Au-delà du cessez-le-feu : des défenseurs des droits appellent Ottawa à ne pas détourner le regard de Gaza

Au-delà du cessez-le-feu : des défenseurs des droits appellent Ottawa à ne pas détourner le regard de Gaza credit : lemorning.ca (image IA)

Une situation inchangée malgré les annonces

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Vous savez, on a beaucoup parlé de la libération des otages israéliens et du cessez-le-feu d’octobre. Pour beaucoup, ça a sonné comme une bonne nouvelle, un peu comme un début de respiration. Mais les choses sur le terrain… C’est une autre réalité, complètement différente. Des défenseurs des droits, mardi dernier, ils étaient sur la colline du Parlement à Ottawa pour le rappeler, et ils ont pas mâché leurs mots.

Aliya Khan, de Doctors for Humanity, a été très claire : « Sur le terrain, la situation n’a guère évolué ». Elle a même laissé entendre que ce fameux cessez-le-feu, parfois, il a surtout servi à détourner l’attention. C’est fort comme constat, non ? Et c’est le cœur de leur message : l’enclave de Gaza reste plongée dans une crise humanitaire d’une ampleur inouïe. La libération des otages, aussi importante soit-elle, n’a pas mis fin aux morts et aux violences qu’on pourrait pourtant éviter. C’est une mise en garde lancée directement au gouvernement canadien : il ne faut pas relâcher la pression.

La détresse quotidienne et les demandes pressantes à Ottawa

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Les militants qui ont parlé mardi dernier ont évoqué des cas concrets, des détails glaçants qui donnent la mesure de la catastrophe. Ils parlent de nombreux cas d’enfants et de nouveau-nés morts d’hypothermie, à cause de ces tempêtes hivernales qui s’abattent sur la région. Imaginez : pas de tentes, pas de chauffage, rien pour se protéger. Et les tentes, c’est un autre problème, car certaines à armature en aluminium sont interdites par Israël, considérées comme un risque pour la sécurité.

Ces groupes, ils en demandent plus au Canada, ils veulent des actions fortes. Pas juste des paroles. Renforcer les restrictions sur les exportations d’armes vers Israël, par exemple. Sanctionner davantage de dirigeants israéliens. Et surtout, exiger des enquêtes indépendantes sur les violations de ce cessez-le-feu censé protéger les civils. Ils pointent du doigt le fait qu’Affaires mondiales Canada n’a pas réagi dans l’immédiat à leurs déclarations. Un silence qui en dit long, parfois.

Et puis il y a cette colère, palpable. Catherine Clase, aussi coprésidente de Doctors for Humanity, a décrit ce que ses collègues sur place rapportent : une absence totale d’antibiotiques, de matériel chirurgical. Un manque de savon pour se laver les mains. Pas d’eau de Javel pour nettoyer le sang dans les urgences. Et le pire, peut-être : un manque d’anesthésie pour les amputations et les césariennes. Elle l’a dit simplement : « La situation dans la bande de Gaza ne s’est pas améliorée comme on pourrait le croire. Le nombre promis de camions de nourriture n’arrive pas. L’insécurité alimentaire est extrême et persistera pendant des mois. »

Le blocage de l’aide humanitaire et la réalité des chiffres

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Alors, parlons de ces camions. L’accord d’octobre prévoyait l’entrée quotidienne d’au moins 600 camions d’aide. Israël et les États-Unis confirment ce chiffre. Mais le Programme alimentaire mondial (PAM), lui, a des chiffres bien différents : au cours des deux premières semaines de décembre, on était plutôt autour de 256 camions par jour. C’est une sacrée différence, vous ne trouvez pas ? Et encore, il faut s’entendre sur ce qu’ils transportent. Le texte du cessez-le-feu ne précise même pas que ces camions doivent contenir de l’aide humanitaire.

L’ONG Refugees International le dit carrément : les marchandises commerciales sont souvent prioritaires. Le résultat, c’est que des cigarettes et des téléphones portables peuvent passer, mais pas assez de farine ou de viande à des prix abordables. L’Associated Press a rapporté que si les marchés sont mieux approvisionnés et que les prix baissent un peu, la plupart des habitants, après deux ans de guerre, n’ont tout simplement plus les moyens d’acheter quoi que ce soit.

Le COGAT, l’agence militaire israélienne qui coordonne l’aide, donne des chiffres aussi. Elle affirme que 80% des camions appartiennent au secteur privé et que 70% transportent de la nourriture, le reste étant du matériel médical, des abris, etc. Mais elle a cessé de publier ses données détaillées, estimant que cela « profiterait au Hamas ». Difficile de vérifier, donc.

Le Comité international pour la prévention de la famine (IPC), l’organisme mondial de référence, a revu vendredi dernier son évaluation. Si la situation reste « critique », elle est passée du niveau d’alerte le plus élevé au deuxième niveau le plus grave. Une légère amélioration due à un meilleur accès à l’aide. Mais les chiffres restent terribles : 1.6 million de personnes en insécurité alimentaire aiguë, tout le territoire menacé de famine jusqu’à la mi-avril si ça se dégrade. Et près de 101 000 enfants de moins de cinq ans risquent la malnutrition aiguë jusqu’en octobre 2026. Ces chiffres-là, ils parlent d’eux-mêmes.

Le mur du silence, les accusations et la position du Canada

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Au milieu de tout ça, il y a d’autres lignes de front, moins visibles mais tout aussi importantes. Le mur du silence, d’abord. Israël interdit l’accès à Gaza aux journalistes étrangers qui ne sont pas intégrés à son armée. Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) qualifie cette pratique d’inédite à l’époque moderne. C’est un conflit extrêmement meurtrier pour les médias, avec plus de 200 journalistes tués depuis son début.

Catherine Clase a martelé ce point : « Il est urgent de faire pression sur Israël… pour qu’il permette aux journalistes d’entrer à Gaza, afin que le monde entier puisse être informé de la situation. » Sans témoins indépendants, la réalité est facile à occulter.

Et puis il y a le rôle du Canada, qui est de plus en plus critiqué. Fareed Khan, de Canadiens unis contre la haine, est monté au créneau pour le dire clairement : le Canada perd en crédibilité. Il met en avant l’importance du droit international, mais refuse toujours de qualifier la situation de génocide, attendant plutôt le verdict de la Cour internationale de Justice. Pour lui, c’est de l’hypocrisie, et c’est « révoltant ». C’est un reproche direct adressé à la politique étrangère canadienne, accusée de complaisance.

Israël, de son côté, affirme respecter le droit humanitaire et accuse le Hamas de violer le cessez-le-feu. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a même déclaré mardi que l’armée israélienne « ne quitterait jamais entièrement la bande de Gaza », tout en précisant qu’ils ne voulaient pas y établir de colonies. Une perspective qui n’annonce rien de bon pour l’avenir immédiat. Et comme pour remettre les pendules à l’heure, le gouvernement israélien a laissé entendre que la situation ne s’améliorerait vraiment que lorsque le Hamas aurait restitué le dernier corps d’un Israélien tué le 7 octobre 2023.

Bref, le tableau est sombre, complexe et plein de contradictions. Le cessez-le-feu a peut-être réduit les bombardements, mais sur le terrain, la souffrance humaine continue, alimentée par des pénuries, des restrictions et un manque de transparence. Et les militants à Ottawa demandent une seule chose : que le Canada ne détourne pas le regard.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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