Négociations à Abou Dhabi : Une lueur d’espoir au cœur de l’hiver ?
Mathieu Gagnon - 2026-01-24 11:07
credit : lemorning.ca (image IA)
Reprise du dialogue dans le désert

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C’est un étrange ballet diplomatique qui se joue ce samedi, loin, très loin du froid mordant de l’Europe de l’Est. Imaginez la scène : nous sommes à Abou Dhabi, sous le soleil, où des négociateurs russes, ukrainiens et américains ont repris leurs discussions. C’est du jamais-vu sous ce format précis. On parle tout de même d’essayer de mettre un terme à quatre longues années de guerre en Ukraine. Mais ne nous emballons pas trop vite, car il y a un obstacle majeur, un véritable mur : l’épineuse question du Donbass.
Le Kremlin, fidèle à sa ligne dure, n’y est pas allé par quatre chemins en annonçant des pourparlers difficiles. En préambule, Moscou exige tout simplement que Kiev retire ses forces des territoires industriels et miniers de l’est de l’Ukraine, qui sont d’ailleurs déjà en grande partie sous contrôle russe. C’est un peu le point de blocage habituel, non ? De son côté, le négociateur en chef ukrainien, Roustem Oumerov, a expliqué que les premiers entretiens de vendredi visaient à définir les paramètres pour finir cette guerre menée par la Russie. Il parle d’une « suite logique » vers une paix qu’il espère digne et durable.
Ces discussions marquent tout de même un tournant : ce sont les premières négociations directes connues entre Moscou et Kiev concernant le plan américain de règlement du conflit. Un conflit qui, rappelons-le avec gravité, a causé des dizaines de milliers de morts depuis 2022.
Entre diplomatie feutrée et réalité glaciale

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Pendant qu’on discute dans les salons feutrés, la réalité sur le terrain est, disons-le, terrifiante. Le contexte est terriblement difficile pour l’Ukraine. Son réseau énergétique ? Sévèrement mis à mal, pour ne pas dire en lambeaux, par une série de frappes russes. Résultat : des coupures d’électricité et de chauffage massives alors que le thermomètre affiche des températures glaciales. On parle de moins de -10 °C. Vous imaginez vivre ça sans chauffage ?
La nuit de vendredi à samedi n’a laissé aucun répit. D’intenses bombardements ont secoué la capitale, Kiev, faisant au moins un mort et quatre blessés. Le maire, Vitali Klitschko, a confirmé que ces attaques perturbent encore l’approvisionnement en eau et en chauffage. Et ce n’est pas tout… L’attaque a aussi fait quatre blessés supplémentaires en périphérie de la ville. Plus à l’est, la ville de Kharkiv a été la cible d’une nuée de 25 drones russes, blessant 19 personnes. C’est un bilan lourd, très lourd.
Sur le front militaire, la situation n’est guère plus reluisante. Les troupes ukrainiennes sont sur le recul, et ce, depuis près de deux ans maintenant. Elles font face à un adversaire plus nombreux, mieux armé… C’est une lutte inégale où Kiev dépend presque entièrement du soutien financier et militaire occidental, qui semble parfois s’essouffler.
Les acteurs clés et l’ultimatum russe

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Revenons à la table des négociations, car le casting est pour le moins… intéressant. Côté russe, la délégation est menée par un poids lourd : le général Igor Kostioukov. Ce n’est pas n’importe qui, c’est le patron du renseignement militaire, le GRU. Washington, de son côté, a envoyé ses émissaires spéciaux Steve Witkoff et Jared Kushner – oui, le gendre de Donald Trump est bien de la partie.
Face à cette configuration, le président ukrainien Volodymyr Zelensky reste prudent. « Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions », a-t-il déclaré après les discussions de vendredi, précisant qu’il attendait les résultats de samedi. Il assure être tenu informé presque heure par heure. Mais il a aussi souligné une évidence : il ne suffit pas que l’Ukraine veuille la paix et la sécurité totale, il faut qu’une volonté similaire émerge en Russie. Est-ce le cas ? J’en doute parfois.
Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a d’ailleurs lancé un avertissement vendredi qui sonne comme un ultimatum : « Les forces armées ukrainiennes doivent quitter le Donbass, elles doivent s’en retirer ». Il a ajouté que sans règlement de cette question territoriale, il est inutile d’espérer un accord à long terme. L’ambiance est posée. Cette réunion fait suite à deux rencontres de haut niveau : l’une à Davos entre Zelensky et Trump, et l’autre à Moscou – tenez-vous bien – entre Vladimir Poutine et le duo américain Witkoff-Kushner, le 22 janvier 2025 (oups, 2026 selon la légende photo, les dates se bousculent un peu avec ces événements).
L’Europe sur la touche et l’ombre de Trump

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Il y a un grand absent dans cette histoire, vous ne trouvez pas ? L’Europe. Les nouvelles discussions de cette semaine se tiennent loin du vieux continent et sans la participation des pays de l’UE. Pourquoi ? Eh bien, il semblerait que les Européens craignent que Washington ne pousse Kiev à accepter un accord un peu trop favorable à Moscou. La Russie, elle, ne se prive pas de critiquer l’ingérence européenne habituelle.
C’est un sujet sensible. D’ailleurs, des négociations directes avaient déjà eu lieu en 2022, puis à plusieurs reprises en 2025 à Istanbul, mais elles n’avaient abouti qu’à des échanges de prisonniers et de corps. Pas de quoi crier victoire.
À Davos, vendredi, M. Zelensky a tenu un discours très dur, peut-être même amer, envers ses soutiens. Il a dit voir une Europe « fragmentée » et « perdue » quand il s’agit d’influencer Donald Trump, et manquant de volonté face à Poutine. En marge du Forum économique mondial, il a tout de même pu s’entretenir brièvement avec M. Trump. Il assure avoir obtenu un accord sur des garanties de sécurité pour l’Ukraine. Mais attention, tout cela doit encore être finalisé par les deux dirigeants et les Parlements des deux pays. Rien n’est encore joué, loin de là.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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