Fin du traité New Start : Washington exige un nouveau pacte incluant Pékin

Fin du traité New Start : Washington exige un nouveau pacte incluant Pékin credit : Thomas DiNanno, sous-secrétaire d'État américain, s'exprimant lors d'une conférence de presse à l'ON

Genève — Une ère de régulation nucléaire s’est achevée cette semaine. Avec l’expiration officielle du traité New Start, les États-Unis ont vivement critiqué vendredi, depuis le siège de l’ONU, un accord jugé obsolète et incomplet, plaidant pour une refonte totale de l’architecture de sécurité mondiale qui intègrerait désormais la Chine.

Washington pointe les « failles » de l’ancien accord

Le vide juridique est désormais acté. Au lendemain de l’expiration du dernier garde-fou nucléaire entre les deux superpuissances, l’administration américaine a justifié sa position par la voix de Thomas DiNanno. Présent à Genève pour la Conférence du désarmement, le sous-secrétaire d’État chargé du contrôle des armements a dressé un bilan sévère du traité de 2010.

Selon le haut diplomate, le texte souffrait de « lacunes » structurelles majeures. La critique principale de Washington reste inchangée : l’absence de la Chine dans les mécanismes de limitation des têtes nucléaires. Thomas DiNanno a rapporté les propos du président Donald Trump, affirmant que ce dernier avait réitéré, pas plus tard que jeudi soir, sa volonté de parvenir à un « meilleur accord ».

Le président Donald Trump lors d'une allocution officielle à la Maison-Blanche, expression sérieuse,

Crédit : The White House (Wikimedia)

« En bref, New START présentait des lacunes, notamment parce qu’il n’incluait pas la Chine », a martelé M. DiNanno devant la presse.

Pékin refuse de s’asseoir à la table des négociations

L’ambition américaine d’élargir le cercle des négociations se heurte toutefois à une fin de non-recevoir de la part de Pékin. La diplomatie chinoise estime que la comparaison des arsenaux ne justifie pas sa participation à ce stade.

Lin Jian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a clarifié la position de son pays, soulignant l’écart considérable entre les stocks de têtes nucléaires de Pékin et ceux des deux géants de la Guerre froide. « Les capacités nucléaires de la Chine sont à une échelle totalement différente », a-t-il déclaré, excluant toute participation immédiate à des pourparlers tripartites.

Si Moscou et Washington détiennent toujours près de 80 % de l’arsenal nucléaire mondial, les experts notent une modernisation et une augmentation rapide des capacités stratégiques chinoises, alimentant l’insistance américaine.

Le président russe Vladimir Poutine lors d'une réunion au Kremlin, en costume sombre.

Crédit : kremlin.ru (Wikimedia)

Un vide juridique inquiétant

Signé à Prague en 2010, le traité New Start limitait strictement les forces stratégiques déployées : 1 550 têtes nucléaires et 800 vecteurs (missiles et bombardiers) pour chaque partie. Cependant, le mécanisme de vérification, pierre angulaire du texte, était grippé depuis la suspension des inspections en 2023, sur fond de guerre en Ukraine.

La disparition de ce cadre légal a suscité une vive inquiétude internationale. Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, a qualifié cette échéance de « moment grave pour la paix et la sécurité internationales », pressant les deux capitales de trouver un terrain d’entente sans délai.

En Europe, la France a plaidé pour la mise en place d’un nouveau système international de maîtrise des armements, tandis que plusieurs chancelleries occidentales attribuent l’échec du renouvellement à la posture russe.

Vue générale de la salle de la Conférence du désarmement au Palais des Nations à Genève, ou symbole

credit : lemorning.ca (image IA)

Réactions politiques et promesses de retenue

Aux États-Unis, l’opposition démocrate s’inquiète de la disparition des dernières barrières de sécurité. Tout en se disant favorables à une modernisation des traités, les élus démocrates ont averti que l’absence d’accord contraignant exposait le pays à une montée des périls face à la force de frappe russe.

Du côté du Kremlin, bien que la Russie ait déclaré mercredi ne « plus être liée » par le traité, Vladimir Poutine a tenu à rassurer. Lors d’un échange avec son homologue chinois Xi Jinping, le président russe a promis que Moscou agirait de « manière réfléchie et responsable » dans ce nouvel environnement stratégique.

Face à l’incertitude, la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN), lauréate du prix Nobel de la paix, a exhorté les deux puissances à respecter volontairement les plafonds de l’ancien traité, le temps qu’un nouveau cadre diplomatique puisse émerger.

Selon la source : https://www.journaldemontreal.com

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