Pénurie d’éducatrices : le recrutement de personnel non qualifié dans les garderies a triplé

Pénurie d’éducatrices : le recrutement de personnel non qualifié dans les garderies a triplé credit : lemorning.ca (image IA)

L’onde de choc des embauches non qualifiées

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La crise de main-d’œuvre dans le réseau des services de garde au Québec atteint, je pense, un niveau vraiment critique. Si on regarde les chiffres du ministère de la Famille, c’est presque effrayant : le recrutement d’éducatrices qui n’ont pas la qualification requise a tout simplement triplé en seulement quatre ans. Trois fois plus de gens sans diplôme spécifique avec nos enfants! Évidemment, les gestionnaires de garderies vous diront qu’ils n’ont absolument pas le choix. C’est une situation où la nécessité l’emporte sur l’idéal.

Le réseau des services de garde, en pleine expansion pour répondre à la demande, semble aujourd’hui au bord du gouffre. La question n’est plus de savoir si on trouve du personnel, mais plutôt : à quel prix pour la qualité des services?

Fermer ou embaucher : le dilemme des gestionnaires

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Pour les gestionnaires, c’est une véritable impasse. On dirait qu’ils sont pris entre le marteau et l’enclume, non? Samir Alahmad, qui préside l’Association des garderies privées du Québec (AGPQ), résume ça d’une phrase percutante : « [Le choix], c’est entre fermer des groupes ou embaucher des gens avec zéro qualification ». Il n’y a pas de zone grise ici, on dirait.

Ce qui est terrible, c’est que plusieurs garderies privées subventionnées, de peur de laisser les parents sans solution, n’arrivent plus à maintenir le ratio d’au moins une éducatrice qualifiée sur deux. Résultat? Elles se retrouvent avec des amendes salées, parfois 1000 $! Et quand l’inspecteur revient un mois plus tard, la situation est la même! M. Alahmad le dit bien, ils frappent à toutes les portes – LinkedIn, Emploi Québec – pour trouver des personnes formées, mais il n’y en a simplement pas. C’est clair que, comme il le dit, « Le réseau, ça va pas bien. »

Jouer à tetris avec les départs : le casse-tête de la rétention

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Ce n’est pas seulement l’attraction qui pose problème, la rétention aussi est un cauchemar. Prenez Louise Touchette, directrice générale du CPE Les Petits Mulots à Québec. Elle gère plus de 200 places sur trois installations, et elle confie que c’est un « gros casse-tête ». Elle dit carrément qu’elle joue à Tetris pour combler les trous. Imaginez la stabilité pour les enfants! L’année passée, elle a même dû renvoyer cinq poupons à la maison, car elle manquait cruellement de personnel.

Les chiffres de départ sont alarmants pour 2024-2025 : une éducatrice sur cinq a quitté le réseau des garderies. Et non, ce n’est pas la retraite (seulement 3 % des départs). Ce sont surtout les conditions de travail, le salaire et le désir de changement qui poussent les gens à partir. Le milieu est épuisant, c’est une réalité.

Déshabiller pierre pour habiller paul : le réseau scolaire en cause

Où vont toutes ces éducatrices? C’est là que le portrait devient vraiment complexe. Une bonne partie, environ 800 éducatrices rien que pour 2024-2025 (et plus de la moitié d’entre elles étaient qualifiées!), sont parties pour le réseau scolaire, que ce soit pour la maternelle 4 ans ou les services de garde en école. Quand Louise Touchette observe cela, elle se demande à voix haute si on n’est pas tout simplement en train de « déshabiller Pierre pour habiller Paul ».

C’est une observation très juste, je trouve. On essaie de développer un réseau sans regarder l’impact sur l’autre. Le ministère de la Famille vient tout juste de commencer à extrapoler ces données vers le réseau scolaire, donc il est encore difficile de prédire la tendance exacte. Mais le déplacement est là. On crée des places en garderie, certes, mais on saigne les effectifs qualifiés au profit du système scolaire. C’est un cercle vicieux.

La qualification : qu’est-ce que ça veut dire concrètement?

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Parce que souvent, on mélange tout. C’est important de se rappeler ce qu’est une éducatrice « qualifiée » et ce qu’est une « non qualifiée » dans ce contexte précis. Une éducatrice qualifiée, c’est celle qui détient un diplôme de niveau collégial en techniques d’éducation à l’enfance ou un équivalent reconnu, souvent avec une expérience professionnelle significative. C’est une vraie formation, conçue pour l’éveil et le développement.

À l’opposé, une éducatrice non qualifiée, bien qu’elle doive avoir un minimum (comme une vérification policière pour l’absence d’empêchement et une formation en secourisme, c’est rassurant quand même), n’a pas cette base éducative. C’est pour ça que l’AQCPE (Association québécoise des centres de la petite enfance) insiste, via Geneviève Blanchard, sur la nécessité de qualifier les personnes avant qu’elles intègrent le réseau. Offrir des places, oui, mais, comme le dit Louise Touchette, « à quel prix? »

Les efforts et les solutions du ministère

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Face à cette pression, le cabinet de la ministre de la Famille, Kateri Champagne Jourdain, affirme que l’augmentation du nombre d’éducatrices qualifiées est au « cœur de nos priorités ». C’est bien de le souligner. Ils mentionnent que plusieurs solutions sont en place et commencent, paraît-il, à porter leurs fruits petit à petit.

Qu’est-ce qui fonctionne? Principalement les formations en alternance travail-études et la hausse des salaires pour les éducatrices qualifiées. C’est logique : si le salaire augmente, l’attractivité aussi, non? Depuis le lancement de l’Opération main-d’œuvre en 2021 (par la CAQ), on a noté que deux fois plus de personnel éducateur s’est qualifié en cours d’emploi. L’an dernier seulement, c’est plus de 2000 éducatrices qui ont complété leur qualification. C’est quand même une donnée encourageante qui montre que l’effort paie.

Conclusion : une stabilité fragile et un défi persistant

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Malgré l’embauche massive de personnel non qualifié et la vague de départs vers le réseau scolaire, il y a un fait qui reste, et il est essentiel : la proportion d’éducatrices qualifiées dans le réseau est restée stable à 67 %. C’est la qualification en cours d’emploi qui a permis de tenir la barre. Mais cette stabilité est précaire.

Le réseau continue de s’agrandir, comme le dit Pascal Doyon du ministère de la Famille, mais cette croissance met une pression énorme sur l’attraction et la qualification. Il faut continuer à insister sur la formation. On ne peut pas juste chercher à boucher les trous rapidement. L’avenir de nos tout-petits dépend directement de la qualité des gens qui s’en occupent. C’est un travail précieux, et il mérite d’être exercé par des professionnels bien formés. Affaire à suivre, bien sûr.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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