Le Québec s’impose à l’UNESCO : un tournant historique pour la survie de notre culture ?

Le Québec s’impose à l’UNESCO : un tournant historique pour la survie de notre culture ? credit : Side-by-side fusion: "Mathieu Lacombe, en 2022.jpg" by Lion254 licensed under CC0 via Wikimedia Commons + "Logo unesco izum (cropped).png" by SergejL licensed under CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons

De la dérision à la reconnaissance internationale

Le parcours de Mathieu Lacombe, ministre de la Culture du Québec, n’a pas été de tout repos sur la scène internationale. Il se souvient avec franchise de ses débuts et des réactions qu’il suscitait : « Au départ, partout, on riait de moi ! ». Cette confidence illustre le scepticisme initial auquel il a dû faire face, alors que le Québec et son représentant étaient souvent regardés de haut par leurs interlocuteurs.

À Ottawa, les critiques étaient particulièrement vives à l’égard de cette initiative. On reprochait ouvertement au ministre québécois de jouer dans les « platebandes fédérales ». Ce climat de dérision s’expliquait par l’ambition de Lacombe de s’attaquer frontalement à ce qu’il considère comme un ennemi majeur des cultures locales : les grandes plateformes numériques étrangères.

L’offensive contre les géants du numérique

Pour contrer l’influence des géants du Web, le ministre Lacombe a d’abord fait adopter une loi contraignante au Québec. Cette législation force les entreprises majeures du numérique, telles que Netflix, Spotify ou Amazon, à accorder une place réelle et visible à la culture québécoise sur leurs interfaces respectives. Si seul l’avenir dira si cette mesure portera ses fruits, elle constitue le premier pilier de sa stratégie.

L’ambition du ministre ne s’arrêtait pas aux frontières de la province. Il souhaitait que le Québec devienne l’instigateur d’un changement profond à l’échelle mondiale. Depuis 2022, il mène un combat diplomatique pour convaincre les États du monde entier de la nécessité d’actualiser la Convention de 2005 sur la diversité culturelle de l’UNESCO, un texte devenu insuffisant face aux évolutions technologiques.

Moderniser un cadre juridique devenu obsolète

La Convention de 2005 stipule que les États ont le droit souverain de promouvoir et de défendre leurs identités culturelles. Cependant, ce texte a été conçu avant que les plateformes étrangères ne dominent le marché. Mathieu Lacombe soutient que cette Convention doit désormais s’appliquer impérativement à l’« espace numérique », afin d’encadrer les pratiques de ces nouveaux diffuseurs mondiaux.

Le défi était de taille car, en 2022, le Québec militait presque seul dans son coin. Le gouvernement fédéral canadien restait vague sur la question, craignant que de telles régulations ne viennent perturber les futures négociations sur le libre-échange avec l’administration Trump. Malgré cet isolement initial, la persévérance québécoise a fini par porter ses fruits auprès d’autres nations.

Un front commun francophone et européen

Contre toute attente, le ministre Lacombe a réussi son pari diplomatique au sein de l’UNESCO. Ce jeudi, les pays membres ont officiellement adopté le principe selon lequel les États doivent également protéger la diversité culturelle dans les espaces numériques. Ce revirement marque une victoire significative pour la diplomatie québécoise qui a su rallier des alliés de poids au fil des mois.

Le soutien des pays francophones a été déterminant dans cette réussite. Contrairement au Canada, les nations européennes, notamment la France et la Belgique, estiment qu’une indépendance culturelle vis-à-vis des États-Unis est plus nécessaire que jamais. Devant cette poussée européenne, Ottawa a finalement choisi de suivre le courant et d’appuyer la position défendue par le Québec.

Les enjeux d’une victoire symbolique et juridique

Si cette victoire est historique, elle ne changera rien dans l’immédiat pour le consommateur. C’est toutefois une première étape cruciale pour réglementer les acteurs comme Netflix et promouvoir les œuvres locales. Cette décision met fin au mythe selon lequel il serait impossible de légiférer sur les plateformes numériques, offrant aux États des outils juridiques solides pour faire face aux futures contestations de ces entreprises.

La création de ce front commun international est une réussite majeure pour Mathieu Lacombe, même s’il reconnaît que ce n’est pas un antidote miracle à la crise culturelle actuelle. Le ministre a d’ailleurs partagé un constat frappant lors de son allocution : « en 2004, un CD sur deux vendus provenait d’artistes québécois. Aujourd’hui, c’est 4,6 % de notre écoute de la musique en ligne qui provient d’artistes québécois. »

Une fierté nationale pour la survie des cultures

Le constat est sans appel : avec seulement 4,6 % de parts de marché en ligne, l’édifice culturel québécois tangue dangereusement. Dans ce contexte, le travail du ministre de la Culture pour ajouter des pierres à cet édifice et le maintenir debout est jugé digne de mention. Chaque avancée législative ou diplomatique participe à la survie de cette identité unique dans un océan numérique globalisé.

En conclusion, cette bataille à l’UNESCO démontre que même une petite nation, par son travail et son obstination à survivre, peut jouer un rôle de protecteur de la diversité mondiale. C’est un motif de fierté pour le Québec, qui continue de lutter pour que sa voix et ses artistes ne disparaissent pas des écrans et des oreilles du monde entier.

Selon la source : journaldemontreal.com

Créé par des humains, assisté par IA.