Comprendre, Que se passe-t-il en Iran?

Comprendre, Que se passe-t-il en Iran? credit : lemorning.ca (image IA)

Une commotion nouvelle en Iran ?

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La situation en Iran en ce début janvier 2026 est tendue, pour le dire poliment. Des dizaines de morts, des milliers d’arrestations, des édifices religieux vandalisés… et maintenant, la menace des États-Unis qui plane. On se demande tous, en lisant ça : est-ce qu’on assiste au début de quelque chose de vraiment énorme ? C’est fou ce qui peut partir d’une simple grève de commerçants.

L’article de Laurent Mercier-Roy, publié aux petites heures du matin (4h HNE, le courage!), nous plonge au cœur de ce qui agite ce pays de 88 millions d’habitants. Écouter l’article ? Oui, il y a une version audio générée par de l’IA, mais je préfère vous raconter ça avec mes mots, plus humains, si vous voulez mon avis. Parce que derrière les chiffres, il y a des vies, une pression quotidienne qui doit être terrible.

Déclenchement, répression, et une déclaration étonnante

Bon, alors remontons un peu. Tout a commencé le 28 décembre dernier. Imaginez : le Grand Bazar de Téhéran, le cœur battant du commerce dans la capitale. Eh bien les commerçants ont collectivement baissé le rideau. Fermeture des boutiques pour protester contre les politiques économiques. C’est un début.

Et puis, comme souvent, l’étincelle a pris. Dans les jours qui suivent, des étudiants de plus de dix universités à travers le pays les ont rejoints. Très vite, on a vu des rassemblements de milliers de personnes dans au moins 28 des 31 provinces du pays. Je me dis toujours, c’est impressionnant de voir comment les réseaux sociaux permettent aujourd’hui d’authentifier ces images, de voir la réalité malgré tout.

Évidemment, la réponse n’a pas tardé. La répression policière. Le bilan, selon des ONG – toujours ces organisations qu’on écoute quand les chiffres officiels font défaut – serait d’une quelques dizaines de morts. Et plus d’un millier d’arrestations. C’est lourd.

Mais voilà le truc, le truc qui fait tourner la tête. En parallèle, le président iranien Massoud Pezeshkian a fait une déclaration pour le moins… inattendue. Pour la toute première fois de son règne, il a dit comprendre la légitimité des revendications. Pire – ou mieux, selon le point de vue – il a appelé les forces de l’ordre à ne pas s’en prendre aux manifestants. Franchement, ça, ce n’est pas anodin. Pour beaucoup d’observateurs, c’est un signe clair, presque un aveu de faiblesse, que les assises du régime sont de moins en moins solides.

Les racines de la colère : économie, sécheresse, et soif de changement

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Alors pourquoi cette fois-ci ? La grève des commerçants, c’était d’abord économique, c’est sûr. Et il y a de quoi. La monnaie iranienne, le rial, a touché un fond absolument vertigineux fin décembre. Tenez-vous bien : pour avoir 1 dollar américain, il faut désormais échanger 1,4 million de rials. Il y a un an, c’était 0,8 million. Ça s’effondre, tout simplement.

Et ce n’est pas la première chute, loin de là. Mais à chaque fois, ça complique la vie des gens d’une façon inimaginable. Les Iraniens importent beaucoup de biens de base, souvent via des marchés parallèles pour contourner les sanctions internationales – vous savez, cette économie de survie. Alors quand ta monnaie ne vaut plus rien, ton pouvoir d’achat s’envole, mais pas dans le bon sens.

En plus de ça, la nature s’en mêle. Ces derniers mois, l’Iran a connu des sécheresses record, les plus dévastatrices en 60 ans. Sami Aoun, directeur de l’Observatoire sur le Moyen-Orient à la Chaire Raoul-Dandurand, le dit très simplement : « C’est un pays qui, depuis toujours, est connu pour son riz. Mais il n’y avait même plus de riz dans les marchés. » C’est dire. À Téhéran, il n’a pratiquement pas plu entre mai et décembre 2025. Les autorités en sont arrivées à rationner l’eau potable et à envisager, imaginez un peu le choc, de relocaliser les 14 millions d’habitants de la capitale. C’est du jamais-vu.

Ajoutez à ce cocktail une inflation qui galope à environ 40% par an depuis la pandémie (on est à 2% au Canada, pour comparer), et vous avez une pression constante sur le quotidien des gens. Une pression sous un régime qui, rappelons-le, est rigide, ultrareligieux, et multiplie les entorses aux droits humains depuis la révolution islamique de 1979.

