Le prix de la paix en Ukraine : quand Washington propose de céder des territoires majeurs à la Russie

Le prix de la paix en Ukraine : quand Washington propose de céder des territoires majeurs à la Russie credit : lemorning.ca (image IA)

La demande d’une « paix digne » face à la réalité

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La guerre en Ukraine, c’est l’horreur quotidienne. Mais au-delà des combats, on parle forcément de paix. Sauf que cette fois, le plan qui flotte dans l’air, soutenu par Washington, a de quoi secouer pas mal de monde. Ce jeudi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a réclamé une « paix digne » pour son peuple, une paix qui respecterait, je cite, « notre indépendance, notre souveraineté et la dignité du peuple ukrainien ».

Cependant, le projet américain, dont l’AFP a pu prendre connaissance, semble tracer une ligne de front bien différente de celle rêvée par Kiev. C’est une pilule amère, franchement : il prévoit que l’Ukraine cède officiellement des pans entiers de son territoire à la Russie. On comprend pourquoi les discussions sont encore « en cours » à la Maison-Blanche.

Un plan en 28 points et l’amputation territoriale

Ce plan de paix est ambitieux dans sa structure, puisqu’il comporte 28 points détaillés. Mais c’est sur la question territoriale que le bât blesse, évidemment. Le projet exige que Kiev reconnaisse de facto comme russes les régions de Donetsk et de Lougansk, que Moscou a toujours ardemment réclamées.

Et ce n’est pas tout. La Crimée, annexée illégalement par la Russie dès 2014, serait elle aussi reconnue comme russe par les États-Unis. Deux autres régions du sud, Kherson et Zaporijia, seraient simplement coupées en deux, partagées selon la ligne de front actuelle. Pendant que ces discussions se déroulent dans les bureaux feutrés, la réalité du conflit est brutale : une frappe russe à Zaporijia a fait au moins cinq morts jeudi soir, nous rappellent les secours. La Russie, elle, ne chôme pas. Le commandant Sergueï Kouzovlev a même annoncé la prise de Koupiansk, un bastion ukrainien, soulignant que les troupes russes progressent « pratiquement sur tous les fronts ».

Les limites militaires et l’ombre de l’otan

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Au-delà du partage des terres, ce projet s’attaque de front aux ambitions militaires de Kiev. Une des propositions phares est de limiter l’armée ukrainienne à seulement 600 000 militaires. Et puis, il y a la question de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). La Russie a toujours fait du non-élargissement de l’OTAN une revendication centrale. Ce plan ? Il donne raison à Moscou sur ce point précis.

Kiev renoncerait à l’intégration à l’OTAN. C’est un sacrifice énorme, si vous voulez mon avis. En contrepartie, l’Ukraine serait jugée « admissible » à l’adhésion à l’Union européenne, ce qui est, disons, un lot de consolation économique et politique, mais pas une garantie de sécurité immédiate. Fait curieux, même si l’OTAN ne stationnerait pas de troupes en Ukraine, des avions de combat européens pourraient être basés… en Pologne. Un jeu d’équilibriste très risqué.

La délicate question de la centrale nucléaire de zaporijia

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Parmi les 28 points, la question de l’énergie est abordée avec une précision presque administrative, mais terrifiante, étant donné le risque nucléaire. La centrale de Zaporijia, la plus grande d’Europe, serait relancée. Mais comment ? Sous la supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), ça, c’est logique.

Mais regardez la répartition de la production : elle irait pour 50 % à l’Ukraine et pour 50 % à la Russie. C’est un compromis qui fait mal à entendre, car c’est une infrastructure ukrainienne historique. D’ailleurs, l’accord propose un plan de reconstruction pour l’Ukraine, financé à hauteur de 100 milliards de dollars. Ce montant proviendrait, attention, des avoirs russes qui sont gelés aujourd’hui. Un financement par l’ennemi, en quelque sorte.

Les réactions amères : un plan pro-kremlin?

Du côté de Kiev, la réception de ce plan est, pour le dire poliment, glaciale. Un haut responsable a même déploré ouvertement que ces propositions aient été « préparées par la Russie et approuvées par les Américains ». Ce que Moscou ferait en retour, ce n’est vraiment pas clair, et c’est ça qui inquiète.

La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a bien tenté de rassurer tout le monde en affirmant que le plan était « bon pour la Russie et pour l’Ukraine », et qu’ils avaient discuté autant avec les Ukrainiens qu’avec les Russes. Mais quand on voit les revendications territoriales russes satisfaites, on peut se poser des questions sur l’équilibre des forces dans ces négociations, non ? Les Européens, par la voix de Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie de l’UE, ont d’ailleurs été très clairs : pour que ça marche, il faut que les Ukrainiens et les Européens soient impliqués.

Les garanties de sécurité comme ultime rempart

Ce plan, s’il se concrétisait, serait un coup de poker diplomatique majeur, entérinant de facto la perte d’une grande partie de l’est de l’Ukraine. Cependant, il inclut une clause de non-agression future entre la Russie, l’Ukraine et l’Europe. C’est essentiel, parce que sans cela, c’est juste un cessez-le-feu temporaire.

De plus, si jamais la Russie se permettait d’envahir à nouveau l’Ukraine, le projet prévoit une réponse militaire coordonnée et, bien sûr, de nouvelles sanctions internationales. Le président Zelensky discute dans les prochains jours avec Donald Trump, qui, selon sa porte-parole, soutient fermement ce plan. Reste à savoir si ces garanties de sécurité, dont la teneur précise n’est pas encore explicitée, suffiront à convaincre Kiev de sacrifier son intégrité territoriale au nom d’une « paix digne ».

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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