Troisième lien : le report de l’échéancier exacerbe les tensions dans la course à la chefferie de la CAQ

Troisième lien : le report de l’échéancier exacerbe les tensions dans la course à la chefferie de la CAQ credit : Christine Fréchette, candidate à la chefferie de la CAQ, s'adressant aux médias lors d'un point de p

La décision du ministre des Transports, Jonatan Julien, de repousser la présentation du tracé final et des coûts du troisième lien Québec-Lévis a provoqué, ce mardi, une onde de choc au sein de la Coalition Avenir Québec (CAQ). Ce report, justifié par l’absence de consensus entre les candidats à la succession de François Legault, cristallise les divisions entre les camps de Bernard Drainville et de Christine Fréchette.

Un calendrier bousculé par la course à la direction

Alors que le dévoilement des détails techniques du projet était attendu pour la fin février 2026, le ministre Jonatan Julien a confirmé lors d’une entrevue accordée au quotidien Le Soleil que cette échéance ne serait pas respectée. La raison invoquée est politique : le ministre estime qu’il est impossible de procéder tant qu’une vision commune n’a pas été arrêtée entre les aspirants au poste de chef du parti.

Cette déclaration a suscité de vives réactions parmi les élus de la région de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches, impatients de voir le dossier aboutir après plusieurs années d’études et de modifications. La députée de Bellechasse, Stéphanie Lachance, a qualifié ce report d’« irresponsable », pressant le ministre d’agir sans délai. De son côté, Kariane Bourassa, députée de Côte-de-Beaupré–Charlevoix, a exprimé son exaspération :

Jonatan Julien, ministre des Transports, répondant à des questions lors d'une entrevue ou d'un scier

credit : Crédit : Andrew Scheer (Wikimedia)

« Il en va de la crédibilité de notre parti politique et de notre gouvernement. On a joué dans le mauvais film de la tergiversation : c’est terminé. »

Drainville et Fréchette : deux stratégies opposées

L’enjeu du troisième lien est devenu le principal point de friction entre les deux favoris de la course à la chefferie. Bernard Drainville, député de Lévis, a saisi l’occasion pour critiquer ce qu’il qualifie d’« indécision » chez sa rivale, Christine Fréchette. M. Drainville plaide pour une exécution rapide du projet dans sa forme actuelle pour sécuriser les appuis sur la Rive-Sud.

À l’inverse, Christine Fréchette adopte une approche plus prudente. Bien qu’elle ait affirmé ne pas vouloir « laisser tomber » les citoyens de la région, l’ancienne ministre a indiqué vouloir mener des consultations avant de s’engager formellement sur une mouture spécifique. Cette position, perçue par certains militants comme une hésitation, vise potentiellement à rassurer un électorat plus large, alors que des sondages récents (Léger-Le Journal-TVA) suggèrent qu’elle disposerait d’une meilleure traction que son rival à l’échelle nationale.

Le défi de l’unité autour du « corridor central »

Le projet actuel, évalué à près de 11 milliards de dollars, mise sur un « corridor central » passant à l’ouest du centre-ville de Québec, dans l’axe de la raffinerie du chemin des Îles. Ce tracé, choisi principalement pour des raisons économiques, ne fait cependant pas l’unanimité, certains élus de la Rive-Sud préférant une option plus à l’est pour désengorger le pont Pierre-Laporte.

Vue aérienne générique ou conceptuelle du fleuve Saint-Laurent entre Québec et Lévis, montrant la de

credit : lemorning.ca (image IA)

Face à ces dissensions internes, le premier ministre François Legault a tenté de ramener l’ordre en déclarant : « On est tous pour le troisième lien, incluant les deux candidats ». Toutefois, avec des députés comme Luc Provençal (Beauce-Nord) appelant à éviter un affrontement Montréal-Québec, la question de la fluidité entre les deux rives reste un défi majeur pour l’unité du parti à l’aube d’une transition de leadership.

Selon la source : https://www.journaldequebec.com

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