La grande énigme du hockey : Pourquoi les bâtons composites sont-ils si fragiles?

La grande énigme du hockey : Pourquoi les bâtons composites sont-ils si fragiles? credit : lemorning.ca (image IA)

La question que tous les amateurs se posent

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C’est une question qui revient sans cesse, qui nous tracasse à chaque match. Nous parvenons, nous, humains, à construire des stations spatiales en orbite, à envoyer des petites sondes sur Mars pour y prendre des photos, mais l’industrie du hockey? Elle semble encore buter sur un problème tout simple : fabriquer un bâton durable. C’est quand même un peu ridicule, non?Depuis l’arrivée de ces fameux bâtons en composite, il y a déjà pas mal d’années, c’est devenu la routine de voir les joueurs se faire trahir par leur outil principal. On le voit souvent, le manche qui craque en deux au moment crucial d’un tir, ou la palette qui virevolte comme un oiseau blessé après une simple passe. Franchement, ça ne semble pas s’améliorer avec le temps, et il y a de bonnes raisons à cela.

Les bâtons traîtres : Quand l’équipement lâche en plein match

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On se souvient tous des cas récents qui ont fait couler beaucoup d’encre. Ça ne se passe pas qu’en séries, loin de là. Il y a quelques semaines, durant un simple match préparatoire opposant le Canadien aux Maple Leafs, on a vu les joueurs des deux côtés briser une bonne dizaine de bâtons. C’était une vraie hécatombe!Puis, le scénario s’est reproduit, et de façon très coûteuse pour le CH. Rappelez-vous Mike Matheson au premier match de la saison; son bâton a cassé, ce qui a provoqué une réaction en chaîne menant directement à la défaite. Et trois jours plus tard, encore Matheson, encore son bâton qui le lâche en désavantage numérique alors que le score était 2-2. Heureusement, cette fois, Montréal a réussi à s’en sortir, mais imaginez la frustration.Ces exemples montrent bien à quel point la durabilité des bâtons est devenue un enjeu majeur, pas seulement pour l’image, mais pour le résultat des matchs. De l’extérieur, on a vraiment l’impression que ces bâtons sont plus fragiles que jamais, et il est temps de se demander pourquoi.

Une industrie en pleine confusion, selon un expert

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La question est simple, mais la réponse est complexe. C’est du moins ce qu’affirme Mario Therrien, un ex-hockeyeur qui a roulé sa bosse dans la LHJMQ et en Europe. Il est aujourd’hui un des cofondateurs de True Hockey et s’occupe notamment des athlètes professionnels. Selon lui, l’industrie des bâtons est dans une période « un peu confuse ».Ce qu’il faut comprendre, c’est que très peu de marques fabriquent elles-mêmes leurs bâtons. True et Warrior le font. Mais les autres? Ils passent par des manufacturiers sous-traitants. Avant de lancer True Hockey en 2013, leur maison-mère, True Temper, fabriquait des bâtons pour des équipementiers comme Sherwood, CCM (à l’époque de Reebok)… ils ont décidé d’arrêter de les servir pour lancer leur propre marque. C’est un marché où la compétition est féroce, avec Bauer et CCM qui dominent, mais True a quand même de gros clients comme Brady Tkachuk ou Mitch Marner.Le rôle de ces représentants d’équipementiers est essentiel. Ils doivent approvisionner les équipes et, surtout, comprendre les besoins spécifiques de chaque athlète. Mais ces besoins, justement, ont énormément évolué ces dernières années.

Le paradoxe de la légèreté : moins de poids, moins de matériel

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Si on regarde l’évolution technologique, le changement est monumental. Dans les années 2000, un bâton comme celui de Radek Bonk pesait environ 750 grammes. Aujourd’hui? On voit des gars dans la LNH jouer avec des bâtons de 345 ou même 325 grammes. Il y a cinq ou sept ans, la norme était encore 400 ou 500 grammes.La légèreté, c’est l’objectif ultime de la recherche et du développement. Mais faut-il vraiment s’étonner de la fragilité? Mario Therrien le dit sans détour : « On n’a pas besoin de faire une étude scientifique pour comprendre que, si on retire 150 grammes sur un bâton, il y a des endroits où il y a moins de matériel. C’est sûr que ça va briser à un moment donné. »Cependant, et c’est là le paradoxe, la majorité des joueurs ne cherchent pas l’extrême légèreté. La course à l’allègement est avant tout un argument marketing, même si de grands progrès ont été faits.

