La lutte contre le VIH en péril : l’objectif 2030 s’éloigne malgré les avancées médicales
Simon Kabbaj - 2025-12-01 11:02
credit : lemorning.ca (image IA)
Un paradoxe inquiétant à Toronto

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Malgré toutes les percées incroyables en matière de traitement et de prévention, il semble que l’atteinte de la cible mondiale fixée par l’ONU, soit mettre fin à l’épidémie de sida comme menace pour la santé publique d’ici 2030, devienne un objectif de plus en plus difficile à concrétiser, au Canada comme ailleurs.
La fermeture de l’ACT : moins d’usagers, plus de dettes
D’autre part, et c’est là que le bât blesse vraiment, l’organisme torontois traîne un déficit budgétaire depuis plus de cinq ans. On parle de montants oscillant entre 250 000 $ et 800 000 $. Pire encore, les dons ont fondu comme neige au soleil : l’ACT avait amassé 3,6 millions de dollars en 2003, alors qu’il peine à atteindre les 300 000 $ cette année. Quand le financement fédéral reste quasi stagnant depuis dix ans, il devient impossible de combler un tel trou. M. Lisk espère au moins que le retrait de l’ACT permettra à d’autres organismes plus spécialisés de récupérer ces fonds, ce serait déjà ça de gagné.
L’espoir né de la PrEP et des options injectables

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C’est notamment l’arrivée de la PrEP (médicaments de prévention) qui change la donne. Désormais, il existe même des options injectables, ce qui est beaucoup plus simple. Comme le dit très justement l’infectiologue Darrell Tan, de l’hôpital St. Michael’s, « C’est plus facile de recevoir des injections six fois par année que de prendre une pilule chaque jour. » Ce genre d’innovation permet non seulement de limiter les nouvelles infections chez les groupes à risque, mais aussi d’améliorer l’adhésion aux soins, ce qui est fondamental.
La fragilisation de la voix francophone en ontario

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« C’est difficile de perdre un joueur de poids parce que, quand on a des relations aussi fortes, ça permet d’aller parler aux bailleurs de fonds ensemble, d’aller parler aux gouvernements ensemble, » a-t-il souligné. En clair, cela « diminue notre voix, en fait. » Travailler seul, c’est toujours plus ardu, surtout pour des organismes qui dépendent tellement des subventions et des partenariats pour maintenir leurs services essentiels.
Le Canada et les objectifs 95-95-95 : sommes-nous en retard?
Pourquoi le dernier point est-il crucial? Parce que, comme le rappelle l’infectiologue Isaac Bogoch, si la charge virale est indétectable, « il ne peut pas transmettre le virus à d’autres personnes. » Le Canada, selon les données les plus récentes, se situerait autour de 89-85-95. C’est encourageant, certes, et nous faisons « un travail remarquable » comparé à d’autres pays riches, selon M. Bogoch. Cependant, nous ne sommes pas dans la zone cible. Le chemin est long, et le temps presse pour 2025.
L’effet de l’immigration et la crise du financement international

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En fait, le vrai problème, c’est le financement mondial qui s’effondre. L’ONUSIDA a sonné l’alarme, mentionnant que le retrait de l’administration Trump avait décimé la moitié de son budget. Ce manque de soutien est une catastrophe globale. Couper cette aide alors qu’il y a « toujours une crise de santé publique partout dans le monde, ça n’a pas de sens. C’est vraiment désastreux, » s’inquiète le chercheur Darrell Tan. Si les grands pays comme le Canada n’augmentent pas leurs contributions pour compenser, l’objectif 2030 deviendra illusoire, voire impossible.
Conclusion : Un optimisme modéré face à 2030

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Mais, pour y arriver d’ici 2030, il faudra bien plus que de la bonne volonté. Il faudra impérativement que le Canada, et tous les autres pays, fassent plus que de « s’en sortir plutôt bien », pour reprendre les mots de M. Bogoch. Le recul du financement international, les déficits locaux et la diminution de la voix associative sont autant d’obstacles qui rendent l’optimisme plus que prudent. Nous devons continuer le travail, sans quoi l’échéance de l’ONU passera à l’histoire comme un engagement non tenu.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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