Une faille dans l’armure de Trump : le revers au congrès qui change la donne républicaine
Simon Kabbaj - 2025-11-20 11:13
credit : lemorning.ca (image IA)
La gifle inattendue du dossier Epstein

Le Congrès a carrément forcé le président à reculer. À la Chambre des représentants, on a vu 427 élus des deux bords voter pour rendre publics ces fameux documents. Vous imaginez? Un seul représentant républicain a osé voter contre. Au Sénat, l’affaire est passée « comme une lettre à la poste », dit-on. C’est une claque, une vraie gifle, pour un président qui avait passé des semaines entières à traîner les pieds, qualifiant même l’affaire de « canular démocrate ». C’est ça, la politique : parfois, on doit faire volte-face en dernière minute, même quand on est la figure la plus puissante du parti. Il savait sans doute qu’une défaite si écrasante en interne lui ferait mal.
Le réveil de l’aile législative républicaine
Pendant des mois, les élus républicains ont été plutôt dociles, il faut bien le reconnaître. Ils ont laissé passer sa « grande et belle loi budgétaire » sans broncher cet été. Ils l’ont laissé faire ses expériences avec l’imposition de vastes droits de douane, un peu comme on laisse un enfant tester les limites. Mais là, dans l’affaire Epstein, ils ont choisi de lui tenir tête. C’est le signal que l’aile législative n’accepte plus d’être de simples figurants. Ils rappellent au président qu’il n’est pas le seul maître à bord. Du coup, la question qui nous brûle les lèvres : Donald Trump sent-il vraiment que la loyauté de ses troupes commence à lui glisser entre les mains ?
Trump minimise : « je m’en fiche »
La réaction du président était typique : un mélange d’indifférence affichée et d’avertissement voilé. « Je m’en fiche », a-t-il écrit sur son réseau Truth Social juste après l’adoption du projet de loi par le Sénat. Classique. Mais il a immédiatement enchaîné avec un avertissement ferme. Il ne veut surtout pas que les républicains se mettent à « perdre de vue les victoires » qu’ils ont déjà remportées, citant ses fameuses baisses d’impôt, sa gestion des frontières et sa fameuse réduction de la réglementation.
C’est une tactique bien connue. Quand on perd sur un front, on tente de ramener la discussion sur les terrains où l’on est fort. Mais dans ce cas précis, la défaite est doublement symbolique, car elle vient du cœur de son propre camp. Et c’est là que le problème devient vraiment sérieux.
La déchirure du mouvement MAGA

Des élus comme Thomas Massie et, surtout, Marjorie Taylor Greene, ont mené la charge pour forcer ce vote. Ils en sortent aujourd’hui renforcés, et ça, c’est quelque chose que Trump ne peut pas ignorer. Marjorie Taylor Greene, autrefois une alliée indéfectible de la première heure, s’est même retrouvée qualifiée de « traîtresse » par le président. C’est quand même hallucinant, non? Elle a prononcé l’éloge funèbre de leur relation, entourée de victimes de Jeffrey Epstein, en lançant : « J’ai été qualifiée de traîtresse par un homme pour qui j’ai combattu pendant […] six ans et à qui j’ai voué ma loyauté gratuitement. » Ça sonne comme une rupture définitive, et elle utilise cette occasion pour intensifier ses critiques, lui reprochant de se concentrer trop sur les conflits étrangers et pas assez sur les difficultés quotidiennes des Américains, comme le coût de la vie. C’est un thème qui résonne fortement auprès des militants MAGA.
Doutes sur les priorités et indépendance retrouvée
Il a aussi essuyé un autre mur cette semaine : ses tentatives pour inciter les élus républicains de l’Indiana à redessiner la carte électorale en faveur du parti, en prévision des élections de mi-mandat l’an prochain, sont restées lettre morte. C’est clair que son influence est moins absolue qu’avant.
Les sondages, une ombre sur l’horizon 2026
Et comme si ce n’était pas suffisant, les sondages nationaux ne sont pas vraiment encourageants pour le parti. Il faut le mentionner, car c’est important. Un récent sondage (NPR/PBS News/Marist, mené du 10 au 13 novembre 2025, avec une marge d’erreur de 3 %) montre que le Parti démocrate aurait une avance de 14 points sur les républicains pour les élections de 2026. C’est leur avance la plus importante depuis 2017. Bien sûr, les chiffres fluctuent, mais 14 points, c’est énorme. On ne peut pas juste balayer ça du revers de la main.
Il est prématuré, voire carrément exagéré, de dire que Donald Trump est en train de devenir un « canard boiteux »; il reste l’acteur le plus influent du Parti républicain. Mais ce qui est certain, c’est que plus l’échéance de 2028 approchera, plus les politiciens de sa formation commenceront à penser sérieusement à l’après-Trump. Et c’est là que les querelles internes, les joutes d’influence, risquent de s’intensifier. Cette semaine, le doute a été semé.
Le mur fissuré
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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