Cuba : L’aide d’urgence du Mexique débarque, la Russie et le Chili s’engagent face à la pénurie
Mathieu Gagnon - 2026-02-13 11:37
credit : lemorning.ca (image IA)
Arrivée stratégique dans la baie de La Havane

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C’est une image forte qui a marqué le début de matinée dans le port de La Havane. Deux navires appartenant à la marine mexicaine, baptisés le Papaloapan et l’Isla Holbox, ont fait leur entrée dans la baie, chargés d’une aide humanitaire massive. Cette opération logistique d’envergure a été constatée sur place par des journalistes de l’AFP, témoignant de la concrétisation des promesses faites par le gouvernement mexicain.
Cette cargaison, qui dépasse les 800 tonnes, a été expédiée directement par la présidente de gauche du Mexique, Claudia Sheinbaum. L’arrivée de ces bâtiments militaires transformés pour l’occasion en vecteurs de solidarité marque une étape importante dans les relations bilatérales, alors que l’île traverse une période de turbulences économiques intenses.
Le déploiement de ces deux navires ne constitue pas un acte isolé mais s’inscrit dans une démarche de soutien actif. La présence physique de ces bâtiments dans les eaux cubaines symbolise un pont maritime établi entre les deux nations pour pallier les urgences matérielles immédiates de la population cubaine.
Détail de la cargaison et tensions pétrolières

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Le gouvernement mexicain a fourni un inventaire précis des marchandises transportées. Les cargaisons, totalisant 814 tonnes, sont composées de denrées de première nécessité destinées à soulager le quotidien des habitants. On y trouve notamment du lait liquide et en poudre, des produits carnés, des biscuits, des haricots, du riz ainsi que divers articles d’hygiène personnelle. Par ailleurs, les autorités mexicaines ont précisé que plus de 1500 tonnes supplémentaires de lait en poudre et de haricots sont actuellement en attente d’expédition.
Au-delà de l’alimentaire, un enjeu énergétique majeur se joue en coulisses. L’arrivée de cette aide intervient à un moment où le Mexique tente de négocier une éventuelle livraison de pétrole à destination de l’île. Cette manœuvre diplomatique est délicate, car Mexico cherche à éviter les sanctions des États-Unis. Washington a en effet menacé d’imposer des droits de douane aux pays qui fourniraient du carburant à Cuba.
Cette double approche, humanitaire et énergétique, illustre la complexité de la situation. Le Mexique doit naviguer entre son désir d’assistance et les contraintes géopolitiques imposées par son voisin du Nord, tout en assurant l’acheminement de vivres essentiels pour la population cubaine.
Réactions officielles et voix citoyennes

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La réception de cette aide a suscité une réaction immédiate au plus haut sommet de l’État cubain. Le président Miguel Diaz-Canel a tenu à remercier son homologue mexicaine via les réseaux sociaux. Il a souligné la portée symbolique de cet envoi : «Les aides humanitaires de nos frères mexicains ne valent pas seulement pour leur cargaison matérielle. En elles, voyagent la solidarité, l’amitié» entre les deux pays.
Dans les rues de La Havane, les habitants expriment également leur reconnaissance. Marila Garcia, une habitante de 52 ans interrogée par l’AFP, a rappelé les liens historiques entre les deux nations : «Le Mexique a toujours été un pays solidaire de Cuba» et Claudia Sheinbaum «a été ferme dans ses déclarations de solidarité». Ce sentiment est partagé par une partie de la population qui voit en ce geste une bouffée d’oxygène.
Pour Eliécer Rodriguez, un pêcheur de 34 ans, cette aide revêt une dimension politique face au contexte international. Il a souligné que face aux pressions exercées par Washington, «le seul qui répond en ce moment, c’est le Mexique». Ces témoignages illustrent l’impact psychologique de l’assistance étrangère sur le moral des citoyens cubains.
La Russie et le Chili rejoignent l’élan de solidarité

