Armes pour Taïwan : Trump prépare une décision imminente sous haute tension
Simon Kabbaj - 2026-02-17 10:30
credit : lemorning.ca (image IA)
Une décision imminente avant un voyage crucial
C’est une déclaration qui ne manquera pas de faire réagir de l’autre côté du Pacifique. Lundi, à bord de son avion Air Force One, Donald Trump a fait savoir qu’il comptait trancher incessamment sous peu la question de nouvelles livraisons d’armes à Taïwan. Ce dossier, particulièrement sensible, constitue l’un des points de friction majeurs entre Washington et Pékin, alors même que le président américain prépare un déplacement diplomatique d’envergure.
Le locataire de la Maison Blanche a en effet confirmé qu’il devait se rendre en Chine au mois d’avril prochain. Malgré les tensions inhérentes au sujet taïwanais, Donald Trump a tenu à souligner la qualité de ses échanges avec son homologue chinois, tout en maintenant le suspense sur l’annonce à venir. Il a ainsi déclaré : «Je lui en parle. Nous avons eu une bonne conversation et nous allons prendre une décision très bientôt».
Cette prise de parole intervient dans un contexte où les États-Unis, bien qu’ils ne reconnaissent pas officiellement Taïwan, demeurent le principal allié de l’île. Washington joue un rôle crucial en tant que fournisseur d’armement pour ce territoire dont Pékin revendique toujours la souveraineté, créant une situation d’équilibre précaire dans la région.
Des contrats d’armement qui battent des records
Les relations entre les deux superpuissances ont déjà été mises à rude épreuve à la mi-décembre, lorsque Taïwan a officialisé une commande massive d’équipements militaires américains. Ce contrat, d’un montant vertigineux de 11,1 milliards de dollars, comprend notamment l’acquisition de missiles et de drones, marquant une étape significative dans le renforcement des capacités défensives de l’île.
Il s’agit historiquement de la vente la plus importante conclue depuis l’année 2001. À l’époque, c’était le président George W. Bush qui avait validé une livraison d’armes record atteignant les 18 milliards de dollars. Cette nouvelle transaction a immédiatement provoqué l’ire de Pékin, qui considère ces ventes comme une ingérence directe dans ses affaires intérieures.
La réaction chinoise ne s’est pas fait attendre sur le terrain. En réponse à cette annonce de décembre, l’armée chinoise a déclenché un vaste déploiement militaire autour de l’île, matérialisant son mécontentement par une démonstration de force navale et aérienne d’ampleur.
Mises en garde et nouvelles stratégies de défense
Le dialogue entre les dirigeants reste ouvert mais ponctué de mises en garde sévères. Lors d’un appel téléphonique survenu au début du mois de février, le président chinois Xi Jinping a directement averti son homologue américain. Il a signifié que les États-Unis devaient «faire preuve de prudence» concernant leurs futures ventes d’armes à destination de Taipei.
Parallèlement à ces échanges directs, la doctrine américaine évolue de manière subtile. La nouvelle «Stratégie de défense nationale» (NDS) pour 2026, publiée en janvier par le ministère américain, précise que Washington «dissuadera la Chine dans la région indo-pacifique par la force, et non par la confrontation». Ce document stratégique marque cependant une rupture notable avec les versions précédentes : il ne fait aucune mention explicite de Taïwan.
Cette absence sémantique dans un document officiel soulève des questions sur l’approche que l’administration américaine compte adopter à l’avenir, alors même qu’elle continue de pousser Taipei à augmenter ses propres investissements pour assurer sa sécurité autonome.
Le projet «T-Dome» et l’effort budgétaire taïwanais
Sous la pression de Washington qui l’incite à financer davantage sa propre protection, le gouvernement taïwanais cherche à accélérer la modernisation de son arsenal. Le président taïwanais Lai Ching-te a ainsi mis sur la table une proposition ambitieuse : 40 milliards de dollars de dépenses militaires supplémentaires, étalées sur une période de huit ans.
Ce plan de financement, qui doit encore recevoir l’aval du Parlement pour être effectif, vise des objectifs technologiques précis. Une partie de ces fonds est destinée à la création d’un «T-Dome», un système de défense aérienne multicouche sophistiqué. Ce projet s’inspire directement du célèbre «Dôme de fer» israélien, réputé pour son efficacité contre les attaques de projectiles.
Ces investissements massifs témoignent de la volonté de l’île de se prémunir contre toute agression, alors que la séparation politique avec la Chine continentale remonte à la fin de la guerre civile chinoise en 1949. Si Pékin prône officiellement une «réunification» pacifique, l’option de l’usage de la force pour reprendre le contrôle du territoire insulaire n’a jamais été exclue.
L’avertissement de Lai et la colère de Pékin
La tension est palpable au quotidien, la Chine ayant intensifié sa pression militaire ces dernières années par le déploiement quasi quotidien de navires de guerre et d’avions de chasse aux abords de l’île. Face à cette menace, le président Lai Ching-te a tenu à alerter la communauté internationale lors d’un entretien accordé à l’AFP la semaine dernière, soulignant que l’enjeu dépassait largement les frontières de son pays.
«Si Taïwan était annexée par la Chine, les ambitions expansionnistes de la Chine ne s’arrêteraient pas là», a-t-il prévenu, avant de détailler les risques pour les voisins. Il a ajouté : «Les prochains pays menacés seraient le Japon, les Philippines et d’autres dans la région indopacifique, avec des répercussions qui se feraient sentir jusqu’aux Amériques et en Europe».
Ces propos ont suscité une condamnation virulente de la part de Pékin jeudi. Les autorités chinoises ont qualifié M. Lai de «créateur de crises et un instigateur de guerres», confirmant l’extrême volatilité des relations diplomatiques dans le détroit.
Selon la source : tvanouvelles.ca
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