Vivre sans réseaux sociaux : comment soutenir la vie sociale des jeunes ?
Mathieu Gagnon - 2025-12-24 11:21
credit : lemorning.ca (image IA)
Un été différent pour les moins de 16 ans

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Alors que l’année scolaire venait de se terminer en Australie, quelque chose d’autre s’est aussi arrêté pour les jeunes de moins de seize ans : l’accès aux réseaux sociaux. Vous imaginez sans doute la réaction. Pour certains, c’était un vrai soulagement, enfin un peu de répit. Pour d’autres, une colère immense et une sensation d’injustice. Et pour beaucoup, un grand point d’interrogation qui plane dans le silence : et maintenant, on fait comment ?
La situation est inédite, et il n’y a pas une seule manière « juste » de la gérer, d’un point de vue du bien-être numérique. La façon dont les enfants vont s’adapter dépendra tellement de leur personnalité, des opportunités qu’ils auront hors ligne, et surtout, du soutien que leur apportera leur entourage familial. C’est un peu un vaste laboratoire social qui se met en place sous nos yeux. On ne pourra vraiment en tirer des conclusions que dans quelques années.
Le plus grand changement, peut-être, c’est le transfert de responsabilité. Les entreprises derrière ces plateformes ont leur part légale, bien sûr. Mais au quotidien, c’est désormais sur les épaules des parents, des éducateurs, des enseignants et des animateurs que repose la lourde tâche d’aider ces jeunes à rester connectés et en sécurité. Un sacré défi pour tout le monde.
Surveiller les signes qui doivent alerter

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Il faut comprendre une chose : pour beaucoup de jeunes, les réseaux sociaux n’étaient pas un endroit hostile. Au contraire, c’était un lieu de sécurité, d’appartenance, et un lien vital avec leurs amis. C’est donc vers eux qu’il faut être particulièrement attentif cet été, surtout ceux qui étaient déjà plus vulnérables : les jeunes socialement anxieux, ceux qui sont neuro-atypiques, les jeunes de la communauté LGBTIQA+ qui y trouvaient un refuge, ou ceux vivant dans des zones isolées.
Bon, cela dit, il ne faut pas non plus voir le diable partout. Un ado grognon qui boude parce qu’il n’a plus Instagram, c’est normal, hein. Un peu de frustration est une réaction attendue. Les signaux qui doivent vraiment nous inquiéter sont plus profonds et persistants.
Il faut être à l’affût de changements émotionnels durables : une sorte d’apathie, une irritabilité constante, le fait de se « fermer » complètement, ou des sautes d’humeur importantes qui semblent liées à cette privation technologique. Côté comportement, on peut observer un sommeil très perturbé, une perte d’intérêt soudaine pour des activités qu’il aimait avant, ou au contraire, une secretivité anormale autour de ses appareils.
Le repli social est un autre indicateur clé. Ça peut se traduire par le fait de s’éloigner de ses amis « dans la vraie vie », ou d’exprimer des peurs d’être laissé de côté, de n’avoir « personne ».
Méfiez-vous aussi si vous les voyez soudainement passer des heures interminables sur des applications nouvelles ou inconnues, ou s’ils commencent à parler de «amis IA», de chatbots ou de forums anonymes comme étant leur principale source de soutien émotionnel.
Si plusieurs de ces signes se cumulent, c’est le moment de créer un espace, de prendre le temps pour une vraie conversation. Ne vous précipitez pas, mais ne laissez pas la situation s’installer.
Comment engager le dialogue et trouver des alternatives

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Le but, quand on parle à son enfant, ce n’est pas de le coincer ou de le sermonner. C’est de garder le pont entre vous ouvert. On dit souvent que le « comment » on parle est aussi important que le « quoi ». Les recherches sur le «média parenting» montrent que faire preuve de curiosité et avoir des conversations collaboratives favorise mieux le bien-être émotionnel et social qu’une simple surveillance stricte ou des interdits.
Une conversation efficace commence par écouter bien plus que parler. Laissez votre enfant terminer ses phrases, partager ses idées, et résistez à cette envie viscérale de tout « régler » immédiatement. Dans notre domaine, ces principes rejoignent les techniques d’entretien motivationnel et la parentalité bienveillante mais ferme.
Si vous commencez par des accusations sur le contournement des règles, vous fermez toute porte à l’honnêteté, surtout concernant leurs expériences en ligne. Positionnez-vous plutôt comme un allié qui les aide à naviguer cette situation complexe, pas comme le shérif qui applique la loi. Restez ancré dans le soin et la bienveillance.
Des phrases d’accroche comme « J’ai remarqué que tu passes beaucoup de temps sur [nom de l’app]. Qu’est-ce que tu y aimes ? » ou « Si tu pouvais changer une chose à propos de cette nouvelle règle, ce serait quoi ? » peuvent ouvrir des portes. Et si vous découvrez qu’ils utilisent des astuces pour contourner l’interdiction, la position la plus protectrice est souvent de vous allier avec eux *contre* le problème, pas de vous enrôler comme bras armé de la loi. « On va trouver une solution ensemble » a un impact radicalement différent de « c’est comme ça, c’est la loi ».
D’ailleurs, parlons-en de la loi. Elle s’applique aux plateformes de réseaux sociaux avec des fils d’actualité publics et des algorithmes de défilement (comme TikTok, Instagram et YouTube). Les services de messagerie, les SMS et les appels téléphoniques, eux, ne sont pas concernés. Vous montrez ainsi deux choses à la fois : le respect de la règle collective, et votre engagement à préserver leurs vraies amitiés.
Construire de nouvelles connexions dans le monde réel

