Des zones d’ombre financières planent sur le Centre de pédiatrie sociale de Sainte-Agathe

Des zones d’ombre financières planent sur le Centre de pédiatrie sociale de Sainte-Agathe credit : lemorning.ca (image IA)

Une crise de confiance inattendue

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C’est une nouvelle qui fait mal au cœur, surtout quand on pense aux enfants qui comptent sur ces services. On apprend qu’un véritable vent de panique a soufflé l’automne dernier sur le Centre de pédiatrie sociale Cœur des Laurentides, situé à Sainte-Agathe-des-Monts. Il semble que l’organisme a frôlé la catastrophe, allant presque jusqu’à devoir suspendre ses activités. La raison ? Des coffres vides, tout simplement, pas assez de fonds pour payer les employés.

Mais ce n’est pas tout. Selon ce que rapporte Radio-Canada, le nœud du problème viendrait de ce qu’on appelle pudiquement des « irrégularités comptables ». C’est Pascal Martel, qui porte la double casquette de président et trésorier de la Fondation Dr Julien, mais qui est aussi associé directeur en fiscalité chez KPMG au Québec, qui a confirmé ces faits troublants. Il a pris la relève du Dr Gilles Julien il y a quelques années et, croyez-moi, il ne mâche pas ses mots sur la gravité de la situation.

M. Martel explique que c’était critique, vraiment critique. Il y avait des problèmes de fonds de roulement majeurs pour assurer les services ne serait-ce que pour le mois ou les deux mois suivants. Pour éviter le naufrage immédiat, la Fondation Dr Julien a dû mettre la main à la poche. Ils ont décidé de leur avancer des fonds — on parle ici de quelques dizaines de milliers de dollars — avec une entente de remboursement éventuelle. C’est un sauvetage d’urgence, ni plus ni moins.

La prudence des donateurs : on laisse retomber la poussière

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Face à ce genre de nouvelles, la réaction du milieu ne s’est pas fait attendre. Les donateurs, ces gens et organismes généreux qui font vivre le centre, sont pour le moins préoccupés. Les irrégularités auraient été découvertes à l’automne 2025 par les administrateurs du centre eux-mêmes. Pourtant, aucune communication publique n’a été faite à ce jour. Ghyslain Valade, le président du conseil d’administration du Centre, reste très discret. Il invoque des obligations de confidentialité strictes, tant pour la gestion interne que pour le personnel, mais assure que les mesures nécessaires ont été prises pour maintenir les services normalement.

Cependant, l’argent, c’est le nerf de la guerre, et le robinet commence à se fermer. Prenons le cas de la Fondation médicale des Laurentides et des Pays-d’en-Haut, un géant de la philanthropie locale qui recueille environ 2,5 millions de dollars par an et qui a distribué plus de 14 millions depuis les années 90. Son directeur général, Daniel Desjardins, a rencontré la direction du Centre en octobre 2025. Même s’il salue leur honnêteté de l’avoir informé, il a dû prendre des décisions difficiles.

M. Desjardins explique, et les chiffres sont importants ici, qu’ils ont versé à ce jour environ 420 000 $ au Centre. Cela a servi à payer des équipements, à acheter leur maison, ou encore des instruments de musique. Le dernier montant accordé était de 90 000 $ pour un projet d’orthophoniste. Sur cette somme, 60 000 $ ont déjà été versés. Mais pour les 30 000 $ restants qui devaient être envoyés prochainement ? Stop. Le C.A. de la Fondation a décidé de faire une pause, de « laisser la poussière retomber » et d’attendre une mise à jour.

Même son de cloche du côté de la MRC des Laurentides. Sa directrice générale, Nancy Pelletier, est catégorique : ils auraient aimé plus de transparence. L’an dernier, la MRC avait donné 5000 $ via son Fonds sociocommunautaire. Maintenant ? Ils attendent l’assurance d’une gouvernance efficiente avant de redonner un sou. Ils préfèrent financer des organismes sportifs pour aider les jeunes de manière anonyme en attendant. À la ville de Sainte-Agathe-des-Monts aussi, on s’interroge. Un tournoi de golf avait permis d’amasser plus de 15 000 $ en septembre 2025. Simon Lafrenière, le directeur de la ville, indique qu’en ce début d’année, sans nouvelles informations, ils documentent la situation pour s’assurer de maintenir des mécanismes de reddition de compte stricts si l’événement devait se refaire.

Contexte, aide gouvernementale et l’ombre du fisc

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Il faut se rappeler que ce centre, fondé en 2018, joue un rôle crucial. C’est l’un des 45 centres accrédités par la Fondation Dr Julien au Québec. Il aide les enfants de 0 à 16 ans en situation de vulnérabilité sur le territoire de la MRC des Laurentides. L’équipe compte une douzaine de personnes, dont plusieurs professionnelles de la santé, et soutient une centaine d’enfants annuellement avec du soutien à l’éducation et des fournitures scolaires.

Ces dernières années, la Fondation Dr Julien distribuait en moyenne un peu plus de 300 000 $ par année à chaque centre pour le fonctionnement. M. Martel précise d’ailleurs que pour débloquer les fonds confiés par le gouvernement — Québec avait annoncé en juin 2023 un engagement massif de 57,5 millions de dollars jusqu’en 2026-2027 — il faut montrer patte blanche, incluant des états financiers vérifiés. Au total, ce réseau rejoint près de 12 000 enfants et leurs familles.

Mais, et c’est là que le bât blesse encore plus, une autre tuile pourrait tomber sur la tête de l’organisme. Radio-Canada a appris que le Centre risque de perdre son statut d’organisme de bienfaisance auprès de l’Agence du revenu du Canada (ARC). C’est sérieux. Une porte-parole, Déborah Cléry, confirme que le Centre est en retard pour produire son rapport annuel (le formulaire T3010) qui était dû le 30 septembre 2025 pour l’exercice fini le 31 mars.

Si ce rapport n’est pas reçu complet dans les six mois suivant la fin de l’exercice, l’ARC enverra un avis T2051A. En langage clair : c’est un avis d’intention de révoquer l’enregistrement. Si cela arrive, ils ne pourront plus émettre de reçus pour crédits d’impôt, ce qui ferait fuir encore plus les donateurs. Le président du C.A. du centre n’a pas voulu commenter cette menace précise. Pour l’instant, le dernier rapport disponible sur le site de l’ARC montre un revenu total bien maigre de 74 000 $ pour 2023-2024, et aucun détail financier n’est affiché sur le site du Centre. Une situation à suivre de très, très près.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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