Qui tient vraiment les rênes de l’Arctique ? Forces en présence et enjeux cachés

Qui tient vraiment les rênes de l’Arctique ? Forces en présence et enjeux cachés credit : lemorning.ca (image IA)

Un désert de glace… pas si désert que ça

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On a souvent cette image d’Épinal de l’Arctique : un grand vide blanc, silencieux, où seuls quelques ours polaires se baladent. Pourtant, détrompez-vous, c’est devenu une véritable fourmilière stratégique depuis quelques décennies. C’est immense, on parle d’une superficie totale de 21 millions de km² – terres et eaux comprises –, ce qui représente tout de même plus de deux fois la taille des États-Unis. Rien que ça !

Huit nations se partagent ce gâteau glacé : le Canada, l’Islande, le Danemark, la Russie, les États-Unis, la Norvège, la Suède et la Finlande. Si la militarisation de la zone a commencé doucement après la Seconde Guerre mondiale – on craignait les invasions et les attaques nucléaires venues du nord –, les choses se sont sérieusement accélérées ces dix dernières années. Pourquoi maintenant ? Eh bien, c’est triste à dire, mais le malheur des uns fait le bonheur des autres : la fonte des glaces.

Avec les changements climatiques, naviguer toute l’année dans le fameux passage du Nord-Ouest (qui longe l’Alaska, le Canada et le Groenland) ou la route maritime du nord (côté Russie et Norvège) va devenir possible. Cela ouvre la porte aux richesses minières et pétrolières qui dormaient là, inaccessibles. Ajoutez à cela les ambitions de la Russie en Europe et, plus récemment, l’intérêt des États-Unis pour le Groenland, et vous comprenez pourquoi tout le monde veut marquer son territoire.

Le paradoxe canadien : immense territoire, petite présence

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Parlons de nous, le Canada. On est au cœur du sujet puisque le pays occupe près de 40 % de l’Arctique et possède 70 % de son littoral. C’est gigantesque. Pourtant, quand on regarde les chiffres, on a l’impression d’être un peu… légers face aux voisins. Ce n’est pas franchement rassurant par les temps qui courent, si vous voulez mon avis.

Actuellement, nous avons huit bases militaires actives là-haut. La plus grosse est à Yellowknife, mais on trouve aussi des installations à Whitehorse, Iqaluit, Inuvik et quelques autres points. Il y a bien la base d’Alert, tout au bout de l’île d’Ellesmere – c’est la base la plus au nord du monde, tenez-vous bien –, mais personne n’y vit à l’année, même s’il y a environ 55 personnes en permanence.

Côté mer, c’est un peu le même constat. La Garde côtière canadienne fait ce qu’elle peut, mais son quartier général pour le Nord est à… Yellowknife. Loin des côtes, donc. Elle emploie une centaine de personnes à temps plein pour surveiller 162 000 kilomètres de côtes. Ça fait beaucoup de kilomètres par personne, non ? Heureusement, on peut compter sur les Rangers canadiens. C’est une force de réserve créée en 1947 qui compte 5000 membres. Ils font un travail formidable de patrouille dans plus de 200 communautés éloignées. On a aussi 47 sites radars du Système d’alerte du Nord reliés au NORAD, mais ils sont sans personnel permanent. Ah, et j’allais oublier : le seul port en eau profonde relié au train est à Churchill, au Manitoba.

Chez nos voisins : Le Groenland sous influence et l’Alaska armé

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Jetons un œil de l’autre côté. Le Groenland, ce territoire danois autonome de 2,17 millions de km², ne compte que trois bases. La plus importante, c’est Pituffik (l’ancienne Thule). C’est une base aérienne américaine avec un port en eau profonde – pris dans les glaces neuf mois par an, certes – et un aérodrome toujours opérationnel. Il y a aussi quelques petites installations à Nuuk et dans le sud gérées par les Danois.

Mais ce qu’il faut savoir, c’est qu’un traité de 1951 donne quasiment carte blanche aux États-Unis. Sur le papier, le Danemark est souverain, mais en réalité, les Américains peuvent y maintenir une présence militaire illimitée. D’ailleurs, pendant la guerre froide, ils avaient 13 bases là-bas !

Quant aux États-Unis eux-mêmes, via l’Alaska, ils ne rigolent pas. Ils ont au moins dix installations militaires. On y trouve des avions de chasse F-35 et F-22, rien que ça. La base de Fort Greely est équipée de batteries de missiles intercepteurs, prêts à abattre tout ce qui viendrait de Russie ou de Corée du Nord. Sans compter leurs sous-marins nucléaires qui patrouillent toute l’année sous la glace.

Les poids lourds : L’omniprésence russe et la vigilance norvégienne

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S’il y a un acteur qui ne dort pas, c’est bien la Russie. C’est sans conteste le plus actif de la bande. On estime qu’ils ont entre 30 et 40 installations militaires opérationnelles dans le nord. C’est dispersé un peu partout, jusqu’à l’extrême est, juste à côté de l’Alaska, imaginez un peu la proximité.

Le gros des troupes russes est concentré sur la péninsule de Kola, près de la Norvège et de la Finlande, le long de la mer de Barents. Certains experts disent que la puissance de feu amassée là-bas est supérieure à n’importe quel autre endroit sur Terre. Ils ont au moins trois bases aériennes avec chasseurs et transport, et surtout la flotte du nord basée à Mourmansk : navires de surface, sous-marins nucléaires, brise-glaces… c’est du lourd.

Face à ça, la Norvège joue la carte de la prudence. Membre de l’OTAN, elle partage une frontière terrestre avec l’ours russe. Sa philosophie ? Si elle ne montre pas les muscles, Moscou prendra la place. Résultat : sur son petit territoire arctique, la Norvège a casé 15 installations militaires. C’est dense ! Elle gère aussi l’archipel du Svalbard, mais là, c’est particulier : un traité de 1920 oblige ces îles à rester démilitarisées. Une petite bulle de paix dans un océan de stratégies militaires.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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