Marseille : l’ombre du narcoterrorisme sur les cités
Adam David - 2025-12-10 10:35
credit : lemorning.ca (image IA)
La cité phocéenne, une mère et son fils
Son fils a fini par se faire passer à tabac, puis défenestrer par des types cagoulés l’été dernier. Il a survécu, miraculeusement. Quelques mois plus tard, il replongeait, comme si la prison était devenue une issue plus sûre que la rue. Voilà le quotidien à Marseille. Une tragédie parmi des centaines, qui dit quelque chose de bien plus profond et terrifiant que le simple trafic de drogue.
Le Marseille des deux visages : du soleil à l’oubli

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Il parle de cités qui abritent dix mille âmes sans âme, ou presque. Des endroits où les services publics sont un lointain souvenir. Il ne compte plus les jeunes qu’il a vus tomber. Mais ce qui le glace encore, c’est cette banalité de la violence. Un jour, près d’une poubelle, des enfants de douze ans découvrent un corps calciné. Leur réaction ? Sortir leur téléphone pour filmer et rigoler. La mort, ici, est devenue un spectacle.
La logique du guetteur : 150 euros pour une nuit de veille

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« C’est dur de trouver du travail à Marseille », lâche-t-il, comme si c’était une évidence. Alors ils deviennent des cibles idéales, de la chair à canon jetable. Et la peur ? Il dit l’avoir intégrée, « pris en compte dans sa tête ». Le risque de finir au cimetière ou en taule fait partie du contrat. Un choix par défaut, dans une ville qui n’en offre plus beaucoup.
Le point de bascule : l’assassinat de Mehdi Kessaci

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Jean Michel Verne, un spécialiste du crime organisé, le dit sans détour : « L’omertà est tombée sur Marseille. » Le silence s’est installé, glaçant. Les clans traditionnels ont laissé place à des seigneurs de guerre plus impitoyables. La DZ Mafia, notamment, impose sa terreur. La peur, désormais, est le seul chef qui règne.
L’État de droit en échec ? Le constat d’une résistante
L’assassinat de Mehdi Kessaci est un avertissement sanglant adressé à l’État lui-même. « C’est l’État de droit qui est défié », martèle-t-elle. Si l’État ne protège plus ses citoyens, s’il baisse la tête, alors il s’effondre. Le message est clair : la bataille n’est plus seulement policière, elle est devenue existentielle pour la République.
Conclusion : La prison, dernier refuge d’une mère

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La phrase reste en suspens. À Marseille, l’espoir se mesure aujourd’hui à l’aune des murs d’une cellule. Les descentes de police, les 1500 hommes déployés, c’est un coup d’épée dans l’eau si on ne s’attaque pas au cœur du mal. À cette jeunesse sacrifiée qui, faute de mieux, vend sa vigilance pour 150 euros la nuit, et parfois, sa vie.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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