Pénurie d’éducatrices : le recrutement de personnel non qualifié dans les garderies a triplé
Mathieu Gagnon - 2025-12-04 10:10
credit : lemorning.ca (image IA)
L’onde de choc des embauches non qualifiées

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Le réseau des services de garde, en pleine expansion pour répondre à la demande, semble aujourd’hui au bord du gouffre. La question n’est plus de savoir si on trouve du personnel, mais plutôt : à quel prix pour la qualité des services?
Fermer ou embaucher : le dilemme des gestionnaires

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Ce qui est terrible, c’est que plusieurs garderies privées subventionnées, de peur de laisser les parents sans solution, n’arrivent plus à maintenir le ratio d’au moins une éducatrice qualifiée sur deux. Résultat? Elles se retrouvent avec des amendes salées, parfois 1000 $! Et quand l’inspecteur revient un mois plus tard, la situation est la même! M. Alahmad le dit bien, ils frappent à toutes les portes – LinkedIn, Emploi Québec – pour trouver des personnes formées, mais il n’y en a simplement pas. C’est clair que, comme il le dit, « Le réseau, ça va pas bien. »
Jouer à tetris avec les départs : le casse-tête de la rétention

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Les chiffres de départ sont alarmants pour 2024-2025 : une éducatrice sur cinq a quitté le réseau des garderies. Et non, ce n’est pas la retraite (seulement 3 % des départs). Ce sont surtout les conditions de travail, le salaire et le désir de changement qui poussent les gens à partir. Le milieu est épuisant, c’est une réalité.
Déshabiller pierre pour habiller paul : le réseau scolaire en cause
C’est une observation très juste, je trouve. On essaie de développer un réseau sans regarder l’impact sur l’autre. Le ministère de la Famille vient tout juste de commencer à extrapoler ces données vers le réseau scolaire, donc il est encore difficile de prédire la tendance exacte. Mais le déplacement est là. On crée des places en garderie, certes, mais on saigne les effectifs qualifiés au profit du système scolaire. C’est un cercle vicieux.
La qualification : qu’est-ce que ça veut dire concrètement?

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À l’opposé, une éducatrice non qualifiée, bien qu’elle doive avoir un minimum (comme une vérification policière pour l’absence d’empêchement et une formation en secourisme, c’est rassurant quand même), n’a pas cette base éducative. C’est pour ça que l’AQCPE (Association québécoise des centres de la petite enfance) insiste, via Geneviève Blanchard, sur la nécessité de qualifier les personnes avant qu’elles intègrent le réseau. Offrir des places, oui, mais, comme le dit Louise Touchette, « à quel prix? »
Les efforts et les solutions du ministère

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Qu’est-ce qui fonctionne? Principalement les formations en alternance travail-études et la hausse des salaires pour les éducatrices qualifiées. C’est logique : si le salaire augmente, l’attractivité aussi, non? Depuis le lancement de l’Opération main-d’œuvre en 2021 (par la CAQ), on a noté que deux fois plus de personnel éducateur s’est qualifié en cours d’emploi. L’an dernier seulement, c’est plus de 2000 éducatrices qui ont complété leur qualification. C’est quand même une donnée encourageante qui montre que l’effort paie.
Conclusion : une stabilité fragile et un défi persistant

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Le réseau continue de s’agrandir, comme le dit Pascal Doyon du ministère de la Famille, mais cette croissance met une pression énorme sur l’attraction et la qualification. Il faut continuer à insister sur la formation. On ne peut pas juste chercher à boucher les trous rapidement. L’avenir de nos tout-petits dépend directement de la qualité des gens qui s’en occupent. C’est un travail précieux, et il mérite d’être exercé par des professionnels bien formés. Affaire à suivre, bien sûr.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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