Du flex et du rôle : L’outil non adapté

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L’autre grand changement, c’est la taille des joueurs et le « flex ». Le flex, pour faire simple, c’est la rigidité du bâton. Plus le chiffre est élevé, plus le bâton est rigide.Au début des années 2000, les joueurs costauds utilisaient souvent un flex de 120. Maintenant, les athlètes sont souvent plus petits, plus rapides, et ils utilisent des flex allant de 65 à 70. Pourquoi? Pour pouvoir dégainer plus rapidement vers le filet. Ça, c’est logique.Ce qui fascine — et frustre — Mario Therrien, c’est que beaucoup de professionnels ne choisissent pas l’outil approprié à leur rôle. Il trouve ça « aberrant que des gars qui gagnent 4 ou 5 millions n’aient pas le bon outil de travail ».Prenons l’exemple d’un joueur de troisième trio qui demande le bâton le plus léger possible. Son rôle principal, c’est de gagner des batailles le long de la rampe. Si un défenseur arrive avec un bâton rigide (flex de 100) face à l’attaquant et son flex de 65, le défenseur a de bien meilleures chances de remporter le duel. Le risque de casser le bâton ou de perdre la bataille pour gagner un petit avantage lors du 1% du temps où on obtient une chance de marquer, est-ce que ça vaut vraiment le coup?

La quête du « pop » : Ce que les joueurs réclament

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Dans le jargon des joueurs, il y a un mot qui revient sans cesse quand ils parlent à leurs fournisseurs : le « pop ». « Je n’ai pas de pop dans ma palette, » disent-ils. Nous, les ingénieurs, on doit être capables de traduire ce besoin technique en langage de fabrication. C’est ça, le fameux bilinguisme du représentant.Le « pop », c’est la capacité du bâton à renvoyer la rondelle très rapidement. Les joueurs, aujourd’hui, ont des tirs incroyables. Les passes sont super vives, et dès que la rondelle touche le bâton, elle doit repartir à la même vitesse, sinon plus. Pour obtenir ce fameux « pop », la tendance actuelle est aux palettes hyper rigides, super dures. Pour les joueurs offensifs, l’idéal est souvent un petit flex (manche souple) combiné à une palette extrêmement rigide. C’est un compromis qui maximise la vitesse de tir, mais qui, bien sûr, met la durabilité à rude épreuve.

L’argent et la durabilité : Combien ça coûte réellement?

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Si vous trouvez que les bâtons de vos enfants coûtent cher, consolez-vous avec un fait étonnant : les budgets annuels des équipes de la LNH pour les bâtons seulement dépassent le million de dollars! La LNH impose des droits de licence très onéreux aux équipementiers, ce qui fait que les organisations doivent débourser des centaines de dollars pour chaque bâton qu’elles commandent.Mais, bizarrement, certains clubs contrôleraient tellement les dépenses qu’ils ne permettraient à leurs joueurs de commander que six bâtons à la fois. C’est assez serré comme gestion!Jacques Chiasson, qui a eu une carrière légendaire comme représentant (s’occupant notamment de Gretzky, Lemieux et Jagr), se souvient qu’à l’époque des bâtons en bois et en fibre de verre, un joueur moyen commandait entre 20 et 25 douzaines de bâtons par saison. Aujourd’hui, avec le composite, on est autour de six douzaines par joueur moyen. Bien sûr, il y a des exceptions, comme Ryan Johansen qui utilisait, dit-on, cinq bâtons par match.La différence est que les vieux Sherwood 5030 cassaient peu visiblement. Les joueurs prenaient simplement un autre bâton au banc. Maintenant, avec les caméras HD, quand le composite se brise dans l’enclave, tout le monde le voit, et c’est beaucoup plus spectaculaire.

Conclusion : Léger ne rime pas toujours avec meilleur

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Malgré l’aspect spectaculaire des bâtons qui explosent en haute définition, Mario Therrien insiste : le manque de durabilité reste un vrai problème pour l’industrie, surtout en bas âge. Il s’inquiète de voir « une petite fille de 12 ans passer à travers quatre bâtons durant une saison. » Pour les parents, la note est salée.Le grand piège, c’est la recherche de la légèreté pour tous. Beaucoup de parents achètent des bâtons « hyper légers » pour leurs enfants, même si ces derniers n’ont pas le niveau de performance des joueurs de la LNH. Pour l’expert, c’est comme « installer des pneus de formule 1 sur une sous-compacte japonaise. » Ça ne changera rien à la qualité du jeu de l’enfant, et ça ne durera pas. En fin de compte, la durabilité est sacrifiée non pas uniquement pour la performance, mais souvent par un mauvais choix d’outil. Il faut vraiment ajuster le bâton au style de jeu, et pas seulement à la mode du moment.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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