SAAQclic : Des automobilistes hors la loi à leur insu à cause de bugs persistants

SAAQclic : Des automobilistes hors la loi à leur insu à cause de bugs persistants credit : lemorning.ca (image IA)

Trois ans après le lancement, le calvaire continue

Les automobilistes québécois continuent de subir les conséquences chaotiques de la transition numérique de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ). Trois ans exactement après le lancement de la plateforme SAAQclic, survenu en février 2023, de nombreux citoyens vivent un véritable calvaire administratif. Le cœur du problème réside dans le renouvellement des immatriculations, dont les ratés informatiques placent des conducteurs dans l’illégalité la plus totale.

En effet, sans même s’en douter, des usagers de la route circulent aujourd’hui avec des véhicules non conformes au sens de la loi. Ces situations découlent directement des défaillances persistantes du système, qui ne prélève pas toujours les sommes dues malgré les configurations effectuées par les propriétaires. Plusieurs témoignages recueillis confirment que la situation demeure pénible pour ceux qui pensaient être en règle.

Interpellé en plein déménagement pour des plaques impayées

La réalité de ces dysfonctionnements a frappé un jeune homme la fin de semaine dernière, alors qu’il aidait un ami en plein déménagement. Alors qu’il se trouvait au volant de la camionnette de cet ami, il a été intercepté par les forces de l’ordre. L’agent de police l’a alors informé d’une irrégularité majeure : les « plaques du pick-up n’avaient pas été payées ».

Stupéfait, le conducteur a immédiatement contacté le propriétaire du véhicule. La réponse de son ami fut catégorique : « c’était impossible, puisque l’argent se prenait automatiquement ». Il avait en effet adhéré au système de prélèvements préautorisés pour éviter tout oubli. Face à cette situation, et soupçonnant une défaillance technique de la SAAQ, le policier a fait preuve de clémence. Il s’est montré bon joueur en déclarant : « Fais ton déménagement et dis à ton chum qu’il arrange ses affaires. »

Une facture imprévue de 400 $ pour un conducteur vigilant

Cet incident a servi de signal d’alarme pour le conducteur qui, une fois le déménagement terminé, a eu le réflexe de vérifier son propre dossier. Soucieux de sa conformité, ce jeune homme, qui a souhaité préserver son anonymat, a contacté la SAAQ. Le verdict est tombé : lui non plus n’avait pas payé ses immatriculations depuis plus d’un an, malgré ses démarches antérieures.

Les conséquences financières de cette erreur système ont été lourdes. Comme son véhicule était considéré comme impayé depuis trop longtemps, il a dû se soumettre à une inspection mécanique obligatoire. La facture totale, incluant l’inspection et les arrérages, a dépassé les 600 $. Sur ce montant, environ 400 $ représentent des frais qu’il n’aurait jamais eu à débourser si le prélèvement automatique sur sa carte de crédit avait fonctionné comme prévu. Une agente de la SAAQ lui a d’ailleurs confié que le problème est assez répandu, affectant particulièrement les usagers utilisant des cartes de crédit.

La SAAQ confirme les ratés et vise une résolution en 2026

Interrogée sur ces incidents, la Société de l’assurance automobile du Québec a confirmé l’existence du problème, bien qu’elle soit incapable de chiffrer le nombre exact de personnes touchées. Les différents corps policiers n’ont pas non plus été en mesure de fournir des détails supplémentaires sur l’ampleur du phénomène sur les routes.

Simon-Pierre Poulin, porte-parole de l’organisation, a précisé la nature technique de l’enjeu : « Nous sommes au fait que certaines situations problématiques en lien avec les paiements préautorisés persistent à la suite du déploiement de CASA [Carrefour des services d’affaires] ». Concernant l’échéancier de résolution, la patience sera encore de mise. « Nous souhaitons être en mesure de corriger ces situations au courant de l’année 2026 », a-t-il assuré.

Recours possibles et rapport accablant

En attendant une solution définitive, la SAAQ invite les usagers ayant constaté des « anomalies ou des enjeux particuliers en lien avec les paiements préautorisés à communiquer directement avec elle ». L’organisme promet également d’assister les conducteurs pénalisés injustement. « Si un constat d’infraction est donné en raison d’une erreur ou d’une faute de la Société, nous collaborons bien sûr avec l’automobiliste concerné en lui fournissant l’information utile ou toute confirmation nécessaire pour lui permettre de contester ou de demander l’annulation du constat d’infraction », conclut la société d’État.

Ces dysfonctionnements s’inscrivent dans un contexte critique mis en lumière par le commissaire Denis Gallant. Dans son rapport publié plus tôt ce mois-ci, il a dressé un bilan sévère du projet SAAQclic. Il a conclu que le système a été bâti sur une série de mensonges, d’omissions et de manipulations, des manœuvres qui ont maintenu le gouvernement dans l’ignorance jusqu’à l’été 2023.

Selon la source : tvanouvelles.ca

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