Le niveau de la rivière Sumas baisse, mais l’inquiétude reste forte en Colombie-Britannique
Simon Kabbaj - 2025-12-13 10:16
credit : lemorning.ca (image IA)
Une accalmie précaire après le pic

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C’est un petit soulagement, mais il est fragile. Vendredi, le niveau de la rivière Sumas, en Colombie-Britannique, a enfin commencé à redescendre après avoir atteint son pic le jeudi précédent. On aurait pu croire à une embellie, sauf que tout le monde retient son souffle ici. La vallée du Fraser, déjà durement touchée par les inondations de cette semaine, se prépare en effet à recevoir de nouvelles pluies.
Les météorologues d’Environnement Canada sont formels : ils ont publié un bulletin spécial pour la région, déjà complètement saturée, annonçant de nouveaux épisodes de pluie pour la fin de semaine et une partie de la semaine prochaine. La menace est donc loin d’être écartée.
La situation sur le terrain reste très tendue. Vendredi soir, rien qu’à Abbotsford, près de 500 propriétés étaient toujours sous le coup d’un ordre d’évacuation obligatoire. Et environ un millier d’autres étaient concernées par une simple alerte, signifiant qu’elles devaient se tenir prêtes à partir à tout moment. C’est énorme, vous imaginez? Le Centre de prévision des régimes fluviaux de la province a d’ailleurs maintenu un avertissement d’inondation spécifique pour la seule région de la rivière Sumas.
Les répercussions concrètes : routes coupées et écoles fermées

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Les dégâts causés par ces pluies diluviennes sont bien réels et ils ont complètement bouleversé la vie quotidienne. Prenons l’exemple des routes : l’autoroute Transcanadienne a été fermée dans les deux directions à Abbotsford, entre Sumas Way et la Route 3, et ce depuis jeudi soir. Imaginez le chaos pour les déplacements ! Les autorités provinciales avouent elles-mêmes ne pas savoir quand la circulation pourra reprendre normalement dans ce secteur crucial. En attendant, le ministère des Transports conseille aux gens de consulter le site web de Drive BC pour se tenir au courant.
Et ce n’est pas tout. Les écoles aussi ont dû fermer leurs portes. Toutes les écoles d’Abbotsford sont restées fermées vendredi. Johanne Sauvé, une résidente de Chilliwack qui enseigne à Abbotsford, a ressenti cette fermeture de plein fouet. Elle habite près de la rivière Vedder, vous savez. Elle raconte : « Moi, quand j’ai entendu la nouvelle hier et qu’on nous a dit de partir le plus vite possible de l’école, je me suis sentie vraiment anxieuse. » Une peur compréhensible, surtout quand on se souvient des terribles inondations de 2021. Elle dit avoir eu peur que ce scénario catastrophe ne se répète, surtout après avoir appris que le fleuve Nooksack, de l’autre côté de la frontière aux États-Unis, avait débordé.
La colère du maire d’Abbotsford et l’appel à l’action

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Le maire d’Abbotsford, Ross Siemens, n’y va pas par quatre chemins. Il est franchement exaspéré, et on le comprend. Il a déclaré, sans ambages, que « la sécurité et le bien-être de nos résidents, nos fermes, notre bétail, la sécurité alimentaire, l’économie provinciale et même nationale sont à risque et demeurent sans protection. » Des mots forts, qui résument son sentiment d’abandon.
Il reconnaît le soutien des ministères provinciaux, mais estime que ce n’est clairement pas suffisant. Pour lui, il faut des actions immédiates, et les promesses du gouvernement fédéral, qu’il qualifie carrément de « vaines », ne suffisent plus. Pire encore, il déplore que personne à Ottawa n’ait pris le temps de le contacter directement pendant cette crise. C’est dire…
Il rappelle amèrement qu’un plan à long terme pour atténuer les effets des crues avait été mis en place six mois après le désastre de 2021, justement pour éviter que l’histoire ne se répète. « La Ville a fait des pieds et des mains pour être entendue », insiste-t-il. « C’est frustrant de voir que ma ville et ses résidents courent des risques, sans raison, à cause de l’inaction. » On sent la lassitude et une profonde frustration dans ses propos.
Il pointe aussi du doigt les voisins américains. Selon lui, les « amis dans l’État de Washington » doivent « se réveiller » et comprendre que les inondations dévastatrices ressenties au Canada sont liées à la gestion des eaux et de l’irrigation, des sujets qui étaient pourtant couverts par le traité du fleuve Columbia. Il fait directement référence au débordement du fleuve Nooksack, dans l’État de Washington, dont les eaux se déversent dans la rivière Sumas, en Colombie-Britannique.
Du côté d’Ottawa, le bureau de la ministre fédérale de la Gestion des urgences, Eleanor Olszewski, a tout de même indiqué être en contact avec son homologue provincial, M. Greene, pour déployer de l’aide si nécessaire. Ils ont aussi précisé qu’un appel avec le maire Siemens était prévu pour le vendredi.
La situation catastrophique de l’autre côté de la frontière

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La crise n’est malheureusement pas confinée au Canada. De l’autre côté de la frontière, dans l’État de Washington, c’est le même scénario de cauchemar. Les autorités locales parlent carrément d’inondations historiques et affirment que tous les niveaux de gouvernement collaborent étroitement sur place, même si elles n’ont pas mentionné de coordination avec le Canada.
Les dégâts sont impressionnants, voire terrifiants. Près de la frontière, les villes de Sumas, Nooksack et Everson ont été évacuées après avoir été submergées. Le poste frontalier de Sumas a même dû être fermé, selon les informations du comté de Whatcom. Des images montrent des résidents qui sauvent des animaux, comme cette poule arrachée à un poulailler inondé à Burlington.
Vendredi matin, la situation était si grave que des troupes de la Garde nationale ont dû faire du porte-à-porte pour évacuer Burlington, dans le comté de Skagit, au nord de Seattle. Les descriptions font froid dans le dos : des familles contraintes de se réfugier sur les toits, des ponts emportés par les flots, des maisons littéralement arrachées de leurs fondations…
Le gouverneur de l’État, Bob Ferguson, avait d’ailleurs averti que jusqu’à 100 000 personnes pourraient devoir être évacuées. Face à l’ampleur de la catastrophe, il a annoncé vendredi que le président Donald Trump avait signé une déclaration de catastrophe naturelle pour l’État, ce qui va permettre de débloquer des fonds fédéraux d’urgence.
Conclusion : Une communauté sous la menace des eaux

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Alors voilà, on respire un peu puisque la rivière Sumas redescend, mais l’inquiétude, elle, est toujours là, palpable. Entre les souvenirs douloureux de 2021, les nouvelles pluies annoncées, et la colère des élus locaux qui se sentent abandonnés, l’atmosphère reste lourde en Colombie-Britannique.
Cette crise met en lumière, une fois de plus, la vulnérabilité de ces régions face aux événements météorologiques extrêmes. Elle montre aussi à quel point les problèmes d’inondation sont transfrontaliers et nécessitent une coopération étroite, comme le réclame avec insistance le maire Siemens. Pour les centaines de familles évacuées et les agriculteurs qui voient leurs terres noyées, les jours à venir seront cruciaux. Ils attendent des actions concrètes, et pas seulement des paroles.
Le travail des secours continue des deux côtés de la frontière, dans l’espoir que les prochaines précipitations ne viennent pas aggraver une situation déjà si difficile. On croise les doigts pour eux.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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