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Le Mexique n’est pas le seul acteur international à se mobiliser. La Russie, allié historique de La Havane, prépare également un soutien énergétique. Selon le quotidien russe Izvestia, qui cite des sources diplomatiques, Moscou doit envoyer «bientôt» du pétrole à titre d’«aide humanitaire». Des diplomates de l’ambassade de Russie à Cuba, cités par le journal, ont confirmé : « À notre connaissance, la Russie doit fournir bientôt du pétrole et des produits pétroliers à Cuba à titre d’aide humanitaire ».
Du côté de l’Amérique du Sud, le Chili a également annoncé sa participation à l’effort international. Alberto van Klaveren, ministre des Affaires étrangères du gouvernement sortant du président de gauche Gabriel Boric, a déclaré qu’une «aide financière» serait débloquée. Son ministère a précisé ultérieurement que ces fonds, dont le montant n’a pas été divulgué, transiteraient par l’Unicef.
Le chef de la diplomatie chilienne a tenu à dissocier l’aspect humanitaire des considérations politiques. Lors d’une conférence de presse, il a affirmé : «Aujourd’hui, c’est une question d’intérêt humanitaire, au-delà des caractéristiques politiques que peut avoir son régime. Ce qui nous importe, c’est de répondre dans la mesure du possible aux besoins du peuple cubain». Cette approche multilatérale vise à contourner les blocages idéologiques pour atteindre directement la population.
Une économie asphyxiée et des mesures d’urgence

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L’île, qui compte 9,6 millions d’habitants, fait face à une crise économique profonde. La situation s’est considérablement dégradée suite à la suspension des livraisons de pétrole brut en provenance du Venezuela. Cet arrêt brutal est une conséquence directe de la capture par les forces américaines du président vénézuélien Nicolas Maduro, qui était un proche allié du gouvernement cubain et son principal fournisseur énergétique.
Face à cette pénurie, La Havane pointe du doigt la responsabilité du président américain Donald Trump, l’accusant de vouloir «asphyxier» l’économie locale. Pour faire face au manque de ressources, des mesures d’urgence drastiques sont en vigueur depuis lundi. Elles incluent le rationnement de l’essence, l’instauration de la semaine de quatre jours dans les administrations, le recours massif au télétravail ou encore le basculement des cours universitaires en distanciel.
Ces restrictions modifient profondément le fonctionnement quotidien de la société cubaine. L’administration et l’éducation doivent s’adapter dans l’urgence à une réalité où l’énergie est devenue une denrée rare, obligeant l’État à réduire la voilure sur l’ensemble de ses activités pour préserver l’essentiel.
Impact sanitaire et avertissements de l’ONU

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La crise énergétique a franchi les portes des établissements de santé, avec des conséquences directes sur la prise en charge des patients. La pénurie de carburant a contraint les autorités sanitaires à réduire les effectifs présents dans les hôpitaux. Plus inquiétant encore, les opérations chirurgicales jugées non essentielles ont dû être suspendues, le système de santé fonctionnant désormais en mode dégradé.
Cette situation alarmante a fait réagir la communauté internationale. Un groupe d’experts auprès de l’ONU, précisant ne pas parler au nom des Nations unies elles-mêmes, a émis une mise en garde sévère jeudi. Dans un communiqué, ils ont alerté : «Interférer dans les importations de combustible pourrait provoquer une grave crise humanitaire, avec des effets en chaîne sur les services essentiels».
L’étau énergétique imposé par Washington frappe une île déjà fragilisée par six années de crise économique sévère. Le pays cumule les difficultés : manque chronique de devises, forte inflation, pénuries généralisées et longues coupures d’électricité. Ces maux sont le résultat des effets conjugués du durcissement de l’embargo américain et des faiblesses structurelles inhérentes à l’économie centralisée cubaine.
Selon la source : tvanouvelles.ca
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