Guerre en Iran : cette impréparation américaine qui change toute la donne

Guerre en Iran : cette impréparation américaine qui change toute la donne credit : The White House, Wikimedia Commons (Public domain)

Un leadership américain sous le feu des critiques

L’accusation est directe : Donald Trump mentirait. Aux dirigeants du G7, à l’opinion publique, et peut-être à lui-même. Ce comportement, présenté comme une habitude, dissimulerait une réalité bien plus préoccupante. Dans la guerre engagée contre l’Iran, les États-Unis feraient preuve d’un manque de préparation de plus en plus flagrant à mesure que le conflit s’intensifie.

Nul ne conteste la puissance de l’armée américaine, considérée comme la plus formidable au monde. Mais une armée, aussi puissante soit-elle, a besoin de dirigeants capables de la commander avec clairvoyance. Or, tout semble indiquer que Donald Trump ne possède pas les qualités requises pour un chef de guerre. Sa compréhension de la complexité du terrain au Proche et au Moyen-Orient serait limitée.

À ses côtés, le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, est décrit comme un personnage infatué et dépourvu de la compétence militaire adéquate. Pour asseoir son autorité, il aurait d’ailleurs limogé de nombreux généraux expérimentés. Une question se pose alors avec acuité : qui pilote réellement l’effort de guerre américain contre l’Iran ?

Les signes concrets d’une stratégie défaillante

Dans un conflit d’une telle envergure, que des bases américaines subissent des bombardements iraniens ou que des aviateurs perdent la vie dans des accidents de vol peut être considéré comme une conséquence attendue des combats. Ce qui interpelle, en revanche, ce sont les erreurs d’appréciation stratégique au plus haut niveau de l’État américain.

Le fait que les dirigeants aient minimisé l’impact d’une fermeture plus que probable du détroit d’Ormuz est jugé comme une faute majeure. Un autre indice inquiétant est apparu ces derniers jours : le transfert précipité de systèmes d’interception de missiles balistiques THAAD. Ces équipements ont été déplacés en toute hâte de la Corée du Sud vers le Moyen-Orient.

Cette manœuvre suggère une chose : les sites de lancement de missiles balistiques iraniens n’ont probablement pas été détruits, contrairement à ce que l’on aurait pu attendre d’une campagne militaire bien préparée. C’est un signe supplémentaire d’improvisation et, en fin de compte, d’incompétence dans la conduite des opérations.

Quand l’incompétence politique paralyse la puissance militaire

L’incompétence au sein d’une hiérarchie militaire peut être corrigée. Un général peut toujours être remplacé par un officier plus compétent. Le problème prend une tout autre dimension lorsque ce sont les dirigeants politiques élus qui sont aux commandes et font preuve de carences.

Dans un tel scénario, même la meilleure armée du monde risque de devenir incohérente dans ses actions, privée d’une vision stratégique claire. Cette situation jette un doute considérable sur la validité des scénarios de sortie de guerre envisagés par Donald Trump et son administration.

Cette gestion hasardeuse a une conséquence directe sur l’adversaire. Les risques de voir le régime iranien se radicaliser davantage sont désormais plus importants que les chances de le voir s’effondrer. L’effet produit pourrait donc être à l’exact opposé du but recherché.

Le renversement du régime : un espoir qui s’amenuise

Dans la vision de Donald Trump, le scénario idéal verrait la population iranienne se soulever une dernière fois pour renverser le régime des mollahs. Cependant, la réalité sur le terrain est bien différente et rend cette issue hautement improbable.

Plusieurs obstacles majeurs se dressent. D’abord, la population n’est pas armée pour mener une telle révolution. Ensuite, les principaux dirigeants de l’opposition sont soit morts, soit emprisonnés, laissant un vide politique. Pire encore, le déclenchement de la guerre a servi de prétexte à une répression féroce qui s’est abattue sur les Iraniens, étouffant toute velléité de contestation.

Face à ce constat, les possibilités d’un renversement du régime par la population elle-même sont qualifiées de minimes. L’espoir d’un changement venu de l’intérieur semble s’éloigner chaque jour un peu plus.

Vers un enlisement ? L’Iran, un adversaire sous-estimé

L’hypothèse la plus probable, désormais, est celle du maintien du régime iranien. Cette situation résulterait d’une erreur d’analyse fondamentale de la part des stratèges américains, qui auraient largement sous-estimé la solidité et la résilience de leur adversaire.

Il ne faut pas oublier un fait historique crucial : l’Iran des mollahs se prépare à un affrontement direct avec les États-Unis et Israël depuis près de cinquante ans. Le régime a eu le temps de se fortifier et d’anticiper une telle confrontation.

Au mieux, l’issue pourrait être la négociation d’un modus vivendi, un arrangement précaire entre Téhéran et Washington. Mais en attendant, une certitude se dessine : le conflit risque de durer bien plus longtemps que ce qui avait été initialement prévu par l’administration américaine.

Panique à Washington : un cadeau inattendu pour la Russie et la Chine

Face à cette situation qui lui échappe, Donald Trump serait en proie à la panique. Une décision récente en témoigne : la levée des sanctions pétrolières qui pesaient sur la Russie. Une concession majeure qui rebat les cartes géopolitiques.

Cette mesure va grandement satisfaire la Chine. Pékin, qui dépend en temps normal d’une grande partie du pétrole du Moyen-Orient, pourra ainsi compenser ses pertes en s’approvisionnant auprès de la Russie. Donald Trump présente cette levée comme une « suspension temporaire et partielle ».

Pourtant, si la guerre contre l’Iran perdure, comme tout le laisse à penser, cette suspension temporaire pourrait bien devenir permanente. Une situation qui placerait l’Ukraine dans une position très délicate. Reste une inconnue majeure : comment les électeurs américains réagiront-ils face à l’inflation et aux coûts grandissants de cette guerre ?

Selon la source : journaldemontreal.com