Alerte à Sainte-Catherine : l’usine Terrapure et la Ville sous pression
Simon Kabbaj - 2026-01-21 11:42
credit : lemorning.ca (image IA)
Une mobilisation d’urgence face aux risques

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C’est un véritable branle-bas de combat qui s’organise sur la Rive-Sud de Montréal. La Ville de Sainte-Catherine a décidé de ne pas rester les bras croisés après la diffusion d’un reportage percutant de Radio-Canada concernant l’usine Terrapure. L’administration municipale réclame une rencontre d’urgence avec les plus hautes instances gouvernementales. Pourquoi cette soudaine montée de boucliers ? Tout simplement parce que la Municipalité veut faire toute la lumière sur la situation environnementale et sanitaire qui prévaut autour de cette entreprise.
Dans un communiqué émis mardi en fin de journée, la Ville exprime clairement sa volonté de répondre aux inquiétudes grandissantes des citoyens et, franchement, de l’administration elle-même. Ce qui ressort des révélations est assez troublant : on parle d’une surexposition au plomb chez les travailleurs de l’usine. Face à cela, la Ville cherche des réponses claires et rapides.
Des chiffres alarmants sur la santé des travailleurs

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Les données qui circulent ont de quoi faire frémir. Imaginez un peu : selon les informations relayées, la santé publique de la Montérégie a recensé plus de 1800 cas d’exposition au plomb dépassant les seuils de maladies à déclaration obligatoire entre 2013 et 2022, et ce, uniquement à l’usine de Terrapure. Pour vous donner une idée de l’ampleur du problème, cette seule entreprise a enregistré le tiers de tous les cas du Québec sur cette même période. C’est énorme.
Un rapport de la santé publique datant de 2024 qualifie la situation de « préoccupante ». Et pour cause, la majorité des travailleurs concernés ont été exposés à des taux de plomb dans le sang pouvant atteindre jusqu’à sept fois le seuil acceptable. Devant de tels constats, on comprend les questionnements légitimes de la population. De son côté, Terrapure assure avoir mis la main à la poche, affirmant avoir investi environ 1,5 million de dollars depuis janvier 2024 pour améliorer l’environnement de travail. Cependant, la santé publique a refusé de fournir des données plus récentes à ce sujet.
La riposte politique et les contradictions apparentes

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Le maire de Sainte-Catherine, Sylvain Bouchard, semble décidé à secouer le cocotier. Il convoque à une même table un éventail impressionnant d’organismes : les ministères de l’Environnement du Canada et du Québec, la Direction de la santé publique de la Montérégie, la Sécurité civile, la Communauté métropolitaine de Montréal et la MRC de Roussillon. Son but ? Obtenir l’ensemble de l’information disponible et déterminer les mesures pour protéger ses citoyens. C’est une démarche logique, je suppose, quand on gère une crise.
Pourtant, le message de la santé publique se veut rassurant pour les résidents : dans une réponse par courriel, l’organisme assure qu’il n’y a pas de risque établi pour la population environnante. Selon eux, les émissions de contaminants respectent les normes québécoises en vigueur. Ils affirment maintenir une surveillance active. Parallèlement, le ministère de l’Environnement du Québec avait noté des manquements depuis 2021 (eaux usées, matières dangereuses), entraînant trois avis de non-conformité et deux sanctions pécuniaires. Aux dernières nouvelles, ces manquements auraient été corrigés après inspection. Terrapure, pour sa part, clame avoir dépensé plus de 4 millions de dollars en gestion de la qualité de l’air depuis 2020 et continue d’évaluer d’autres options.
Conclusion : Un imbroglio juridique où la Ville est aussi visée

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L’affaire prend une tournure encore plus complexe quand on creuse un peu le volet juridique. La Ville de Sainte-Catherine jure ne pas avoir été informée des problèmes d’exposition au plomb des travailleurs, bien qu’un rapport existait en janvier 2024. Par contre, elle admettait savoir qu’il y avait des soucis de plomb dans le fleuve Saint-Laurent depuis au moins octobre dernier. C’est là que ça devient délicat.
L’usine Terrapure fait face à plus de 50 chefs d’accusation du ministère fédéral de l’Environnement depuis octobre, notamment pour avoir contaminé l’eau du fleuve avec des rejets de sulfates et de plomb excessifs entre 2020 et 2023. Mais attention, la Ville n’est pas épargnée : le ministère a révélé avoir aussi déposé 38 chefs d’accusation contre la Ville de Sainte-Catherine elle-même pour violation de la Loi sur les pêches. Les détails de ces accusations n’ont pas été fournis, mais cela jette un certain flou sur qui savait quoi, et quand.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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