Tensions en Iran : Trump recule au dernier moment, mais la menace plane toujours
Simon Kabbaj - 2026-01-15 10:49
credit : lemorning.ca (image IA)
Une désescalade surprise à la Maison-Blanche

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On a vraiment cru que le pire était à venir, n’est-ce pas ? Pourtant, contre toute attente, la température semble avoir baissé d’un cran ce mercredi. C’est depuis le bureau ovale, en ce 14 janvier 2026, que le président Donald Trump a pris la parole pour assurer que « les tueries prenaient fin » en Iran. C’est assez surprenant quand on connaît le ton habituel du personnage, mais il affirme de « bonne source » que les autorités iraniennes n’ont pas prévu d’exécuter d’autres manifestants. Cela ressemble fort à un pas en arrière concernant une éventuelle intervention militaire américaine, une perspective qui nous inquiétait tous depuis quelques jours.
Pour illustrer ce changement de cap, prenons le cas d’Erfan Soltani. Ce jeune homme de 26 ans devait être exécuté mercredi. Or, selon l’organisation de défense des droits de la personne Hengaw, basée en Norvège, l’exécution a été reportée. Ses proches ont confirmé l’information, même si, soyons réalistes, l’inquiétude reste vive concernant son sort et son droit à la vie. En parallèle, comme pour coordonner les violons, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré sur les ondes de Fox News qu’il n’y aurait « pas de pendaison aujourd’hui et demain ». C’est un sursis, certes, mais pour combien de temps ? La veille encore, Trump menaçait d’agir « de manière très forte » si les exécutions commençaient.
Mouvements de troupes et fermeture du ciel : la méfiance règne

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Même si les discours se veulent rassurants, sur le terrain, c’est une toute autre histoire, et je pense qu’il faut rester très vigilant. On apprend, via deux sources diplomatiques qui ont préféré garder l’anonymat (et on les comprend), qu’une partie du personnel de la base américaine d’Al-Udeid au Qatar a reçu l’ordre de plier bagage. Les militaires devaient quitter les lieux avant mercredi soir. Ce n’est pas anodin : cette base, située à peine à 190 kilomètres au sud de l’Iran, est la plus grosse installation américaine au Moyen-Orient. Rappelez-vous, elle avait été ciblée en juin 2025 par Téhéran après des bombardements américains sur des sites nucléaires. C’est dire si la zone est sensible.
Du côté iranien, la rhétorique reste belliqueuse. Mohammad Pakpour, le chef des Gardiens de la révolution, n’y est pas allé de main morte en qualifiant Donald Trump et le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou d’« assassins de la jeunesse iranienne ». Il promet une riposte décisive à toute attaque. Et comme si cela ne suffisait pas pour isoler le pays, l’Iran a fermé son espace aérien dans la nuit. Seuls les vols internationaux avec une autorisation spéciale peuvent passer. D’ailleurs, la compagnie Lufthansa a préféré ne prendre aucun risque et a annoncé que ses avions contourneraient l’Iran et l’Irak jusqu’à nouvel ordre. Le site FlightRadar24 confirme ce vide dans le ciel qui en dit long sur la tension ambiante.
Propagande et justice expéditive : l’ambiance glaciale à Téhéran

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Pendant ce temps, à l’intérieur du pays, le régime organise sa propre mise en scène. Mercredi, à Téhéran, des milliers de personnes ont assisté aux funérailles de plus de 100 membres des forces de sécurité, qualifiés de « martyrs » tués lors des émeutes qui durent depuis le 28 décembre. La télévision d’État nous montre une foule agitant des drapeaux, avec des prières devant l’université. Ce qui frappe, ce sont ces banderoles « mort à l’Amérique » et, plus troublant encore, cette photo de Donald Trump le visage en sang — une référence à la tentative d’assassinat de 2024 — avec cette légende glaçante : « Cette fois, il ne manquera pas sa cible ».
La justice iranienne, elle, semble vouloir faire des exemples, et vite. Le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejeï, a passé cinq heures dans une prison de Téhéran. Il promet des procès publics et rapides pour ceux qu’il appelle les « émeutiers ». Ses propos font froid dans le dos : il parle de gens décapités ou brûlés par les manifestants pour justifier une réponse impitoyable. On a même vu une vidéo surréaliste où il interroge lui-même un prisonnier flouté, accusé d’avoir des cocktails Molotov. Abdolrahim Moussavi, le chef de l’armée, parle d’un niveau de destruction jamais vu. Pourtant, Amnistie internationale et le département d’État américain tirent la sonnette d’alarme sur des risques d’exécutions express. Le département d’État a même tweeté en farsi sur le cas d’Erfan Soltani et les 10 600 arrestations recensées.
Conclusion : Un bilan humain effroyable et un avenir incertain

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C’est difficile de garder espoir quand on regarde les chiffres, qui sont tout simplement terrifiants. L’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, a annoncé un nouveau bilan : au moins 3 428 manifestants tués. C’est une hausse énorme par rapport aux précédents rapports, mais l’ONG explique avoir reçu de nouvelles données des ministères de la Santé et de l’Éducation. Et ils préviennent : c’est un minimum absolu. Avec Internet coupé depuis sept jours selon Netblocks, c’est presque impossible d’avoir une vue d’ensemble, mais Human Rights Watch parle de tueries à grande échelle.
Dans ce chaos, Reza Pahlavi, le fils du dernier Shah, tente de galvaniser l’opposition depuis les États-Unis. Il assure que le monde « répond » enfin et implore l’armée régulière de rejoindre le peuple, en leur rappelant qu’ils sont l’armée de la nation, pas celle de la République islamique. Mais en face, le régime, dirigé par un Ali Khamenei de 86 ans qui a survécu à la guerre de 12 jours contre Israël en juin 2025, tient bon grâce aux Gardiens de la révolution. La situation reste donc explosive, et on se demande tous jusqu’où cela ira.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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