Vendre ses plats maison sur Marketplace : légal, mais sous conditions

Vendre ses plats maison sur Marketplace : légal, mais sous conditions credit : lemorning.ca (image IA)

Un phénomène nouveau qui bouscule les habitudes

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C’est un peu comme si on faisait du ménage dans ses placards, mais pour le garde-manger. Alors qu’on est habitué à trouver sur Marketplace des meubles, des vêtements ou des livres d’occasion, une nouvelle tendance a émergé ces dernières années : la vente de plats préparés à la maison.

On y trouve de tout, vraiment. Des plats de poulet mijotés, des repas typiques de différentes cultures, des fruits de mer cuisinés, des confitures, des gâteaux sur commande… Tout ça est disponible en Estrie et ailleurs, directement sur la plateforme de petites annonces de Facebook.

Un nouveau marché pratique, oui, mais qui donne aussi un sérieux mal de tête au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ). Ce dernier a d’ailleurs resserré sa réglementation en 2024, histoire de mieux protéger la santé des gens. Parce que c’est bien beau de cuisiner, mais faut aussi savoir si c’est fait dans des conditions salubres, vous voyez?

Les règles du jeu : permis, formation et gros risques

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Alors, est-ce que c’est légal, au moins? La réponse directe, oui, c’est légal. Je vous vois venir, c’est ce qu’a confirmé Francis Roberge, qui est conseiller en salubrité des aliments et porte-parole au MAPAQ. Mais attention, il y a des conditions, et pas des petites. Des conditions pour encadrer tout ça, pour éviter les problèmes.

D’abord, il faut absolument un permis pour préparer des aliments, peu importe l’endroit. Que ce soit dans un restaurant ou dans votre cuisine, c’est la même exigence. Ensuite, il faut suivre une formation en hygiène et salubrité alimentaire. Elle dure six heures et elle est obligatoire pour tous les exploitants. Ça me semble être le minimum, non?

Cette formation, elle est donnée par des formateurs certifiés, et elle coûte quelques dizaines de dollars. Quant au permis lui-même, il faut compter 360 dollars par année. Un investissement à prévoir si vous voulez vous lancer sérieusement.

Et ceux qui jouent aux petits malins, qui vendent sans permis, ils s’exposent à de très lourdes amendes. On parle de 5000 à 50 000 dollars d’amende, selon ce que prévoit la Loi sur les produits alimentaires. Même avec un permis, il y a des limites. Si vous cuisinez chez vous, vous n’avez pas le droit de vendre en gros à un restaurant ou un détaillant. C’est réservé à la vente directe au consommateur, avec des limites de production mensuelle en plus.

Un marché en ligne où les règles sont souvent ignorées

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Maintenant, la question qu’on se pose tous : les gens qui vendent sur Marketplace respectent-ils ces règles? Pour le savoir, Radio-Canada a contacté vingt annonceurs alimentaires dans la région. Les résultats sont… préoccupants, pour rester poli.

Sur les vingt contactés, seulement trois avaient bel et bien leur permis en règle. Treize ont carrément avoué ne pas en avoir, et les quatre autres ont arrêté de répondre quand on leur a posé la question. C’est énorme, comme écart! Cette situation, elle inquiète le MAPAQ, dont le travail est justement de veiller sur notre santé.

Face à cette explosion des ventes en ligne, le ministère a dû réagir et changer la donne. En 2024, une modification réglementaire est entrée en vigueur pour exiger officiellement un permis aux manipulateurs d’aliments qui font de la restauration à la maison. M. Roberge explique que c’est une réponse directe à cette nouvelle réalité du commerce en ligne.

Et le ministère passe à l’action. Rien qu’en 2025, 26 exploitants sans permis ont été condamnés au Québec. Et ils nous préviennent que la liste risque de s’allonger, parce que plusieurs dossiers sont encore en attente de jugement. Ils se veulent rassurants, ils disent avoir les outils pour traquer les cuisiniers clandestins. Ils invitent même les gens à être vigilants et à signaler les vendeurs douteux. Ils ont mis en ligne des outils pour vérifier si un vendeur est en règle, et on peut déposer une plainte directement.

Un chemin alternatif : les cuisines collectives certifiées

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Mais bon, se lancer légalement depuis chez soi, c’est pas toujours simple. La salubrité, c’est pas donné à tout le monde. Michelle Gosselin, une jeune entrepreneure, en sait quelque chose. Elle voulait lancer Burleigh’s Chow, une petite entreprise de condiments à base d’oignons et de vinaigre, un hommage à sa grand-mère décédée.

Mais faire ça dans sa cuisine? Elle a vite compris que c’était compliqué. « Avec des animaux à la maison, c’était pas l’idéal« , explique-t-elle. Et puis son produit, à base de vinaigre et d’oignons, ça laisse une odeur tenace dans la maison. Louer la cuisine de quelqu’un d’autre? Il aurait fallu une assurance, et « les assurances n’aiment pas ça« .

Alors, à la fin décembre 2025, elle a trouvé une solution : la cuisine collective certifiée de Croquarium, à Sherbrooke. Installée dans l’ancien couvent Sainte-Famille, cette cuisine était une première pour l’organisme. L’avantage? C’est l’installation elle-même qui détient le permis du MAPAQ. Finis les tracas administratifs à ce niveau-là.

Conclusion : Prudence et formation avant de se lancer

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Michelle, qui est aussi agente de bord à temps plein, ne vend pas sur Marketplace et ne compte pas le faire. Ses condiments seront distribués par la fromagerie La Station. Elle a un avis partagé sur ces ventes en ligne. « Je suis d’accord et pas d’accord« , dit-elle. Son inquiétude est compréhensible : « Si tu achètes à quelqu’un sur Marketplace et qu’ils ne sont pas certifiés, tu ne sais pas dans quel état leur cuisine était, s’il y avait un chat sur le comptoir…« . Ça fait réfléchir, non?

Pour partir du bon pied, elle a pris les choses très au sérieux. Elle a suivi une formation de 12 heures reconnue par le MAPAQ, qui couvre la manipulation d’aliments et la gestion d’un établissement. En plus, elle a complété une formation en ligne facultative de trois mois sur le démarrage d’une entreprise de transformation, offerte gratuitement par le gouvernement jusqu’à récemment.

Son conseil final est sans appel : « Si je m’étais lancée à la maison sans certification et sans m’informer, j’aurais pu contaminer mes aliments et tout ça« . Elle voit finalement d’un bon œil les contrôles du ministère. Une réglementation stricte, finalement, c’est peut-être ce qui protège à la fois les petits entrepreneurs sérieux et les consommateurs que nous sommes.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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