Frappes sur l’Iran : le Congrès se rebelle et défie les pouvoirs de Trump

Frappes sur l’Iran : le Congrès se rebelle et défie les pouvoirs de Trump credit : lemorning.ca (image IA)

Washington sur le qui-vive : la riposte du Congrès

Une onde de choc politique secoue Washington. Après l’attaque militaire ordonnée par le président Donald Trump contre l’Iran, des figures influentes du Congrès américain exigent la tenue d’un vote. Leur objectif : adopter une résolution sur les pouvoirs de guerre qui viendrait encadrer l’action présidentielle. Pour ces élus, toute nouvelle offensive devrait d’abord recevoir l’approbation du législateur.

La crainte est palpable des deux côtés de l’échiquier politique. De nombreux parlementaires redoutent que cette campagne, qu’ils jugent potentiellement illégale, n’entraîne les États-Unis dans un conflit bien plus vaste et incontrôlable au Moyen-Orient. La Chambre des représentants et le Sénat, où le Parti républicain du président ne détient qu’une courte majorité, s’apprêtent à ouvrir un débat exceptionnel sur cette question fondamentale dès la semaine prochaine.

Les résolutions étaient déjà prêtes, rédigées bien avant les frappes de samedi. Le débat à venir s’annonce donc comme un véritable référendum sur la décision de Donald Trump d’agir militairement, seul, sans l’autorisation formelle des représentants du peuple.

Une opposition bipartisane prend la parole

La contestation est menée par des voix issues des deux partis. Le sénateur démocrate de Virginie, Tim Kaine, l’un des chefs de file de cet effort, n’a pas mâché ses mots pour critiquer l’initiative présidentielle, qualifiant les frappes d' »erreur colossale ». Il s’interroge publiquement : « Le président Trump n’a-t-il rien appris des décennies d’ingérence américaine en Iran et des guerres sans fin au Moyen-Orient ? ».

À la Chambre des représentants, une alliance similaire s’est formée. Le démocrate de Californie Ro Khanna et le républicain du Kentucky Thomas Massie réclament que le Congrès se prononce de manière publique sur leur propre proposition de loi bipartisane. Pour Ro Khanna, l’urgence est absolue. « Le Congrès doit se réunir lundi pour voter », a-t-il affirmé, « afin de mettre fin à cela ».

De son côté, Thomas Massie a directement attaqué le slogan de campagne de Donald Trump pour marquer son désaccord. « Ce n’est pas ’’L’Amérique d’abord’’ », a-t-il lancé, signifiant que cette action militaire va à l’encontre des intérêts du pays.

Le soutien sans faille des républicains au président

Face à cette fronde, le camp présidentiel fait bloc. La plupart des élus républicains, et tout particulièrement leurs chefs de file, ont publiquement salué la décision de Donald Trump d’agir contre l’Iran. Leur argumentaire repose sur la menace que représente, selon eux, cet adversaire de longue date des États-Unis.

Pour justifier une réponse militaire, beaucoup mettent en avant les programmes nucléaires et les capacités en matière de missiles balistiques de Téhéran. Le sénateur républicain de Caroline du Sud, Lindsey Graham, a exprimé son soutien avec emphase. « Bravo, Monsieur le Président », a-t-il déclaré.

Poursuivant son éloge, il a ajouté : « En observant et en suivant cette opération historique, je suis impressionné par la détermination du président Trump à être un homme de paix, mais aussi, en fin de compte, le pire cauchemar du mal. »

La Constitution mise à l’épreuve

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Cette confrontation soulève une question fondamentale, celle de la séparation des pouvoirs inscrite dans la Constitution américaine. La décision de l’administration Trump de lancer, apparemment avec Israël, une opération militaire conjointe et à durée indéterminée visant un changement de gouvernement à Téhéran, met ce principe à l’épreuve de manière spectaculaire.

Le débat n’est pas sans précédent. Près de deux mois auparavant, Donald Trump avait déjà ordonné des frappes américaines qui avaient conduit au renversement du dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro. Si la Constitution accorde bien aux présidents, en leur qualité de commandant en chef, le pouvoir de mener certaines opérations militaires stratégiques, elle réserve explicitement au Congrès le droit de déclarer la guerre.

L’histoire récente offre un contraste saisissant. Avant le déclenchement de la guerre en Irak en mars 2003, le président républicain George W. Bush avait exercé des pressions pendant des mois pour obtenir l’autorisation du Congrès. Aucune démarche de ce type n’a été entreprise concernant l’Iran. Une précédente tentative du Sénat pour freiner les actions de Donald Trump après une frappe contre l’Iran l’été dernier avait d’ailleurs échoué.

Un débat aux enjeux surtout symboliques

Quelle que soit l’intensité des échanges à venir, l’issue du débat au Congrès sur les pouvoirs de guerre risque d’être avant tout symbolique. Même si une résolution parvenait à être adoptée par un Congrès divisé, il est plus que probable que Donald Trump y opposerait son veto. Or, le Congrès ne disposerait vraisemblablement pas de la majorité des deux tiers requise dans chaque chambre pour passer outre ce veto présidentiel.

Ce n’est pas la première fois que le pouvoir législatif se montre incapable de bloquer des actions militaires. Le Congrès a souvent échoué par le passé, comme lors d’un vote du Sénat concernant le Venezuela. Néanmoins, l’importance de ce futur vote ne doit pas être sous-estimée. Chaque vote nominatif sera consigné et restera accessible au public, gravant dans le marbre la position de chaque élu sur une question de guerre et de paix.

Selon la source : lapresse.ca