Saturation médiatique : quand l’actualité politique devient une source d’anxiété clinique
Mathieu Gagnon - 2026-02-14 13:02
credit : lemorning.ca (image IA)
Le phénomène de l’overdose politique
Est-il possible de faire une overdose d’une personnalité politique ? Pour l’auteur de ce témoignage, la réponse est sans équivoque concernant Donald Trump. Le constat de départ est celui d’une anxiété qui a grimpé en flèche à l’échelle planétaire depuis que celui que le narrateur qualifie de « déséquilibré » a pris les commandes des États-Unis, la plus grande puissance mondiale.
Face à cette situation, et après plus d’une année décrite comme une période de « folie », une décision radicale s’est imposée : celle de décrocher. Ce choix de prise de distance apparaît comme une mesure de protection nécessaire face à un climat général devenu anxiogène.
Cette saturation ne relève pas d’un simple désintérêt, mais bien d’une réaction de défense face à l’omniprésence d’une figure politique dont les actions et la rhétorique pèsent lourdement sur le moral collectif.
Le dilemme du consommateur d’information
Pour un chroniqueur ou un journaliste avide d’information, se couper de l’actualité est contre-nature. L’auteur confie être abonné à de nombreux journaux et revues, absorbant quotidiennement une quantité impressionnante de nouvelles. Cependant, une exception stricte a été établie concernant le président américain.
La raison invoquée tient à la nature erratique du personnage : ses volte-face, ses menaces et ses élucubrations. Il est décrit comme quelqu’un qui change d’idée « comme il respire », parfois même au beau milieu de la nuit. Face à cette instabilité, la stratégie adoptée est de limiter les lectures à l’essentiel.
Si les médias traditionnels n’ont d’autre choix que de rapporter les propos et les gestes du président en raison de leurs nombreuses conséquences, la situation se complique avec les réseaux sociaux. Ces derniers, qui « embarquent joyeusement », deviennent le lieu d’un grand débordement où circulent abondamment les fausses informations.
Un traumatisme cliniquement reconnu
La prise de conscience a été rapide : il faut en prendre et en laisser, sous peine de tomber dans une spirale d’anxiété. L’impression que le monde s’écroule au gré des « macabres fantaisies » du dirigeant peut devenir un véritable traumatisme. Ce sentiment, partagé par beaucoup, a généré un besoin tel que les conseils de spécialistes affluent désormais sur internet.
Le Centre de neuropsychologie et de counseling de l’Ouest-de-l’Île, à Montréal, s’est penché sur la question en produisant un document détaillant comment cette anxiété spécifique peut se traduire. L’analyse clinique est formelle sur la nature du phénomène.
Le document précise : « D’un point de vue clinique, ce phénomène peut être associé à un traumatisme vicariant ou [à] un stress secondaire: le stress émotionnel causé par l’exposition indirecte à des événements troublants, même lorsqu’ils surviennent à l’extérieur de notre propre pays ».
Stratégies de protection et ancrage local
Face au stress quotidien lié aux proches, au travail et à la « vraie vie », l’ajout d’une anxiété politique exogène semble superflu. Selon les experts, la première étape pour se prémunir consiste à comprendre l’impact psychologique de cette actualité, à reconnaître les symptômes et, surtout, à éviter la surexposition.
Une autre recommandation majeure des experts du Centre de neuropsychologie est de s’ancrer dans la réalité locale. Le conseil est de se concentrer sur ce qui se passe « chez nous », dans notre propre contexte immédiat, plutôt que de se laisser happer par les turbulences internationales.
Pour lutter contre le grand sentiment d’impuissance qui peut nous habiter, il est suggéré de s’impliquer concrètement dans des causes locales, que ce soit comme bénévole ou d’une autre manière. Il est également primordial de bien s’entourer, d’échanger avec ses proches et de ne pas hésiter à consulter si le besoin se fait sentir.
Prendre du recul et regarder vers l’avenir
L’adoption de cette distance volontaire avec ce que l’auteur nomme la « folie de Trump » permet une réalisation salutaire : le monde continue de tourner. Malgré les turbulences générées par cet être décrit comme avide de pouvoir et de contrôle « coûte que coûte », la vie suit son cours.
Cette perspective permet également de se projeter vers des échéances politiques concrètes. L’horizon est marqué par les élections de mi-mandat prévues à l’automne, offrant une première perspective de changement ou d’équilibre.
Enfin, l’auteur se rassure avec une projection temporelle et institutionnelle précise : dans deux ans, et après deux mandats, Donald Trump ne pourra plus être président des États-Unis. Une certitude qui aide à traverser la tempête médiatique actuelle.
Selon la source : journaldequebec.com
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