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Sans les plateformes habituelles, se voir en vrai demande plus d’organisation, plus de supervision, et plus de jugement sur la sécurité. Le défi, c’est de créer des espaces sociaux physiques où les jeunes puissent se sentir indépendants sans être abandonnés. Et soyons honnêtes, ce n’est pas facile pour des adultes qui jonglent déjà avec le travail et d’autres responsabilités.
L’idée de l’indépendance structurée peut aider. Il s’agit de mettre en place des plans clairs : organiser le transport, établir des attentes partagées (rester ensemble, heures de rentrée), prévoir des points de contrôle, et même des outils comme un mot de passe «safe word» par SMS pour une sortie rapide si besoin. Les décisions, comme l’activation du suivi de localisation en direct, fonctionnent mieux quand elles sont prises ensemble, pour éviter la sensation d’être tenu en laisse.
Ces conversations sont justement l’occasion d’anticiper. Parlez à l’avance de scénarios possibles : que faire face à une attention non désirée ? Un conflit dans le groupe ? Un ami qui ne veut pas rentrer chez lui ? Le fait d’y réfléchir ensemble construit la confiance et le jugement de votre ado bien avant qu’un problème ne surgisse.
Les conseils nostalgiques du style « va donc faire du vélo » sont charmants, mais parfois irréalistes. Beaucoup de jeunes auront besoin d’un soutien de transition pour reconstruire leur confiance sociale hors ligne. Les petites choses comptent énormément : écrire une carte postale, imprimer des photos pour se les échanger, créer un fanzine sur une passion commune. Ça paraît démodé, jusqu’à ce qu’une note écrite à la main, agrémentée d’un doodle, déclenche un fou rire.
Instaurez des rituels partagés : une promenade hebdomadaire, un projet créatif (court-métrage, levée de fonds, murale) qui transforme leurs compétences de collaboration en ligne en une fierté bien tangible. Regarder une série ensemble, partager une partie de jeu vidéo… le co-viewing transforme le temps d’écran en temps de connexion. Et vous en apprendrez beaucoup l’un sur l’autre. Valorisez leurs passions : un jeune qui adore le cinéma ou le gaming a des compétences formidables, souvent moins reconnues que celles de ses camarades brillants en sport ou en musique. Montrer de l’intérêt pour ce qu’il aime peut booster sa confiance – et votre lien avec lui.
Conclusion : Un équilibre à trouver et où trouver de l’aide

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Alors, quel est le « bon » temps d’écran pendant ces vacances ? La recherche est claire : il n’y a pas de chiffre magique universel. Ce qui compte plus, c’est ce que les écrans remplacent. Est-ce qu’ils prennent la place du sommeil, de l’activité physique, des contacts réels ? L’usage est-il compulsif et source de conflit ? Un bon check-up de vacances, c’est de se demander : est-ce qu’il dort assez, bouge, a des interactions sociales et s’amuse un peu ? Laissez le temps d’écran s’insérer dans ce cadre, pas s’y superposer. Certains jours seront plus chargés que d’autres, c’est normal. Regardez la tendance sur la semaine, il n’y a pas de perfection.
Pour finir, un rappel essentiel : si vous êtes inquiet pour la sécurité ou la santé mentale de votre enfant, ne restez pas seul. En Australie, des ressources comme headspace, Kids Helpline et 13YARN sont là pour vous aider, vous et eux.
Cet été est d’un genre nouveau. La chose la plus protectrice que vous puissiez offrir à vos enfants et adolescents durant cette transition, ce n’est pas une surveillance parfaite ou un emploi du temps idéal. C’est une relation stable, faite de curiosité, de soin et de soutien inconditionnel. C’est tout un apprentissage, pour eux comme pour nous.
Selon la source : medicalxpress.com
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.