Violences verbales : Donald Trump menace d’exécution les élus démocrates qui défient ses ‘ordres illégaux’

Violences verbales : Donald Trump menace d’exécution les élus démocrates qui défient ses ‘ordres illégaux’ credit : Gage Skidmore from Peoria, AZ, United States of America, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

L’escalade verbale et l’ombre de la sédition

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Dans l’arène politique américaine, les mots ont toujours eu un poids, mais on dirait bien que les limites du tolérable sont repoussées jour après jour. Nous avons été témoins jeudi d’une escalade vraiment inquiétante, disons-le franchement. Donald Trump, l’ancien et peut-être futur président des États-Unis, a qualifié des élus démocrates de « traîtres » qui seraient coupables de crimes passibles de la peine de mort, carrément!

Pourquoi un tel déferlement de violence verbale? C’est la réaction directe à une vidéo où ces six démocrates, dont certains ont un passé militaire ou dans le renseignement, ont rappelé à leurs collègues en uniforme leur droit et leur devoir de désobéir à des « ordres illégaux ». Ce n’est pas rien, une telle accusation, car elle touche au cœur même du contrôle civil sur l’armée, un principe fondamental, non?

L’accusation choc du président : ‘traîtres passibles de la peine de mort’

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La déclaration de M. Trump a été publiée sur sa plateforme Truth Social. Il y a mis les majuscules, histoire qu’on comprenne bien le message : « COMPORTEMENT SÉDITIEUX, passible de la peine de MORT! » Il avait déjà qualifié ces élus de « traîtres » auparavant, je suppose qu’il voulait marquer le coup. Mais là, évoquer la peine capitale, cela va beaucoup plus loin.

Et ce n’est même pas tout. Il a même relayé sur son compte des messages de partisans qui, eux, parlaient carrément d’une « insurrection » et réclamaient la pendaison de ces mêmes élus, les appelant des « ennemis de l’intérieur ». Franchement, on se pince. Est-ce vraiment le genre de discours qu’on devrait entendre de la part d’un dirigeant politique, vous ne trouvez pas?

Le point de presse surréaliste à la maison-blanche

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Ce fut une scène plutôt bizarre, ou « surréelle » comme l’a décrit la journaliste, lors du point de presse de l’après-midi à la Maison-Blanche. Une journaliste a dû poser la question, la plus évidente : « Pour que ce soit clair, le président veut-il exécuter des membres du Congrès? »

La porte-parole, Karoline Leavitt, a bien sûr cherché à éteindre le feu. « Non », a-t-elle répondu rapidement. Mais elle a tout de suite braqué les projecteurs sur les démocrates, les accusant d’avoir conspiré pour orchestrer un message vidéo. Selon elle, ils encouragent l’armée à défier les ordres légaux du président. Ils suggèrent que le président donne des ordres illégaux, ce qu’il n’aurait évidemment pas fait, selon la Maison-Blanche. On voit bien ici la tentative de renverser la situation, de faire passer les accusateurs pour les vrais instigateurs.

Le contenu de la vidéo démocrate : un rappel du droit à la légalité

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Alors, que disait exactement cette fameuse vidéo qui a mis le feu aux poudres? Six élus démocrates – dont des anciens de l’armée, de la CIA (comme la sénatrice Elissa Slotkin) et même un ex-astronaute de la NASA (Mark Kelly) – s’adressaient aux militaires et agents du renseignement. Leur message était clair, simple et, franchement, ancré dans le droit américain : « Nos lois sont claires : vous pouvez refuser les ordres illégaux. »

Ces élus dénoncent le fait que les menaces contre la Constitution viennent désormais « d’ici, chez nous », ce qui est une critique directe de l’administration. Ils reprochent aussi au gouvernement d’« opposer nos militaires en uniforme […] aux citoyens américains ». On ne peut pas dire qu’ils précisent quels ordres seraient illégaux, mais on devine facilement à quoi ils font référence.

