Zelensky juge les propositions américaines pour la paix « assez solides », malgré les attaques russes
Simon Kabbaj - 2025-12-23 10:01
credit : President.gov.ua, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons
Un projet de paix en construction, mais des attentes divergentes

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On a tous un peu retenu notre souffle en lisant cette nouvelle. Lundi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a fait le point sur les propositions américaines pour un futur accord de paix avec la Russie, des pourparlers qui semblent, selon ses propres mots, avancer sur du solide. Mais bon, il faut garder les pieds sur terre, et lui-même le dit bien : ce conflit qui dure depuis bientôt quatre ans laisse peu de place aux illusions.
Lors de sa déclaration, Zelensky a expliqué que les premières moutures de cet accord proposé par les États-Unis répondaient à une grande partie des exigences de Kiev. Il a même donné un chiffre précis, ce qui est rare : environ 90 % des demandes ukrainiennes seraient intégrées dans les projets d’accords. Pas mal, non ?
Pourtant, il a immédiatement tempéré l’enthousiasme par une dose de réalisme bienvenue. « Il y a des choses pour lesquelles nous ne sommes probablement pas prêts, et je suis sûr que les Russes ne le sont pas non plus », a-t-il admis. Un peu comme s’il disait que le chemin vers la paix est encore long et semé d’embûches, et que personne n’aura tout ce qu’il veut à la fin. C’est un peu décourageant, mais au moins c’est franc.
Et c’est vrai que le contexte n’aide pas. Ces pourparlers se tiennent alors que le président américain Donald Trump fait pression depuis des mois pour aboutir à un accord. Sauf que, vous vous en doutez, les positions de Moscou et de Kiev restent diamétralement opposées sur des points fondamentaux. C’est un peu comme essayer de mettre deux aimants du même pôle ensemble, ça repousse.
Le détail du plan américain : 20 points et des garanties de sécurité

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Alors, de quoi parle-t-on concrètement ? L’envoyé spécial américain, un certain Steve Witkoff, a qualifié les discussions de dimanche en Floride de « productives et constructives ». C’est le genre de langage diplomatique qu’on entend souvent, mais derrière, il y a du concret.
Zelensky a détaillé la structure du plan proposé. L’épine dorsale, comme il l’appelle, c’est un plan en 20 points. Ça fait beaucoup de points à négocier, vous en conviendrez. En plus de ça, il est prévu un document-cadre sur les garanties de sécurité entre l’Ukraine, les pays européens et les États-Unis, et un autre document séparé sur les garanties bilatérales entre l’Ukraine et les États-Unis.
Le président ukrainien a énuméré quelques-uns des points clés qui lui tiennent à cœur. Premièrement, le maintien d’une armée ukrainienne forte, avec 800 000 hommes en temps de paix. Deuxièmement, et c’est un objectif de longue date pour Kiev : l’adhésion à l’Union européenne. Troisièmement, un déploiement de forces européennes, sous commandement français et britannique, avec le soutien de Washington, pour garantir la sécurité de l’Ukraine « dans les airs, sur terre et en mer ». Une présence militaire étrangère, en somme, pour dissuader de futures agressions.
Il a aussi évoqué une répartition des rôles parmi les alliés. Certains pays clés assureront cette présence militaire, tandis que d’autres contribueront à la sécurité énergétique, au financement, ou même à la construction d’abris antiatomiques. L’Ukraine insiste aussi sur un point important : l’accord bilatéral avec les États-Unis devrait être examiné par le Congrès américain. Et, détail qui a son importance, certains détails et annexes devraient rester confidentiels. L’équipe américaine négocie actuellement avec les émissaires russes, et Washington a demandé la plus grande discrétion sur le contenu, a précisé Zelensky.
Sur le terrain, la guerre continue : frappes ukrainiennes et attentat à Moscou

