La crise de la santé mentale chez les étudiants s’allège-t-elle ? Nouvelles encourageantes, mais la vigilance reste de mise

La crise de la santé mentale chez les étudiants s’allège-t-elle ? Nouvelles encourageantes, mais la vigilance reste de mise credit : lemorning.ca (image IA)

Le paradoxe du stress et de l’amélioration statistique

On le sait, le processus d’admission à l’université est souvent une source de stress incroyable pour les jeunes, une véritable montagne à franchir. Mais, mine de rien, cette angoisse ne disparaît pas une fois qu’ils ont reçu leur lettre d’acceptation. En fait, une étude Gallup de 2023, qui a sondé plus de 14 000 étudiants, a clairement établi que le stress émotionnel, la santé mentale et le coût des études sont les trois raisons principales pour lesquelles les étudiants abandonnent. C’est alarmant, n’est-ce pas ?

Pourtant, au milieu de cette crise de santé mentale que nous observons depuis des années dans les campus, une lueur d’espoir vient d’apparaître. Une vaste enquête menée par l’Université du Michigan – la plus grande étude sur la santé mentale étudiante jamais réalisée aux États-Unis – vient de révéler que, pour la troisième année consécutive, les étudiants signalent des taux légèrement plus bas de symptômes dépressifs, d’anxiété et même de pensées suicidaires. C’est une nouvelle réconfortante, mais je reste personnellement sur mes gardes ; après 25 ans à travailler dans ce domaine, je suis toujours préoccupé par l’acuité des problèmes rencontrés.

Les chiffres optimistes : une baisse notable de la dépression sévère

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Regardons les chiffres de près, car ils sont assez impressionnants. Cette grande étude, menée sur 135 établissements américains et impliquant plus de 84 000 étudiants entre 2024 et 2025, nous donne une image un peu différente de ce que l’on pensait. Les symptômes de dépression sévère chez les étudiants ont chuté à 18 %. Ça peut paraître beaucoup, certes, mais c’est tout de même une amélioration significative par rapport aux 23 % enregistrés en 2022. C’est une baisse de cinq points, et ça, c’est vraiment quelque chose.

Même tendance pour les pensées suicidaires, qui sont passées de 15 % en 2022 à 11 % en 2024-2025. Ces données, collectées sur un échantillon aussi vaste, suggèrent peut-être que les efforts des universités commencent enfin, timidement, à porter leurs fruits. Mais comment expliquer ce changement ? Est-ce la sensibilisation ? Un meilleur accès aux soins ? Ou est-ce simplement un effet post-pandémique qui se stabilise ? Difficile de trancher avec certitude.

Prendre une pause : le dilemme des congés médicaux

Même si les chiffres globaux s’améliorent légèrement, le besoin de faire une pause reste très présent. Les étudiants sont soumis à une quantité phénoménale de pression : les études, les finances, et la complexité des relations sociales. Ce sont des facteurs qui s’accumulent et qui peuvent devenir insoutenables. J’ai moi-même eu l’occasion, au cours des dix dernières années, d’examiner et d’approuver 133 dossiers de retrait médical. Avant le COVID-19, c’était environ 12 étudiants par an qui partaient en congé maladie sur près de 4 000 inscrits.

Mais, à partir de 2020 et jusqu’en 2025, ce nombre a augmenté, mine de rien, d’environ deux personnes par an. Et devinez quoi ? Environ 82 % de ces cas sont liés à la santé mentale. Le plus triste, c’est que, généralement, très peu d’étudiants qui prennent un congé reviennent. Mais attendez, il y a de l’espoir : les écoles qui adoptent des politiques proactives, non disciplinaires, pour soutenir cette pause, qui donnent des recommandations claires de traitement, voient un taux de retour bien supérieur. Environ 70 % de ces étudiants finissent par revenir et obtenir leur diplôme. C’est la preuve que le soutien structuré fait toute la différence.

Le bien-être, un concept flou et la nécessité de diversité

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Le mot « bien-être » (ou well-being en anglais) est sur toutes les lèvres des dirigeants universitaires, mais, honnêtement, personne ne semble avoir de définition unique. Pour beaucoup, c’est un terme générique pour parler de santé mentale, englobant la capacité à gérer le stress et à être à l’aise avec ses propres sentiments. Alors oui, il y a un mouvement pour intégrer ce concept dans la culture même de l’établissement, mais beaucoup d’universités s’en tiennent encore aux méthodes traditionnelles : des kiosques d’information lors de foires sur la santé, ou des dépliants au centre étudiant.

Ces méthodes ont leur utilité, j’avoue, pour sensibiliser. Mais si on les utilise seules, elles ne provoqueront jamais de réel changement de comportement chez les étudiants. Un autre point capital, et c’est terrible, c’est que les étudiants de couleur, surtout Noirs et Latinos, sont plus susceptibles de se retirer temporairement de l’université. La solution ? C’est simple et complexe à la fois : les institutions doivent embaucher davantage de personnel, de professeurs et de conseillers en santé mentale qui sont aussi des personnes de couleur. Le partage d’expériences vécues peut créer un pont de confiance indispensable.

L’importance des systèmes d’alerte et des thérapies innovantes

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Depuis la terrible tragédie de Virginia Tech en 2007, où un étudiant a commis un massacre avant de se suicider, les écoles ont dû réagir. Elles ont mis en place des systèmes d’alerte précoce, souvent appelés « équipes de soutien » (ou care teams), qui sont conçus pour repérer les étudiants en difficulté – qu’elle soit académique, sociale ou émotionnelle. Le but est d’intervenir rapidement et de les connecter aux ressources appropriées : conseillers, services financiers, ou soutien psychologique.

Il est absolument essentiel de former continuellement le personnel et les étudiants à l’utilisation de ces systèmes. Il faut jeter un filet large pour s’assurer que personne ne passe au travers des mailles lorsqu’il ne va pas bien mentalement. De plus en plus d’universités, comme Harvard ou NYU, proposent aussi des pratiques de pleine conscience (mindfulness), de la méditation, ou des exercices de respiration comme services gratuits. Et figurez-vous que certaines polices de campus utilisent même des chiens de thérapie pour améliorer le bien-être et renforcer le lien communautaire ! C’est vraiment créatif.

Certaines écoles ont même arrêté de laisser les bibliothèques ouvertes 24 heures sur 24 pour encourager le repos. Bon, il faut être honnête, la majorité de ces changements d’horaires sont souvent motivés par des coupes budgétaires plutôt que par une mesure préventive proactive, mais le résultat est le même : un appel au repos. C’est déjà ça.

Le bien-être, moteur du succès universitaire

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J’ai toujours soutenu que le bien-être n’est pas un luxe, mais une condition essentielle pour réussir, que ce soit personnellement, professionnellement ou académiquement. Le message que je souhaite faire passer aux écoles est que le bien-être doit être le pilier central de la réussite étudiante.

Des études récentes ont clairement établi un lien entre le bien-être d’un étudiant et sa capacité à rester à l’école. En d’autres termes, si les universités développent des programmes ciblés et efficaces de santé mentale, elles peuvent améliorer considérablement leurs taux de rétention. Se concentrer sur la santé des étudiants conduit, en fin de compte, à de meilleurs résultats sur tous les plans : émotionnel, physique, et bien sûr, académique. Si nous voulons que nos jeunes réussissent, nous devons d’abord nous assurer qu’ils vont bien. C’est la base, et je suppose que les données récentes nous encouragent à continuer dans cette direction, même si la vigilance reste de mise.

Selon la source : medicalxpress.com

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