Golf « illégal » à Austin : Québec rejette le plan correcteur de Glenn Chamandy
Adam David - 2026-01-09 10:16
credit : lemorning.ca (image IA)
Un terrain de golf qui fait des vagues à Austin

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On se demande parfois ce qui passe par la tête des gens. C’est un peu ce qu’ont dû se dire plusieurs résidents des alentours du beau lac Memphrémagog, à Austin en Estrie. L’été dernier, un propriétaire a décidé d’aménager ce qu’il appelle un « petit parcours » de golf sur sa propriété. Sauf que pour ce faire, il a fallu défricher. Et pas qu’un peu.
Le ministère de l’Environnement du Québec est intervenu, parce que l’aménagement s’est fait de manière, disons… un peu cavalière. Il a détruit un milieu humide et a carrément rasé 2,5 hectares d’une tourbière forestière. Vous imaginez? L’organisme Memphrémagog Conservation et pas mal de citoyens étaient, sans surprise, consternés.
Le ministère a alors donné un coup de semonce. Il a exigé du propriétaire, un certain Glenn Chamandy, qu’il soumette un plan pour réparer les dégâts. Mais voilà, la suite montre que ce n’est pas si simple de faire marche arrière. Le ministère vient de juger son « plan correcteur » tout bonnement insatisfaisant. L’affaire, loin d’être terminée, prend une tournure plus sérieuse.
Le plan de réparation jugé insuffisant par Québec

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Les choses se sont précisées début janvier. Le ministère de l’Environnement a publié une déclaration écrite le 7 janvier 2026, et elle ne laisse aucune place au doute. Le plan que Glenn Chamandy a fait déposer, par l’entremise d’une firme spécialisée, le 30 octobre dernier, ne fait tout simplement pas l’affaire.
Pourquoi? Leur critique est claire comme de l’eau de roche. En gros, le plan ne prévoit pas de remettre le milieu humide en état complet, ou du moins dans un état qui s’en approche. Pire, il ne permet pas de rétablir ses fonctions écologiques. C’est comme si on vous demandait de rebâtir un mur porteur et que vous proposiez de le repeindre. Ce n’est pas du tout la même chose.
Le ministère est donc ferme. Ils ont carrément écrit, je cite : « Le plan correcteur ne respecte pas les exigences du Ministère, puisqu’il ne prévoit pas la remise en état complète du milieu humide ou dans un état s’y rapprochant ni le rétablissement de ses fonctions écologiques ». Point final.
Et les conséquences? Eh bien, le gouvernement dit ne pas exclure aucun recours pour forcer la restauration. Ça veut dire qu’ils vont aller au bout. Et ils n’ont même pas donné de délai supplémentaire au propriétaire. Non, ils sont passés à l’étape suivante : une enquête a été ouverte à la direction des enquêtes pénales du ministère. Si cette enquête permet de réunir des preuves solides, hors de tout doute raisonnable, le dossier sera transmis au Directeur des poursuites criminelles et pénales (le DPCP). On parle donc de poursuites potentielles. C’est du sérieux.
L’importance écologique perdue et l’espoir d’un message fort
Du côté des défenseurs de l’environnement, on respire un peu, mais on reste préoccupé. Johanne Lavoie, la présidente bénévole de Memphrémagog Conservation, a confié à Radio-Canada qu’elle était soulagée de voir que le gouvernement semblait prendre l’affaire au sérieux. Et elle rappelle, avec des mots simples et percutants, ce qui a été perdu.
Une tourbière forestière, explique-t-elle, ça met des dizaines de milliers d’années à se former. Des milliers d’années ! Et puis elle utilise une image très parlante : « On rappelle que ce qui a été détruit, ça représente une partie des poumons, puis des reins du lac qui ont été détruits ». C’est puissant, non ? Ces milieux naturels filtrent l’eau, la nettoient, la rendent propre. Ils sont essentiels à la santé du lac Memphrémagog, et par extension, à celle des gens qui vivent autour.
Elle espère surtout que cette histoire servira d’exemple. Que le message envoyé à tout le monde sera clair : on prend l’environnement au sérieux, et on va faire en sorte qu’une telle destruction ne se reproduise plus. C’est un peu ce qu’on souhaite tous, je suppose. Voir que les règles sont là pour de bonnes raisons, et qu’elles sont appliquées.
Et Glenn Chamandy dans tout ça? Il est resté silencieux. Malgré une demande d’entrevue de Radio-Canada, il n’a pas donné suite. Peut-être qu’il consulte ses avocats. Ou qu’il réfléchit à un nouveau plan. En tout cas, il ne s’exprime pas publiquement.
Conclusion : Une affaire qui marquera peut-être un tournant

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En résumé, cette histoire de golf illégal à Austin est bien plus qu’un simple conflit de voisinage. Elle touche à des enjeux fondamentaux : la protection de nos milieux naturels fragiles, le respect des lois environnementales, et la question de savoir si on peut vraiment réparer ce genre de dégâts.
Le ministère a dit non au plan de M. Chamandy. Il a enclenché une procédure d’enquête pénale. Les écologistes surveillent, espérant un signal fort. Et 2,5 hectares de tourbière détruits attendent, en quelque sorte, leur sentence.
C’est une affaire à suivre de près. Elle nous rappelle que notre environnement n’est pas un terrain de jeu que l’on peut remodeler à sa guise. C’est un patrimoine, fragile et ancien, qui mérite qu’on le protège. Maintenant, on attend la suite de l’enquête. Et on verra si les actes suivront les paroles.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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