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Pendant qu’on parle paix à Miami, la guerre, elle, ne s’arrête pas une seconde. C’est le côté totalement absurde et tragique de la situation. Zelensky a d’ailleurs rencontré ses commandants militaires lundi, et ceux-ci lui ont assuré que les lignes de défense tenaient bon face à l’offensive russe.
Il a même posté sur Telegram que l’armée russe avait considérablement intensifié ses attaques ces dernières semaines, ce qui a, logiquement, fait grimper le nombre de pertes russes. Une façon de dire que si les Russes poussent, ils paient le prix fort.
Mais Kiev ne se contente pas de se défendre. Les forces ukrainiennes ont mené une série de frappes en profondeur en territoire russe lundi, dans ce qui ressemble à une campagne de sabotage et de perturbation de l’effort de guerre adverse. Les cibles étaient multiples et cruciales : un terminal pétrolier (celui de Tamanneftegaz), un oléoduc, deux avions de chasse stationnés et deux navires. Selon l’état-major ukrainien, un oléoduc, deux quais et deux navires ont été endommagés dans la région de Krasnodar, dans le sud de la Russie, provoquant un important incendie.
Ces frappes ont un double objectif. D’abord, perturber la machine de guerre russe et semer un peu d’inquiétude loin du front, là où la population croit peut-être être à l’abri. Ensuite, et c’est plus stratégique, saper la tentative du président russe Vladimir Poutine de montrer qu’il négocie depuis une position de force militaire. Montrer que l’Ukraine peut frapper loin et fort.
La campagne ne s’arrête pas là. Toujours selon Kiev, un missile ukrainien a touché une base temporaire de la 92e brigade fluviale russe à Olenivka, en Crimée occupée. Une autre frappe a visé un dépôt de munitions dans la région de Donetsk, toujours contrôlée par Moscou, dans le but de ralentir l’avancée russe. Un site de lancement de drones d’attaque russe a aussi été neutralisé.
Et puis, il y a eu cette opération spectaculaire menée par des partisans ukrainiens, loin derrière les lignes. Deux avions de chasse russes ont été incendiés sur une base près de Lipetsk, dans l’ouest de la Russie, lors d’une opération menée dimanche soir. C’est le genre d’action qui frappe les esprits et montre une capacité à atteindre des cibles très sensibles.
En réaction, le ministère russe de la Défense s’est contenté d’annoncer avoir abattu 41 drones ukrainiens pendant la nuit, dont trois au-dessus de la région de Krasnodar. Un décompte qui, comme toujours dans cette guerre, est difficile à vérifier.
Et puis, il y a eu cet événement glaçant à Moscou même. Un lieutenant-général russe a été tué lundi par une voiture piégée. Les enquêteurs soupçonnent fortement l’Ukraine d’être à l’origine de cet assassinat. Si c’est confirmé, ce serait un nouvel exemple de la stratégie de Kiev : choisir des cibles surprises, de haut rang, pour déstabiliser le commandement adverse. Une guerre dans l’ombre qui se superpose à la guerre conventionnelle.
Conclusion : Négocier sous les bombes, un équilibre fragile

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Alors voilà où nous en sommes. D’un côté, des diplomates américains, ukrainiens et européens discutent d’un plan de paix en 20 points en Floride. De l’autre, des frappes de missiles, des dépôts de munitions qui sautent, des généraux qui tombent, et des avions qui brûlent sur leur tarmac. C’est un contraste saisissant, presque insoutenable.
Zelensky, avec son pragmatisme habituel, semble croire que le chemin tracé par les Américains est « assez solide ». Près de 90% de ses demandes seraient sur la table. C’est un début, et un bon début. Mais il sait aussi, mieux que quiconque, que ni son camp ni celui de Poutine ne sont prêts à tout concéder. Les négociations butent sur des exigences « fortement contradictoires », comme le dit le texte.
Les frappes ukrainiennes en territoire russe et l’assassinat d’un haut gradé à Moscou montrent une chose : Kiev veut négocier, certes, mais pas depuis une position de faiblesse. Chaque action militaire, chaque coup porté à l’arrière des lignes est aussi un message adressé à la table des négociations. Un rappel que cette guerre est loin d’être gagnée pour qui que ce soit.
Le plan américain détaillé par Zelensky – avec ses garanties de sécurité, son armée de 800 000 hommes et son rêve européen – dessine les contours d’une Ukraine future, protégée et souveraine. Mais entre ce projet sur le papier et la réalité du champ de bataille, il y a un fossé immense que seules des semaines, peut-être des mois, de discussions très difficiles pourront combler. Et pendant ce temps, malheureusement, la guerre continue de faire des victimes des deux côtés.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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