai envie d’ajouter : pour combien de temps? » Et c’est là qu’on se rend compte que le débat n’est pas prêt de se terminer.
Conclusion : Un avenir médiatique sous haute surveillance

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L’arrivée des bulletins de nouvelles lus par IA chez Arsenal Media nous rappelle que le paysage médiatique est en mutation rapide. Si l’initiative est justifiée par le manque de ressources et qu’elle est faite en toute transparence (ce qui est crucial), elle soulève des questions importantes sur la déontologie et le rôle réel du journaliste.La FPJQ est claire : l’IA doit être un assistant, pas un remplaçant. Le professeur Watine nous met en garde contre le réalisme troublant de ces voix synthétiques et le temps nécessaire pour que l’éthique et le droit rattrapent la technologie. Il est essentiel que nous, les auditeurs, restions vigilants et informés sur qui, ou quoi, nous raconte l’actualité. Le jugement humain et la capacité d’interviewer en profondeur demeurent, pour l’instant, notre dernier rempart.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.