Et c’est là que le mouvement change de nature. La politologue Hanieh Ziaei, elle aussi de la Chaire Raoul-Dandurand, l’affirme : les revendications ne sont plus seulement économiques. « Ce que demandent les personnes qui manifestent aujourd’hui, c’est carrément la fin du régime. » On passe à un autre niveau.

En quoi cette fois est différente, et le spectre d’une intervention

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Bien sûr, l’Iran a connu des vagues de protestations avant. Qui peut oublier 2022 et la mort de Masha Amini, cette jeune femme arrêtée par la police des mœurs pour son voile ? Des manifestations historiques, une répression féroce qui avait fait plus de 550 morts. On n’en est pas encore là en termes d’ampleur, mais les signaux sont différents, et peut-être plus inquiétants pour le pouvoir.

Le lieu de départ, déjà : le Grand Bazar de Téhéran. Ce n’est pas n’importe quel endroit. Hanieh Ziaei explique : « On dit souvent que le Grand Bazar de Téhéran, c’est le cœur et l’âme de l’économie iranienne. […] Et là, c’est la première fois qu’il y a une rupture aussi frontale entre l’État et les commerçants. » Sami Aoun enfonce le clou : pour lui, ce bazar historique datant du XVIIe siècle et s’étendant sur plus de 10 km, est un pilier de la légitimité du régime, occupé par des communautés persanes et azéries traditionnellement proches du pouvoir. Si eux se rebellent…

Il y a aussi le contexte géopolitique. L’expert évoque la « Guerre des 12 jours » contre Israël l’été dernier, avec des frappes américaines sur des sites nucléaires iraniens. Un sentiment de lassitude, de désenchantement est né. « Les gens se disent : où est allé tout l’argent que le régime investit dans notre défense, s’il n’est pas capable de nous défendre ? » Et puis, le régime a peur, selon Aoun. Il voit ce qui s’est passé au Venezuela, un allié important, et « ce que les États-Unis sont capables de faire ». D’où peut-être cette reconnaissance inédite des revendications.

Et justement, les États-Unis. Donald Trump a menacé, le 2 janvier, d’intervenir à nouveau si des manifestants étaient tués. Frappes ciblées ? Intervention terrestre ? Il n’a pas précisé. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a répliqué sévèrement : toute intervention serait une « ligne rouge » déclenchant une riposte immédiate.

Mais Sami Aoun est sceptique sur une invasion. « Il est peu probable que les États-Unis aillent de l’avant avec une invasion terrestre », dit-il. Selon lui, s’ils veulent agir, ils le feront de l’intérieur, en favorisant un changement politique. « Les Américains ne veulent plus faire les mêmes erreurs qu’en Irak en 2003, où on s’est retrouvé à faire du ‘nation-building’, et ça s’est mal passé. » Une autre possibilité ? Attendre. Le guide suprême Ali Khamenei a 86 ans. L’après-Khamenei pourrait tout changer. Peut-être.

Conclusion : Un régime sous pression, un avenir incertain

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Alors où en est-on ? L’Iran semble pris dans une tempête parfaite : une économie en chute libre, une catastrophe climatique qui frappe au cœur de son identité agricole, et une population dont la colère économique se mue en rejet politique pur et simple. La réaction du président Pezeshkian, cette main tendue – ou ce signe de panique –, est un indicateur majeur de fragilité.

Les experts cités, Sami Aoun et Hanieh Ziaei, pointent tous les deux vers une fracture inédite avec les piliers traditionnels du régime. Quand le Grand Bazar se met en grève, ce n’est plus une révolte en périphérie, c’est un défi lancé depuis le centre même du système.

Quant à la menace d’une confrontation directe avec Washington, elle existe, c’est indéniable. Les déclarations de Trump et les mises en garde de Téhéran créent un climat dangereux. Mais l’analyse suggère qu’une guerre ouverte n’est pas la stratégie la plus probable. L’enjeu, c’est l’usure, la pression interne, et l’inévitable transition qui s’annonce avec un guide suprême octogénaire.

Pour les 88 millions d’Iraniens, la question n’est plus seulement de savoir s’ils auront du riz à mettre sur la table, mais bien quel genre de pays ils veulent habiter demain. Et ça, c’est une question qui, une fois posée, est très difficile à faire taire.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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