Des roulottes haltes-chaleur pour se réchauffer près du campement Notre-Dame à Montréal

Des roulottes haltes-chaleur pour se réchauffer près du campement Notre-Dame à Montréal credit : lemorning.ca (image IA)

Une réponse d’urgence face au froid mortel

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Vous savez, quand l’hiver montréalais frappe, il frappe fort, et pour ceux qui n’ont pas de toit, c’est une question de vie ou de mort. Littéralement. C’est dans ce contexte glaçant que l’organisme L’Anonyme lance une initiative pour, au moins, tenter d’éviter le pire.

À partir de la mi-janvier, deux roulottes de chantier vont être installées près du campement Notre-Dame, dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. L’idée est simple, mais vitale : offrir un coin chaud, 24 heures sur 24, aux personnes en situation d’itinérance. Un endroit où se mettre à l’abri, n’importe quand, jour ou nuit.

L’objectif, selon Julien Montreuil, le directeur général de L’Anonyme, est on ne peut plus clair : « offrir un lieu au chaud pour que les personnes qui sont en campement ne meurent pas de froid cet hiver ». La semaine dernière, une tragédie est venue rappeler l’urgence de la situation. Dimanche, dans Rosemont–La Petite-Patrie, des pompiers appelés pour un incendie dans une tente ont découvert le corps d’un homme dans la trentaine. Il était déjà trop tard. Alors oui, ce genre de projet, c’est loin d’être un luxe.

Les détails concrets du projet : où, quand et comment

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Bon, alors concrètement, où est-ce que ça va se passer ? L’Anonyme confirme que les deux roulottes seront placées au nord de la rue Notre-Dame, plus précisément sur cette bande gazonnée qui se trouve entre la rue Viau et le viaduc Bercy. L’emplacement exact sur cette zone, ils ne l’ont pas encore arrêté, mais ils y travaillent.

La première de ces haltes-chaleur devrait ouvrir ses portes entre la mi- et la fin janvier. Au début, elle ne fonctionnera que la nuit. À l’intérieur, on pourra trouver des choses toutes simples, mais qui font toute la différence quand on gèle dehors : un café chaud, un bol de soupe, une couverture pour s’enrouler et des chaises pour s’asseoir. C’est basique, mais ça sauve des vies.

L’organisme compte ensuite rendre cette première roulotte opérationnelle 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Il faut dire que c’est un peu compliqué, parce qu’il faut embaucher du personnel, des intervenants. Leur idée, c’est de faire fonctionner cette première unité en continu avant de lancer la seconde, qui suivra le même rythme infernal, jour et nuit.

Chaque roulotte pourra accueillir une petite dizaine de personnes à la fois, et il y aura toujours entre deux et trois intervenants sur place pour encadrer et aider. Ils estiment qu’il y a environ une soixantaine de tentes dans le campement Notre-Dame, mais comme M. Montreuil le dit, compter les gens qui vivent dans la rue, c’est toujours un peu la loterie. « Pour ces personnes et les autres qui vivent dans la rue, il faut éviter le moins pire possible », affirme-t-il. On ne peut pas être plus franc.

L’hiver, l’humidité, et le défi de la cohabitation

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Julien Montreuil nous explique le vrai danger, et ce n’est pas seulement le froid sec. « Des journées comme aujourd’hui – il y a un redoux pour quelques jours –, tout va être mouillé. Après, ça va tout geler. Comme on en parlait avec la santé publique, le froid et l’humidité, c’est le cocktail parfait pour des engelures, voire des décès par hypothermie. » On a beau le savoir, l’entendre de la bouche de quelqu’un sur le terrain, ça frappe plus fort. C’est une course contre la montre et contre les éléments.

Mais ce projet ne tombe pas du ciel dans un quartier tranquille. Il s’ajoute à d’autres mesures, et les tensions sont palpables. Vendredi dernier, une autre halte-chaleur, celle-là de 60 places, a ouvert dans l’ancien couvent Sainte-Émélie, tout près. Mardi dernier, des résidents du coin se sont réunis justement pour parler de « saine cohabitation », surtout avec l’école primaire qui est à côté. L’inquiétude des citoyens est là, elle est réelle.

Montreuil ne la balaie pas d’un revers de main. Il dit : « L’insécurité [des citoyens] est hyper valide, mais on doit s’assurer que personne d’autre ne meure cet hiver. » C’est tout le dilemme. Il promet donc d’être à l’écoute, de s’adapter « hyper rapidement » aux préoccupations des voisins. Une fois l’emplacement précis des roulottes choisi, l’organisme rencontrera les citoyens directement concernés. Et ils assurent vouloir les installer le plus proche possible de la rue Notre-Dame, justement pour tenir compte du voisinage et ne pas créer de nouvelle friction.

Contexte politique et silence des autorités

Il faut remettre ça dans un contexte plus large. Souvenez-vous, quand la mairesse Soraya Martinez Ferrada est arrivée au pouvoir, elle avait annoncé une cellule de crise sur l’itinérance et surtout, l’ajout de 500 nouvelles places dans des haltes-chaleur d’ici Noël. Ces deux roulottes s’inscrivent un peu dans cette promesse, même si on est déjà en janvier.

Par contre, et c’est intéressant, au moment où l’article a été écrit, les services de communication de la mairesse n’avaient pas répondu aux demandes de Radio-Canada. Le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal non plus, d’ailleurs. Et le Service de sécurité incendie de Montréal a, quant à lui, carrément refusé de réagir. Un silence qui en dit parfois long, vous ne trouvez pas ?

Finalement, c’est un peu le reflet de la situation globale : une urgence humaine évidente, des initiatives sur le terrain pour y répondre, mais aussi des craintes légitimes dans la communauté et des autorités qui semblent parfois à distance. Le travail de L’Anonyme, avec ces roulottes, c’est une bouée de sauvetage concrète, immédiate. C’est fragile, mais c’est déjà ça. L’hiver est long à Montréal.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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