La tempête Kristi Noem : quand les rangs républicains se fissurent après le drame de Minneapolis

La tempête Kristi Noem : quand les rangs républicains se fissurent après le drame de Minneapolis credit : lemorning.ca (image IA)

Une fracture au sein du parti

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Ça fait tout juste trois jours. Trois jours depuis la mort tragique de cet Américain à Minneapolis, tué par des agents fédéraux, et l’atmosphère à Washington est, disons… électrique. On sent que quelque chose est en train de changer. Ce n’est pas tous les jours qu’on voit des sénateurs républicains, habituellement si soudés, briser les rangs pour s’attaquer à l’une des leurs.

Mais là, c’est arrivé. Deux sénateurs du « Grand Old Party » estiment désormais que Kristi Noem, la secrétaire à la Sécurité intérieure, doit faire ses valises. C’est du jamais vu, ou presque. Alors que les démocrates réclament sa tête depuis un moment – menaçant même d’une procédure de destitution, on y reviendra –, voilà que Lisa Murkowski et Thom Tillis disent tout haut ce que d’autres pensent peut-être tout bas : elle doit partir.

Pourtant, Donald Trump, fidèle à lui-même, ne l’entend pas de cette oreille. Plus tôt dans la journée, il vantait encore le travail de Mme Noem. Pour lui, elle incarne cette ligne dure sur l’immigration qu’il chérit tant. C’est une alliée loyale, peut-être l’une des plus fidèles. Mais la loyauté suffit-elle quand la situation dérape à ce point ?

Des critiques acerbes et un soutien présidentiel inébranlable

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Il faut entendre les mots choisis par le sénateur Tillis. Quand un journaliste lui a demandé mardi s’il avait encore confiance en elle, sa réponse a cinglé comme un coup de fouet : « Non, pas du tout ». Il pense qu’elle devrait partir. C’est un jugement sans appel, vous ne trouvez pas ?

Il a même ajouté : « Ce qu’elle a fait au Minnesota devrait la disqualifier. Elle devrait se retrouver sans emploi. […] C’est tout simplement amateur. C’est terrible ». Aïe. Selon lui, ça fait mal paraître le président sur une politique qui lui a pourtant fait gagner l’élection. Il souligne que personne ne parle de sécurité aux frontières en ce moment ; tout le monde parle de l’incompétence de celle qui dirige le département.

Lisa Murkowski, la sénatrice de l’Alaska, n’est pas en reste. On la sait souvent en désaccord avec Trump, mais là, elle est claire : « Oui, elle devrait partir ». Elle a déclaré à CNN qu’elle ne lui accorderait pas son appui de nouveau. John Curtis, de l’Utah, a lui aussi exprimé son désaccord sur le réseau social X, critiquant une réaction « prématurée » qui a ébranlé la confiance du public.

Mais, et c’est là tout le paradoxe, Donald Trump continue de la soutenir. Interrogé mardi, il a balayé l’idée d’un départ : « Je pense qu’elle fait du très bon boulot. La frontière est totalement sécuritaire ». Karoline Leavitt, de la Maison-Blanche, a assuré qu’elle conservait l’entière confiance du président. Il faut dire que la congédier serait un sacré revers politique pour lui. D’ailleurs, selon le New York Times, lors d’une rencontre de deux heures lundi soir, Trump n’a pas indiqué que son poste était en danger.

Le drame d’Alex Pretti : quand la version officielle ne colle pas

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Parlons de ce qui a mis le feu aux poudres. Tout tourne autour de la mort d’Alex Pretti, cet infirmier de 37 ans abattu samedi dernier. C’est une histoire tragique, et franchement, les détails font froid dans le dos. Kristi Noem et Greg Bovino, un haut responsable, n’ont pas tardé à pointer du doigt la victime, associant ses actions à du « terrorisme domestique ».

Imaginez un peu : dans les heures suivant le drame, avant même qu’une enquête sérieuse ne soit bouclée, Noem affirmait – sans preuve, il faut le noter – qu’il s’était approché des agents, avait brandi une arme et résisté violemment. Elle a soutenu qu’il avait l’intention de tuer et que c’était de la légitime défense.

Sauf que… il y a les vidéos. Ah, les vidéos ! Prises par des témoins et analysées par les médias, elles racontent une tout autre histoire. On y voit Alex Pretti, tenant un téléphone (pas une arme !), se faire asperger de gaz poivré, plaquer au sol, rouer de coups et désarmer par un agent. Et c’est ensuite, alors qu’il semblait maîtrisé, qu’il a été abattu. On ne le voit pas sortir son arme, qu’il détenait pourtant légalement. C’est troublant, non ? C’est le deuxième Américain tué en deux semaines lors d’opérations de l’ICE au Minnesota.

L’offensive démocrate et le personnage controversé de « ICE Barbie »

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Pendant ce temps, les démocrates ne comptent pas rester les bras croisés. Hakeem Jeffries, le chef de la minorité, a lancé un ultimatum : « Nous pouvons le faire de manière douce ou de manière forte ». Si Trump ne la vire pas, ils lanceront une procédure de destitution. Il l’a qualifiée de « menteuse compulsive, abjecte et corrompue ». Les mots sont durs.

Et ça prend de l’ampleur. Selon le Washington Post, plus de 155 démocrates appuient désormais la résolution de mise en accusation. Les charges ? Violation de la confiance du public, entrave au Congrès, corruption, et violation des premier et quatrième amendements de la Constitution. Ils citent des arrestations massives sans mandat et de la violence contre des citoyens.

Mais au-delà de la politique, c’est le personnage de Kristi Noem qui fascine et agace. Ses détracteurs la surnomment « ICE Barbie ». Pourquoi ? Parce qu’elle semble toujours se mettre en scène. On la voit, toujours très maquillée et coiffée, piloter un avion, monter à cheval devant le mont Rushmore, ou poser avec une arme.

Elle a même tenu une conférence de presse dans la prison salvadorienne CECOT, avec des prisonniers en arrière-plan… une mise en scène qui a fait grincer des dents. Et n’oublions pas cette histoire qui avait fait scandale : dans ses mémoires, elle racontait avoir abattu sa propre chienne parce qu’elle était « indomptable ». Elle voyait ça comme une preuve de force ; beaucoup y ont vu de la cruauté.

Aujourd’hui, même le syndicat d’Alex Pretti (l’American Federation of Government Employees) réclame son départ, tout comme celui de Stephen Miller, l’architecte de cette politique migratoire. La pression est immense. Reste à voir si le barrage tiendra.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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