COP30 : les voix ignorées qui portent l’espoir climatique, du Brésil aux îles menacées

COP30 : les voix ignorées qui portent l’espoir climatique, du Brésil aux îles menacées credit : lemorning.ca (image IA)

L’urgence climatique au cœur de la géopolitique

La dernière conférence des Nations Unies, la COP30, qui se tenait à Belém au Brésil, a laissé un goût amer à plusieurs. Franchement, on peut comprendre la déception, vous savez. Quand les grands pays peinent à s’entendre sur une feuille de route claire pour se débarrasser des énergies fossiles, on se demande si ces sommets servent vraiment à quelque chose. Pourtant, si les conclusions officielles sont tièdes, il ne faut pas négliger l’essentiel : ces rencontres mettent quand même la question climatique au centre de la géopolitique mondiale. Et surtout, elles permettent d’entendre des voix cruciales, des gens qui vivent les ravages du climat tous les jours.

Notre envoyé spécial a recueilli plusieurs témoignages, venant d’acteurs de terrains, de ministres courageux et de défenseurs de l’environnement, qui nous rappellent que les vraies solutions, celles qui marchent, sont souvent trouvées bien loin des salles de négociation climatiques.

La responsabilité morale de sortir du fossile

Prenons l’exemple d’Irene Veléz Torres, la Ministre de l’Environnement de la Colombie. Son pays est un gros producteur d’énergies fossiles, ce n’est pas rien, mais elle a pris le taureau par les cornes. Elle a mené le combat à Belém pour qu’une feuille de route de transition soit enfin incluse dans le texte final. C’est audacieux, non?

Elle l’a dit très clairement : les gouvernements ont une « responsabilité morale » envers les générations futures. Il ne s’agit plus seulement d’économie ou de politique, mais d’une question de conscience. Elle insiste sur le fait qu’ils doivent être la voix de leurs citoyens qui, eux, réclament plus de justice climatique et, oui, la fin de ces combustibles polluants. C’est peut-être utopique pour certains, mais il faut commencer quelque part.

Les mangroves : le meilleur rempart naturel

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Souvent, on cherche des solutions technologiques compliquées, mais la nature, elle, a déjà les réponses. C’est ce que nous rappelle Loubna Hamidi, négociatrice pour les Comores, une nation insulaire qui subit de plein fouet l’érosion côtière et la montée des eaux.

Pour elle, la solution est simple et élégante : il faut récompenser les pays qui protègent leurs écosystèmes côtiers. Aux Comores, les mangroves sont la clé! Elles diminuent l’érosion côtière, protègent contre les inondations et sont un refuge pour la biodiversité marine. Une simple plante, et pourtant, un bouclier si efficace. On ne peut pas le nier, si l’on veut s’adapter, il faut d’abord soutenir la nature qui nous soutient déjà.

Le dilemme de l’Amazonie et la survie des cueilleuses

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Au Brésil même, les enjeux sont palpables. J’ai été touché par le témoignage de Maria de Fatima, une cueilleuse de noix de babassu. Ce palmier, dont elle dépend, est directement menacé par les grandes chaleurs causées par les dérèglements, mais aussi par les entreprises qui rasent la forêt amazonienne.

Elle a résumé la situation de manière si poignante : « Sans la forêt, le climat est déréglé. Sans la forêt, on ne survit pas. » C’est une phrase courte, mais qui contient toute la vérité de ceux qui vivent de la terre, n’est-ce pas? Les projets d’agriculture intensive et de mines, s’ils créent de l’argent pour certains, détruisent l’équilibre vital des autres. Et ce n’est pas qu’un problème local, c’est le climat du monde qui dépend de cette forêt.

Adapter le regard aux vulnérabilités complexes

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L’adaptation, ce n’est pas uniquement construire des murs ou des digues. C’est ce qu’a expliqué Thybian Ibrahim, ministre adjoint de l’Environnement des Maldives. Ces îles sont extrêmement fragiles, on le sait, mais leur vulnérabilité va au-delà du risque de submersion. Il faut voir l’ensemble du tableau, dit-il.

Pour les Maldives, une sécheresse ou une inondation en Inde, par exemple, peut entraîner une « rupture de nos produits alimentaires ». Il faut donc penser globalement. L’adaptation climatique doit inclure la résilience alimentaire et économique, pas seulement les grandes infrastructures coûteuses. C’est beaucoup plus nuancé que ce que l’on entend généralement, je suppose.

La lutte contre le soya et les solutions locales

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Au Brésil encore, Luzia Mendes, pêcheuse dans l’État du Para, dénonce un autre problème : l’expansion des routes maritimes pour le transport du soya. Le gouvernement, dit-elle, drague le fond des rivières pour laisser passer encore plus de bateaux. Mais quel est le coût? Ça tue les poissons, ça détruit la pêche locale!

Elle a une perspective pragmatique : « Tuer les poissons n’est pas la solution. La solution, c’est de cesser de ne dépendre que du soya pour créer des emplois. » Elle met le doigt sur le besoin de diversification, de sortir de la monoculture destructrice. C’est un combat pour le mode de vie, autant que pour le climat.

Le climat : l’action passe par les villes et les femmes

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Enfin, deux voix importantes soulignent que l’action ne dépend pas toujours des capitales nationales. Aux États-Unis, même si la diplomatie climatique a connu des hauts et des bas (je pense au retrait de l’administration Trump, même si ce n’est plus le cas aujourd’hui), Yamide Dagnet (NRDC) estime que ce n’est pas « catastrophique ». Le reste du monde apprend à avancer sans Washington. Ce sont les villes et les États américains qui prennent le relais! Les États-Unis, c’est bien plus que juste le gouvernement fédéral, effectivement.

Ailleurs, à Madagascar, Fatosoa Rakotondrazafy de l’Union pour la conservation de la nature, insiste sur l’importance des femmes. Sur une île, si on ne les soutient pas, c’est toute la structure sociale qui s’écroule. Elles s’occupent des cultures vivrières, elles vont chercher l’eau. Leur capacité à faire face au stress climatique est cruciale.

Ce même appel à l’action locale se retrouve en Louisiane. Colette Pichon-Battle, avocate, vit dans un État dépendant des énergies fossiles, mais ravagé par les changements climatiques. Son message est simple : il faut laisser la place à la nature, protéger les milieux humides, les marécages. La nature est notre meilleure « moyen de défense ».

Les solutions viennent des plus vulnérables

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Ces témoignages, venus de Colombie, des Comores, du Brésil, des Maldives, de Madagascar, ou même de Louisiane, nous rappellent une chose fondamentale : les solutions climatiques ne sont pas des concepts abstraits, mais des nécessités quotidiennes. On l’a vu, que ce soit en protégeant les mangroves, en soutenant les communautés de cueilleuses, ou en reconnaissant le rôle indispensable des femmes, les réponses sont souvent ancrées dans la préservation des écosystèmes et l’équité sociale.

Même si les sommets comme la COP30 peuvent décevoir par leurs accords finaux – notamment l’absence de plan clair pour la sortie des fossiles – ils ont au moins ce mérite : ils donnent une tribune à ceux qui subissent le pire. C’est peut-être là que réside le véritable espoir : dans la détermination de ces voix locales à forger leur propre avenir, même si le reste du monde, parfois, semble hésiter.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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