La course contre le froid pour les 5 millions

credit : lemorning.ca (image IA)
C’est un peu la même histoire chaque année, n’est-ce pas? Dès que les premières neiges tombent, on se rappelle brutalement que l’hiver québécois ne fait pas de cadeaux aux personnes en situation d’itinérance. Cette année, la nouvelle ministre responsable des Services sociaux, Sonia Bélanger, qui a repris le dossier après le départ de son collègue Lionel Carmant fin octobre, se trouve immédiatement au pied du mur.Son objectif premier, c’est de « simplifier la machine », comme elle dit, pour que les 5 millions de dollars annoncés lors de la récente mise à jour économique puissent réellement descendre sur le terrain. Et vite. Ces fonds, insiste-t-elle, sont strictement dédiés aux mesures hivernales : garantir des lits, ouvrir des places supplémentaires dans les haltes-chaleur. Il est absolument « inadmissible » que des gens se retrouvent dehors lorsque les grands froids s’installent.
Mais, bien sûr, l’urgence est là, et les organismes se demandent si l’aide arrivera avant que le mercure ne chute de façon dramatique.
Halte à la lourdeur administrative : faire confiance aux organismes

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Lors de sa tournée des refuges, que ce soit à Montréal ou à Québec, la ministre Bélanger a clairement mis le doigt sur un problème récurrent : la fameuse lourdeur administrative. On parle ici de paperasse interminable, de redditions de comptes qui s’étirent sur « 15 pages et de 50 pages » pour obtenir des fonds. Franchement, qui a le temps de faire ça quand l’urgence dicte le rythme?Mme Bélanger, avec une approche qui se veut pragmatique et humaine, affirme ne pas avoir besoin de toute cette bureaucratie. Ce qu’elle veut voir, c’est du concret. Elle préfère, dit-elle, faire « confiance à nos partenaires et à nos organismes ». Après tout, ils sont sur la ligne de front et savent exactement ce qu’il faut faire. Avec une cinquantaine d’organismes impliqués rien qu’à Québec, il faut bien avouer que la coordination, si elle n’est pas simplifiée, risque de paralyser l’action.
Une responsabilité partagée dans la tempête

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Ah, le casse-tête des responsabilités ! Le dossier de l’itinérance est incroyablement complexe parce qu’il implique plusieurs paliers : le gouvernement provincial, les villes, le réseau de la santé (les fameux CIUSSS et CISSS) et, bien sûr, les organismes communautaires. Quand on essaie de démêler tout ça, on peut vite avoir la tête qui tourne.La ministre Bélanger assume son rôle en disant : « Je porte la responsabilité et j’en assume toute l’ampleur. » C’est dit. Mais elle ajoute immédiatement, de manière très réaliste, que c’est une « responsabilité partagée ». Le gouvernement Legault continuera d’aider les municipalités financièrement, reconnaissant que la crise ne cesse de s’amplifier. De plus, elle souligne l’importance des CIUSSS et des CISSS, ces acteurs sont absolument essentiels pour fournir les services psychosociaux spécialisés et professionnels, cruciaux pour aider les gens à se sortir durablement de la rue. Oui, elle le reconnaît, il y a un manque de ressources. Reste à voir si « être au rendez-vous » suffira.
Les doutes de l’opposition : une aide « trop tardive » et insuffisante

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Du côté de l’opposition officielle, l’enthousiasme est loin d’être au rendez-vous. Guillaume Cliche-Rivard, le porte-parole de Québec solidaire, ne mâche pas ses mots. « Pourquoi est-ce que cette aide-là arrive le 24 novembre? » C’est une question qui résonne fortement, surtout après qu’une bordée de neige ait déjà forcé les CIUSSS de la Capitale-Nationale à ouvrir les répits de nuit le 10 novembre.Le député déplore que ces 5 millions ne soient qu’un simple « plaster dans l’urgence », une solution pansement qui n’aide pas les organismes à planifier à long terme. Cliche-Rivard insiste pour que ces enveloppes soient pérennisées. La réalité est alarmante : il estime qu’il manque au minimum 500 places d’urgence à Montréal cet hiver.
Et comment ignorer les chiffres terrifiants? L’année dernière, 108 personnes sont mortes en situation d’itinérance au Québec. C’est ça l’enjeu, c’est pourquoi le député insiste : « Il n’y a personne qui devrait mourir de froid au Québec. » C’est une vérité qui fait mal, non?
La demande explose : l’angoisse des refuges
Pour vraiment comprendre l’ampleur du problème, il faut regarder le terrain. Prenons l’exemple de Lauberivière, le plus grand refuge de Québec, dirigé par Éric Boulay. Pour lui, la fin de l’automne a déjà l’air de l’hiver. Déjà, en début novembre, ils ont dû refuser d’accueillir une vingtaine de personnes. Faute de place, tout simplement.M. Boulay le dit clairement : les organismes tiennent ce filet social « à bout de bras ». Est-ce qu’ils vont être capables d’absorber la demande à long terme? Il en doute.
Le constat est d’ailleurs stupéfiant : le nombre de demandes d’aide a doublé en cinq ans. Plus de 5000 personnes différentes ont été accueillies l’an dernier. Mais ce qui frappe le plus, c’est que 75 % de ces demandeurs étaient des gens qui n’avaient jamais connu l’itinérance auparavant. C’est une augmentation fulgurante, qui nous montre que la crise dépasse largement les habitués de la rue.
Conclusion : l’espoir des haltes-chaleur face à l’urgence

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Alors, que fait-on concrètement en attendant que la machine se « simplifie » et que les fonds arrivent? Lundi dernier, la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a réagi en annonçant la création d’une cellule de crise en itinérance. Elle a promis l’ajout de 500 nouvelles places en haltes-chaleur d’ici Noël. Un geste bienvenu, mais qui ne fait qu’égaler le minimum que Québec Solidaire jugeait manquant.L’enjeu, il faut le répéter, ce n’est pas seulement de mettre un toit temporaire au-dessus de la tête des gens. C’est de s’assurer que l’aide, surtout celle des 5 millions annoncés par Québec, arrive réellement assez tôt pour éviter des drames humains, et de réfléchir à des solutions qui ne soient pas que des « plasters » annuels. La nouvelle ministre Bélanger a une tâche colossale devant elle, car la crise de l’itinérance s’amplifie et les organismes sont, on le voit bien, à saturation. Il est grand temps d’aller au-delà de la paperasse pour sauver des vies cet hiver. C’est le souhait de tous, je suppose.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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