Au Minnesota, la police de l’immigration serre la vis : même les Autochtones ne sont plus à l’abri
Adam David - 2026-01-23 10:22
credit : lemorning.ca (image IA)
Climat de peur à Minneapolis

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On se croirait dans un mauvais film, mais c’est bien la réalité qui frappe le Midwest américain en ce début d’année 2026. Minneapolis, le 15 janvier… des manifestants font face, le regard dur, aux agents fédéraux devant l’imposant bâtiment Bishop Henry Whipple. L’ambiance ? Glaciale, et pas seulement à cause de l’hiver. Les communautés autochtones sont littéralement sur le pied de guerre, prêtes à bondir pour aider les leurs, car l’ICE — la fameuse police fédérale de l’immigration — ne fait plus vraiment dans la dentelle.
C’est assez flou, pour être honnête, de savoir combien de gens ont été embarqués. Les fédéraux sont muets comme des tombes, ils ne lâchent aucune info. C’est ce que déplore Nick Estes. C’est un gars de la tribu sioux de Lower Brule, aussi prof agrégé d’études autochtones à l’Université du Minnesota. Il explique que c’est le chaos total sur les réseaux sociaux. On entend tout et son contraire, difficile de démêler le vrai du faux. Mais une chose est sûre pour lui : l’ICE a clairement dans le collimateur le quartier de Little Earth. C’est dans le sud de la ville, un vrai carrefour pour les Autochtones urbains.
D’ailleurs, M. Estes ne reste pas les bras croisés. Il participe activement à des patrouilles citoyennes. C’est une initiative de l’American Indian Movement, une organisation qui a de la bouteille — fondée en 1968 pour les droits civiques. L’idée ? Montrer qu’ils n’ont pas peur, mais surtout… prévenir les voisins quand les agents débarquent. Parfois, leur simple présence suffit à calmer le jeu, mais quand ça dérape, ils sortent les téléphones pour documenter. Parce que oui, ça dérape.
Arrestations arbitraires et lourde ironie historique

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Ces dernières semaines, les témoignages s’accumulent et se ressemblent tristement. Des Autochtones se font arrêter sans raison, juste parce qu’ils… eh bien, parce qu’ils ne « font » pas blancs, comme le souligne amèrement M. Estes. Prenez l’histoire de Sophie Watso. C’est la cousine de Xavier Watso, l’influenceur abénaki d’Odanak que vous connaissez peut-être. Sophie, elle, est citoyenne américaine, membre de la communauté Shakopee Mdewakanton Sioux au Minnesota. Ça ne l’a pas empêchée de se faire cueillir le 14 janvier.
Xavier a partagé une vidéo et des photos sur Facebook, ça fait froid dans le dos. Elle a fini par être relâchée après quelques jours passés au fameux bâtiment fédéral B.H. Whipple, à Fort Snelling, juste en périphérie de Minneapolis. Et là… accrochez-vous, parce que l’histoire a un sens de l’ironie absolument macabre. Ce bâtiment ? Il est construit sur le site même d’un ancien fort militaire, près duquel se trouvait un camp de concentration en 1862.
À l’époque, durant la guerre entre les Dakota et l’armée américaine, le gouvernement y a entassé plus de 1600 membres de la Nation dakota. Des femmes, des enfants, des gens qui ne se battaient même pas. La Société d’histoire du Minnesota rappelle qu’entre 130 et 300 d’entre eux sont morts cet hiver-là (1862-1863), emportés par la rougeole et la misère. Et aujourd’hui, c’est le QG de l’ICE. On ne s’invente pas des symboles pareils.
Confusion politique, vitres brisées et gaz poivre

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C’est la pagaille, franchement. Au début janvier, on a entendu dire que trois membres de la Tribu oglala sioux du Dakota du Sud avaient été arrêtés. Frank Star Comes Out, le président de la tribu, a d’abord confirmé le truc, en ajoutant même que les fédéraux essayaient de négocier un accord d’immigration avec eux. Et puis… volte-face. Il est revenu sur ses propos en disant qu’on l’avait mal compris. Bizarre, non ? Il faut dire que l’administration Trump met une pression d’enfer un peu partout pour signer ces fameux accords 287(g), qui permettent aux policiers locaux de jouer aux agents d’immigration.
Pendant ce temps, sur le terrain, c’est violent. Jose Roberto Ramirez, de la Nation ojibwe de Red Lake, raconte s’être fait rudoyer par l’ICE au début de l’année. Les vidéos qui tournent en ligne montrent des agents en tenue de camouflage militaire, visages masqués… on dirait une zone de guerre. Ils arrêtent les gens sans mandat. On les voit briser des vitres de voitures pour extirper les conducteurs de force, comme dans la vidéo de l’amie de Sophie Watso. Et si vous essayez de vous interposer ? C’est gaz lacrymogène et poivre de Cayenne direct.
Le département de la Sécurité intérieure (DHS), eux, ils nient en bloc, évidemment. Ils disent que ce sont leurs agents les victimes et qu’ils ne font pas de profilage racial, juste des arrestations basées sur des « soupçons raisonnables ». Ben voyons. Nick Estes n’y croit pas une seconde : il affirme que les militants sont spécifiquement ciblés. Les agents notent les plaques, vérifient les bases de données et suivent les gens jusque chez eux. Une atteinte directe à la liberté d’expression.
Conclusion : Se protéger face à l’inévitable

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Face à ça, les communautés s’organisent comme elles peuvent. Au Michigan, une demi-douzaine de tribus ont sorti des avis de mise en garde. Austin Lowes, le chef de la Tribu chippewa de Sault Ste. Marie, a publiquement condamné ces méthodes agressives qui sèment la panique. La communauté de Bay Mills a même publié un mode d’emploi : ayez votre carte tribale à jour, mais prenez aussi un passeport, on ne sait jamais. La Nation oneida a carrément dit que l’ICE n’était pas la bienvenue chez elle.
Rappelons quand même que les Autochtones ont la pleine citoyenneté américaine depuis l’Indian Citizenship Act de 1924. Ça devrait suffire, non ? Mais la tribu conseille de rester calme face aux pratiques « épouvantables » des agents. Des sessions d’info sont organisées, et des points de service ont ouvert à Minneapolis pour refaire les papiers d’identité. Mais pour Nick Estes, c’est un peu un coup d’épée dans l’eau : « ICE n’en a rien à cirer », dit-il crûment. Selon lui, croire que la police locale ou fédérale va respecter vos droits constitutionnels, c’est un mythe.
Le Fonds pour les droits des Autochtones (NARF) recommande d’avoir un plan de sécurité et de demander un avocat immédiatement. La peur est partout, elle s’infiltre dans chaque aspect de la vie. C’est pour ça que tout le voisinage de M. Estes a rejoint la patrouille. Pas par choix, par nécessité. La colère gronde aussi : des syndicats et commerces locaux appellent à une grève générale ce vendredi, en réponse à l’assassinat de Renee Good, abattue par un agent le 7 janvier. Une tragédie de plus dans un climat déjà irrespirable.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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