Iran : L’ultimatum de Donald Trump expire dans deux semaines
Adam David - 2026-02-20 11:52
credit : The White House, Wikimedia Commons (Public domain)
Un ultimatum de deux semaines
Le compte à rebours diplomatique est lancé. Donald Trump a fixé, jeudi 19 février, une échéance précise pour l’avenir des relations entre Washington et Téhéran. Le président américain se donne « dix » à « quinze jours » pour trancher une question cruciale : un accord avec l’Iran est-il encore envisageable ou le recours à la force est-il inévitable ? Cette annonce intervient alors que les deux nations tentent, non sans difficulté, de renouer le dialogue.
C’est lors d’un discours prononcé à Washington, devant le Conseil de la paix qui tenait sa toute première réunion, que le locataire de la Maison Blanche a exposé sa stratégie temporelle. « Nous devrons peut-être aller plus loin, ou peut-être pas. Nous allons peut-être conclure un accord. Vous le saurez probablement dans les dix prochains jours », a-t-il déclaré à l’auditoire.
Cette fenêtre de tir a été confirmée et précisée peu après par le président lui-même. Lors d’un échange avec des journalistes à bord de l’avion présidentiel le conduisant en Géorgie pour un déplacement économique, Donald Trump a évoqué un délai maximum de « dix, quinze jours » pour prendre sa décision finale.
Entre dialogue renoué et bruits de bottes
Le contexte de cette annonce reste particulièrement volatil. Washington et Téhéran ont officiellement renoué le dialogue au début du mois de février, marquant une première depuis la « guerre de douze jours » survenue en juin 2025. Deux sessions de pourparlers ont déjà eu lieu pour tenter d’aplanir les différends, mais la méfiance prédomine sur le terrain.
Malgré ces efforts diplomatiques, la réalité militaire témoigne d’une tension persistante. Les deux pays ennemis continuent d’échanger des menaces sur fond d’escalade. Les États-Unis ont ainsi intensifié leur déploiement militaire dans le Golfe, tandis que l’Iran mène actuellement des exercices conjoints avec la Russie en mer d’Oman.
Depuis Washington, Donald Trump a souligné la complexité de la tâche : « Il est évident depuis des années qu’il n’est pas facile de conclure un accord pertinent avec l’Iran. Nous devons conclure un accord pertinent sinon de mauvaises choses vont arriver ». Il a réitéré son incertitude quant à l’issue des négociations : « Nous devrons peut-être aller plus loin, ou peut-être pas, nous allons peut-être conclure un accord. Vous le saurez probablement dans les dix prochains jours ».
Washington et Tel-Aviv haussent le ton
La rhétorique s’est durcie ces dernières heures du côté américain et israélien. La veille de l’annonce présidentielle, les États-Unis avaient déjà adressé une mise en garde à Téhéran, l’invitant à être « bien avisé » de signer un compromis. Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, a été explicite sur les options sur la table : « Il existe de nombreuses raisons et arguments en faveur d’une frappe contre l’Iran ».
Israël, allié indéfectible des États-Unis, a également élevé la voix face à la République islamique. Le premier ministre Benyamin Nétanyahou a lancé un avertissement sans équivoque : « Si les ayatollahs commettent l’erreur de nous attaquer, ils feront face à une riposte qu’ils ne peuvent même pas imaginer ».
Ces déclarations interviennent alors que Donald Trump a multiplié les menaces d’attaques ces dernières semaines. Cette posture offensive fait suite à la répression meurtrière d’une vague de contestation par le pouvoir iranien début janvier, mais vise aussi désormais à forcer la main de Téhéran pour arracher un accord.
Le nucléaire et les sanctions au cœur du blocage
Au centre de ce bras de fer se trouve le programme nucléaire iranien. Sous pression internationale, Téhéran a tenu à réaffirmer sa position ce jeudi. Mohammad Eslami, chef de l’Organisation de l’énergie atomique de l’Iran, a défendu le « droit » de son pays à l’enrichissement d’uranium à des fins civiles, notamment énergétiques. « Aucun pays ne peut priver l’Iran du droit de bénéficier pacifiquement de cette technologie », a-t-il martelé.
Les tractations, qui ont repris le 6 février grâce à une médiation omanaise, butent sur le périmètre même de l’accord. L’Iran a indiqué mercredi « élaborer un cadre » pour faire avancer les discussions. Téhéran, qui nie chercher à obtenir l’arme atomique contrairement aux accusations occidentales et israéliennes, souhaite cantonner les pourparlers au seul dossier nucléaire et exige la levée des sanctions qui asphyxient son économie.
Les exigences américaines sont plus larges. Pour Washington, tout accord doit impérativement inclure le programme de missiles balistiques de l’Iran ainsi que la fin de son soutien aux groupes armés hostiles à Israël dans la région. Ce fossé sur le contenu des négociations explique la fragilité du processus actuel.
Plans de frappes et inquiétude internationale
L’option militaire semble plus concrète que jamais selon plusieurs médias américains. Les chaînes CNN et CBS rapportent que l’armée américaine se tient prête à mener des frappes sur l’Iran dès ce week-end, bien que le président n’ait pas encore, selon ces sources, pris sa décision finale. Le Wall Street Journal va plus loin, citant des responsables anonymes selon lesquels Donald Trump a été informé d’une option radicale visant à « tuer nombre de dirigeants politiques et militaires iraniens, afin de renverser le gouvernement ».
Sur le terrain, le dispositif est en place. Washington a dépêché deux porte-avions dans le Golfe. Les États-Unis disposent par ailleurs de dizaines de milliers de soldats stationnés dans diverses bases de la région. Ces installations sont toutefois considérées comme potentiellement vulnérables en cas de contre-attaque iranienne massive.
Face à cette « escalade des tensions sans précédent », la communauté internationale tente de calmer le jeu. La Russie a exhorté les parties à la « retenue ». La France, de son côté, a appelé Washington et Téhéran à privilégier la négociation, soulignant que la voie diplomatique reste « la seule capable d’empêcher durablement l’Iran d’accéder à une arme nucléaire ».
L’Iran face au choix de la guerre ou de la paix
En parallèle des menaces, des canaux techniques restent ouverts. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghtchi, s’est entretenu mercredi avec Rafael Grossi, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). L’instance onusienne est chargée de vérifier le caractère pacifique des activités nucléaires iraniennes, une mission rendue difficile par les événements récents.
L’Iran avait en effet suspendu sa coopération avec l’AIEA et restreint l’accès des inspecteurs à ses installations. Ces mesures avaient été prises à la suite de la guerre déclenchée par Israël l’an dernier, conflit durant lequel les États-Unis avaient bombardé des sites nucléaires iraniens.
Dans ce climat d’incertitude, le président iranien Massoud Pezeshkian a tenu à clarifier la position de son pays, tout en laissant planer un avertissement. « Nous ne voulons pas la guerre (…), mais s’ils veulent essayer de nous imposer leur volonté (…), devrions-nous l’accepter ? », a-t-il lancé, résumant le dilemme actuel de Téhéran face à l’ultimatum américain.
Selon la source : lemonde.fr
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