L’explosion gourmande des calendriers de l’Avent : ce rituel n’est plus seulement pour les enfants

L’explosion gourmande des calendriers de l’Avent : ce rituel n’est plus seulement pour les enfants credit : lemorning.ca (image IA)

L’Avent, du chocolat bon marché aux boîtes à surprises haut de gamme

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Qui n’a jamais ouvert, un matin de décembre, une petite case en carton pour y trouver un carré de chocolat, souvent médiocre, avouons-le? Le calendrier de l’Avent, traditionnellement une façon de faire patienter les petits jusqu’à Noël, est en pleine mutation. Franchement, l’époque où l’offre se limitait aux marques de chocolat mondiales, qu’elles soient bon marché ou même haut de gamme comme Lindt, semble révolue. Aujourd’hui, on parle d’une véritable opération marketing de grande envergure.

Le changement est spectaculaire, voyez-vous. Ces boîtes à surprises se sont largement diversifiées et elles ne ciblent plus uniquement les enfants. L’industrie agroalimentaire, surtout les PME d’ici, a flairé la bonne affaire en visant une nouvelle clientèle : les adultes. Dorénavant, derrière ces petites portes se cachent des trésors comme des épices raffinées, des thés somptueux, du café de torréfacteur, des confitures artisanales, et même, accrochez-vous bien, des bières ou des alcools. C’est le constat que dresse Maryse Côté-Hamel, professeure à l’Université Laval, qui confirme une belle croissance de l’offre des entreprises québécoises dans toutes sortes de catégories.

Un vecteur de promotion pour nos artisans locaux

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Pour les petites et moyennes entreprises (PME) québécoises, cette tendance est une aubaine, vraiment. Développer un calendrier personnalisé, c’est une excellente façon pour ces petites marques de faire connaître leurs produits, explique la spécialiste en consommation. On pense notamment au calendrier des fromages artisanaux du Québec, qui propose 24 découvertes provenant des quatre coins de la province, permettant aux consommateurs d’explorer le terroir local.

Mais attention, derrière ce plaisir fromager qui se vend environ 36,99 $ chez IGA, il y a un travail monstre. Il faut transformer de grosses meules carrées de 20 kg en minuscules cubes de 25 grammes, un processus qui demande un imposant travail de main-d’œuvre. L’objectif, comme le rappelle Jeannie Payette-Rivest de Sobeys-IGA, n’est pas tant d’atteindre un seuil de rentabilité immédiat. C’est surtout de « faire découvrir les produits artisanaux du Québec ». En gros, le calendrier de l’avent agit comme un outil de promotion, une vitrine pour des petits formats ou des échantillons qui, espérons-le, fidéliseront le client l’année d’après.

L’avantage consommateur face à l’inflation

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D’un point de vue consommateur, la formule est plutôt attrayante. Pourquoi? Parce qu’elle offre un rituel de dégustation et de découverte qui s’étale sur des semaines, sans exiger l’achat d’un format habituel, qui peut être franchement coûteux, n’est-ce pas? Dans un contexte où l’inflation nous rend un peu plus frileux à l’idée de faire des dépenses qui semblent « risquées », essayer de nouveaux produits en mini-format, c’est du bonbon! Ça permet de se faire plaisir sans trop s’engager financièrement.

De plus, Maryse Côté-Hamel note que c’est une excellente occasion pour les entreprises de tester de nouveaux produits qu’elles envisagent de mettre en marché. Bref, tout le monde y trouve son compte : l’entreprise, qui évalue son marché, et le consommateur, qui se gâte avec des échantillons. C’est astucieux, mais, bien sûr, cette petite douceur quotidienne a aussi un prix.

Des prix qui s’envolent, du bonbon aux microbrasseries

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La diversité des calendriers se reflète évidemment dans leur coût. Si vous cherchez la version traditionnelle pour enfant, vous trouverez encore des friandises chocolatées bon marché à partir de 2 $, ou des marques un peu plus connues (Ferrero, Lindt, Cadburys) entre 17 $ et 30 $. Ça, c’est le standard.

Mais dès qu’on passe aux produits artisanaux et de luxe, attendez-vous à un bond de prix significatif. Les calendriers d’épices (Kanel), de thés ou de bières de microbrasseries montent facilement d’une cinquantaine de dollars à plus de 150 $. Pourtant, même ces produits chers connaissent un succès phénoménal.

Prenons l’exemple de La Boîte à bonbons, une PME montréalaise. Leur calendrier, vendu 44,99 $, est leur « vache à lait », m’a confié sa présidente, Sarah Takforyan. Leurs ventes ont carrément « explosé » après avoir été cités dans le New York Times! Ils prévoient distribuer environ 15 000 calendriers cette année. Ça représente presque une année complète de travail, soit dix à douze mois, d’où l’édition limitée. Imaginez, Sarah raconte en riant que leurs premiers clients s’inscrivent sur la liste d’attente dès juillet. C’est Noël toute l’année chez eux!

La stratégie de l’édition limitée et l’attrait des exclusivités

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Cette idée d’« édition limitée » n’est pas juste une contrainte de production, c’est une stratégie marketing redoutable. Puisque les petits producteurs ne peuvent pas toujours répondre à une demande aussi forte, ils créent un phénomène de rareté. Les consommateurs s’inscrivent sur des listes d’attente dès septembre ou octobre, un peu comme on le ferait pour des billets de spectacle tant attendus. Résultat? Ces produits tombent en rupture d’inventaire très rapidement, souvent dès début novembre.

L’engouement est renforcé par l’attrait des exclusivités. Espace Houblon, par exemple, vend sa « Caisse de l’Avent » à 139,99 $, ce qui, je l’admets, est un prix plutôt salé. Mais cette caisse comprend 24 bières de microbrasseries québécoises, dont 12 sont exclusives, qu’on ne trouve nulle part ailleurs à ce moment-là. Et le petit secret que révèle Sébastien Lalande, copropriétaire d’Espace Houblon, c’est que les produits, s’ils étaient achetés séparément, coûteraient plus cher! C’est donc une « bonne affaire » pour les amateurs. Pas étonnant que 30 % des clients rachètent en prévente l’année suivante.

Le défi de l’écoresponsabilité face au suremballage

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Malgré tout le plaisir et la découverte qu’ils procurent, ces calendriers ne sont pas sans critique. On entend souvent parler du suremballage, du gaspillage de carton et de plastique qu’ils engendrent. C’est un point de friction important, surtout avec les préoccupations environnementales actuelles.

Heureusement, l’industrie réagit, surtout pour les produits qui se positionnent un peu plus haut de gamme. Ils tentent de se tourner vers des structures réutilisables ou faites de matériaux naturels, comme le souligne Maryse Côté-Hamel. La Boîte à bonbons, par exemple, a trouvé une solution simple : leur structure de calendrier est réutilisable, on n’a qu’à acheter la « recharge » de petits sacs de friandises pour l’année suivante. Le calendrier en bois des Chocolats Andrée, lui aussi, est réutilisable. C’est une astuce ingénieuse pour lutter contre le gaspillage.

Enfin, pour ceux qui veulent vraiment personnaliser et limiter les coûts, la bonne vieille méthode de bricoler son propre calendrier avec des créations personnelles dans une structure réutilisable reste l’option la plus écoresponsable et la plus touchante. Après tout, ce rituel des Fêtes, qu’il soit rempli de chocolat, de bière ou d’épices, est avant tout une affaire de petites douceurs pour patienter jusqu’à la magie de Noël.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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