Le contexte trouble : frappes controversées et déploiement domestique

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Et justement, si les démocrates s’inquiètent, c’est parce que M. Trump a montré une certaine tendance à utiliser l’armée de manière, disons, *discutable* légalement. Il y a eu le déploiement de la Garde nationale dans plusieurs grandes villes – Los Angeles, Portland, Chicago, Washington – soi-disant pour contrer une hausse de la criminalité liée à l’immigration illégale. Or, ce déploiement a été fait contre l’avis des autorités locales, ce qui crée une friction institutionnelle, c’est certain.

Mais il y a pire : dans sa « lutte contre le narcotrafic » au large de l’Amérique latine, les États-Unis ont mené une vingtaine de frappes dans les Caraïbes et le Pacifique. Ces frappes ont fait au moins 83 victimes. Même le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme s’en est mêlé, exhortant Washington à enquêter sur la légalité de ces actions. Ils parlent d’« exécutions extrajudiciaires » et de violations du droit international. Bon, le département de la Justice dit que les ordres étaient licites, mais l’inquiétude reste légitime, il me semble.

La réponse des démocrates : dénoncer l’intimidation et l’hypocrisie

Sans surprise, les démocrates n’ont pas accepté les menaces sans réagir. Ils ont dit qu’ils ne se laisseraient pas intimider et ont réitéré leur appel à l’armée, insistant sur le fait de n’obéir qu’aux ordres légaux. Hakeem Jeffries, le leader de la minorité à la Chambre, a dénoncé une « rhétorique violente et déchaînée » et a exigé que le président supprime ses messages, et vite, « avant que quelqu’un soit tué ».

Le gouverneur de la Pennsylvanie, Josh Shapiro, qui a lui-même été victime de violence politique cette année (son domicile a été incendié), a frappé fort. Il a accusé Trump d’encourager activement la violence. Ce qui est flagrant, selon lui? L’hypocrisie des républicains : « Les flatteurs et les complices dont s’entoure le président sont prompts à condamner ce genre de propos lorsque cela sert leurs intérêts politiques, mais dans des moments comme celui-ci, ils restent silencieux. » Un silence assourdissant, hein?

La réaction républicaine mitigée : entre désapprobation et diversion

La position des leaders républicains, comme souvent, a été délicate. Le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a d’abord botté en touche. Il a préféré pointer du doigt les démocrates, estimant leur vidéo « inappropriée » et « très dangereuse », c’était même « sans précédent dans l’histoire des États-Unis », a-t-il affirmé.

En soirée, cependant, M. Johnson a pris un peu de distance. Il a reconnu que les mots de Trump n’étaient pas les siens et qu’il ne pensait pas que les gestes des démocrates soient « des crimes passibles de la peine de mort ou de quoi que ce soit de ce genre ». Même son de cloche chez John Thune, leader de la majorité au Sénat, qui a rappelé la liberté d’expression (le Premier Amendement), tout en trouvant l’action des démocrates « imprudente, provocatrice et inutile ». Bref, ils désapprouvent la violence de Trump, mais critiquent surtout ceux qui l’ont provoquée. C’est ça, la politique, je suppose.

Quand la rhétorique menace les institutions

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Cette nouvelle vague de rhétorique enflammée, où l’on parle d’exécution et de sédition, n’est malheureusement pas une nouveauté. On se rappelle que M. Trump n’a jamais hésité à insulter ses adversaires, les traitant de « fascistes », de « vermine » ou d’« ennemis du peuple ». D’ailleurs, l’histoire nous a montré les conséquences dramatiques que peut avoir un tel langage extrémiste : l’assaut sur le Capitole en janvier 2021, orchestré par ses partisans, en est le rappel le plus sanglant.

Les démocrates et leurs alliés, y compris plus de 360 anciens responsables militaires et diplomatiques, soutiennent que la désobéissance à des ordres illégaux est un principe essentiel du contrôle civil sur l’armée. Face à cela, le président réagit en invoquant la peine de mort. Le débat n’est plus seulement politique; il porte sur la survie même des institutions et sur les risques bien réels que ces mots engendrent sur la sécurité de tous, et particulièrement des élus. C’est une situation vraiment tendue.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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