Kim Jong Un : une main tendue vers Washington, un poing fermé pour Séoul
Adam David - 2026-02-26 15:59
credit : lemorning.ca (image IA)
Une ouverture conditionnelle vers les États-Unis
C’est un message diplomatique fort qui émerge de Pyongyang. Le dirigeant nord-coréen, Kim Jong Un, a profité de la clôture du congrès du parti au pouvoir pour redéfinir les relations possibles avec les États-Unis. Selon les médias d’État, qui ont rapporté ses propos ce jeudi, le leader estime que son pays pourrait tout à fait « bien s’entendre » avec Washington à l’avenir.
Cette déclaration marque une évolution notable dans la rhétorique habituelle du régime, souvent belliqueuse. Toutefois, cette main tendue n’est pas sans contrepartie. Pour que ce rapprochement opère, Kim Jong Un pose une condition sine qua non : la reconnaissance officielle par les Américains du statut de puissance nucléaire de la Corée du Nord.

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L’agence officielle KCNA a relayé cette position au lendemain de la fin des travaux du congrès. Elle souligne la volonté du régime de normaliser ses rapports avec l’Occident, mais uniquement sur un pied d’égalité stratégique, refusant toute position de faiblesse dans de futures négociations.
La Constitution comme ligne rouge
Les propos rapportés par l’agence KCNA sont sans équivoque quant aux exigences de Kim Jong Un. Le dirigeant a précisé les termes exacts de ce marché diplomatique en faisant référence à la loi fondamentale de son pays. Il a ainsi déclaré : « Si Washington respecte le statut actuel (de puissance nucléaire) de notre pays tel qu’il est stipulé dans la Constitution (…) et abandonne sa politique hostile (…) il n’y a aucune raison pour que nous ne puissions pas bien nous entendre avec les États-Unis ».

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Cette citation met en lumière l’ancrage juridique du programme nucléaire nord-coréen. En inscrivant ce statut dans la Constitution, le régime cherche à rendre son arsenal intouchable et non négociable. L’abandon de la « politique hostile » mentionné par Kim Jong Un reste le levier principal exigé pour débloquer la situation.
Par le passé, Pyongyang a répété à plusieurs reprises que la Corée du Nord n’abandonnerait jamais ses armes nucléaires. Cette nouvelle déclaration semble confirmer que le désarmement n’est plus à l’ordre du jour pour le Nord, qui préfère désormais discuter d’une coexistence armée.

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Le contexte américain et l’ombre de Donald Trump
Cette ouverture fait écho aux tentatives de rapprochement initiées l’année dernière. Lors d’une tournée en Asie, l’ancien président Donald Trump avait en effet multiplié les signaux positifs. Il s’était alors déclaré « ouvert à 100 % » à l’idée d’une nouvelle rencontre avec le dirigeant nord-coréen, tentant de raviver la diplomatie personnelle qui avait marqué son mandat.
L’ex-président américain était même allé plus loin, se positionnant à rebours de plusieurs décennies de politique étrangère américaine classique. Il avait concédé que la Corée du Nord était « en quelque sorte une puissance nucléaire », une admission tacite que peu de responsables occidentaux osent formuler. À l’époque, Pyongyang n’avait pas répondu à cette proposition de Monsieur Trump.

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L’évolution de la posture de Kim Jong Un est frappante lorsqu’on la compare au précédent congrès de son parti, tenu en 2021. Il avait alors désigné les États-Unis comme le « plus grand ennemi » de sa nation. Aujourd’hui, sa position semble s’être adoucie, passant de l’hostilité ouverte à une proposition de bonne entente conditionnelle.
Rupture totale consommée avec la Corée du Sud
Si le ton s’adoucit vers l’Amérique, il se durcit considérablement envers le voisin du Sud. Le dirigeant nord-coréen a infligé un revers cinglant à la Corée du Sud, dirigée depuis juin par Lee Jae Myung. Ce dernier milite activement depuis son investiture pour une reprise du dialogue bilatéral, espérant apaiser les tensions péninsulaires.

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Les espoirs de Séoul ont été balayés par Kim Jong Un. Il a qualifié les récentes initiatives conciliantes du gouvernement sud-coréen de « trompeuses ». Plus grave encore, il a annoncé que Pyongyang cessera « à jamais » de considérer les Sud-Coréens comme des compatriotes, brisant ainsi le mythe de l’unité ethnique qui prévalait jusqu’ici.
La sentence prononcée par Kim Jong Un, relayée par KCNA, est définitive : la Corée du Nord « n’a absolument rien à faire avec la Corée du Sud, son ennemi le plus hostile, et exclura à jamais la Corée du Sud de la catégorie des compatriotes ». Cette déclaration scelle une rupture historique et idéologique entre les deux moitiés de la péninsule.
Capacités militaires et fin du 9e congrès
En toile de fond de ces annonces politiques, la réalité matérielle du programme nucléaire nord-coréen continue de progresser. Selon des estimations fournies par la présidence sud-coréenne en janvier, Pyongyang dispose désormais d’une capacité de production industrielle. Le régime produit assez de matière nucléaire chaque année pour assembler jusqu’à 20 armes atomiques.
Ces chiffres illustrent la montée en puissance de l’arsenal qui sert de base à la demande de reconnaissance formulée par Kim Jong Un. La diplomatie nord-coréenne s’appuie désormais sur une force de frappe concrète et grandissante, difficile à ignorer pour la communauté internationale.
Pour marquer la fin de cet événement politique majeur, le 9e congrès du Parti des travailleurs de Corée du Nord s’est achevé mercredi. Comme le veut la tradition, cette clôture a été célébrée par un grand défilé militaire, rapporté par KCNA, mettant en scène la puissance de feu du régime devant la foule rassemblée.
Selon la source : tvanouvelles.ca