Immigration au Québec : La fin du PEQ laisse un goût amer aux travailleurs qualifiés

Immigration au Québec : La fin du PEQ laisse un goût amer aux travailleurs qualifiés credit : Photo générique d'un groupe de travailleurs diversifiés (infirmière, ouvrier, employé de bureau) reg credit : lemorning.ca (image IA)

Montréal, le 4 février 2026 – La transition vers le nouveau modèle d’immigration québécois continue de faire des vagues. Huit mois après la suspension soudaine du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) pour les travailleurs, le constat est lourd pour des milliers de candidats : la promesse d’une voie rapide vers la résidence permanente s’est envolée.

Un changement de cap abrupt

Le 5 juin 2025 restera une date charnière pour l’immigration économique au Québec. Ce jour-là, le gouvernement suspendait la réception des demandes pour le volet « Travailleurs » du PEQ. Ce programme, longtemps phare de la stratégie d’intégration provinciale, offrait une certitude : les candidats qui travaillaient depuis deux ans sur le territoire et maîtrisaient le français obtenaient quasi automatiquement leur Certificat de sélection du Québec (CSQ).

L’annonce, survenue il y a près de huit mois, a laissé place en novembre dernier à la confirmation que cette fermeture était définitive. Le PEQ a été remplacé par le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), un système jugé plus agile par Québec, mais source d’incertitude pour les requérants.

Jean-François Roberge, ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration du Québec,

credit : Crédit : Tony Webster from Portland, Oregon, United States (Wikimedia)

La rupture du « contrat moral »

Pour de nombreux observateurs et candidats, cette réforme s’apparente à une rupture de contrat. Le parcours balisé proposé par le Québec était pourtant clair : venez travailler, apprenez la langue, intégrez-vous, et le Québec vous accueillera de façon permanente.

« C’était un contrat moral, simple et direct. Ils ont répondu à l’appel, se disant qu’un gouvernement a une parole et qu’il allait la tenir. »

Des milliers de travailleurs étrangers temporaires avaient organisé leur vie autour de cette promesse. Ils ont investi temps et argent pour apprendre le français et s’enraciner dans leurs communautés. Or, ceux qui s’apprêtaient à déposer leur dossier en juin 2025 se sont retrouvés devant une porte close, leurs efforts ne garantissant plus l’accès au sésame tant convoité.

Le PSTQ : de la garantie à la loterie ?

Le nouveau PSTQ fonctionne sur un système d’invitations via la plateforme Arrima, basé sur un pointage et les besoins spécifiques du marché. Contrairement au PEQ, qui était une voie d’accès directe une fois les critères remplis, le PSTQ ne garantit pas de sélection, même pour un candidat qualifié et francophone.

Gros plan sur des mains remplissant un formulaire officiel d'immigration ou tenant un passeport avec

credit : lemorning.ca (image IA)

Ce changement de paradigme touche de plein fouet des secteurs névralgiques. Parmi les candidats laissés en plan, on retrouve :

  • Des infirmières et personnel de la santé;
  • Des éducatrices;
  • Des mécaniciens et ouvriers spécialisés.

Ces travailleurs essentiels, qui respectaient scrupuleusement les règles du jeu établies lors de leur arrivée, doivent désormais espérer être « piochés » dans le bassin de candidats du nouveau programme.

Une question de crédibilité

Au-delà des aspects techniques et administratifs, c’est la question de la prévisibilité et de la crédibilité de l’État québécois qui est soulevée. En modifiant les règles du jeu en cours de route sans clause grand-père pour ceux qui étaient déjà éligibles ou presque, Québec envoie un signal contradictoire à l’international.

Image conceptuelle montrant un dossier marqué 'PSTQ' remplaçant un dossier 'PEQ' sur un bureau admin

credit : lemorning.ca (image IA)

Alors que la compétition mondiale pour attirer les talents fait rage, la fiabilité des programmes d’immigration est un atout majeur. La fermeture sans transition du PEQ pourrait, à terme, peser dans la balance pour les futurs candidats à l’immigration qui hésiteront peut-être à investir leur avenir sur la base de politiques susceptibles de changer inopinément.

Selon la source : https://www.journaldemontreal.com

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