Quand l’avenir se joue (presque) en sixième année : le stress des admissions au secondaire

Quand l’avenir se joue (presque) en sixième année : le stress des admissions au secondaire credit : lemorning.ca (image IA)

L’angoisse de la grande transition

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C’est un moment charnière, n’est-ce pas? Pour beaucoup de familles, la fin du primaire ne rime pas seulement avec l’été, mais aussi avec une attente incroyablement stressante. Nous parlons ici des demandes d’admission pour l’école secondaire, bien sûr. Dans notre système éducatif, où les écoles publiques offrent maintenant des programmes à vocation et où le privé est omniprésent, choisir l’école de son enfant est devenu une affaire sérieuse, une course. Les enfants de sixième année, qui ont à peine 11 ans, ont cette impression, très lourde, de jouer déjà une partie de leur avenir. C’est anxiogène, vraiment.Ce sentiment de pression monte en flèche, et il faut bien l’avouer, l’arrivée d’une réponse positive ou négative peut engendrer des surprises formidables, ou au contraire, de grandes déceptions. Alors, comment gère-t-on cette attente quand on a 11 ans?

Jouer sa vie à 11 ans : l’opinion des spécialistes

Arrêtons-nous tout de suite sur un point essentiel : tout ne se joue pas sur le choix de l’école secondaire. C’est le message que tente de passer Danyka Therriault, professeure au département de psychoéducation de l’Université de Sherbrooke. Elle insiste pour nous rassurer d’emblée. Certes, cette étape est importante dans le cheminement de l’enfant, mais elle n’est absolument pas déterminante au point de sceller un destin.Cela dit, la spécialiste de l’anxiété chez les enfants reconnaît que l’enjeu a pris de l’ampleur avec les années. Avant, il y avait, je suppose, un peu moins d’options, moins de programmes hyper-spécialisés qui exigent des admissions particulières. Elle croit que cette multiplication des choix contribue, forcément, à augmenter le stress ambiant. Cependant, il faut faire confiance à nos jeunes. Ils sont suffisamment « équipés pour vivre cette transition-là », nous rappelle-t-elle.

Le cas de Maxime : l’attente pour le sport-études

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Prenons l’exemple de David Nolet, un parent qui vit l’impatience et l’anxiété de l’attente ces jours-ci. Son fils, Maxime, espère de tout son cœur obtenir une place spécifique, très convoitée : celle en Sport-études soccer à l’école du Triolet. C’est son rêve, sa vocation, je suppose.Pour tous ceux qui ont fait des demandes d’admission, que ce soit pour une vocation publique ou un collège privé, le 20 novembre est la date fatidique. C’est le jour où les écoles donnent enfin leurs réponses. Il y a trois issues possibles, vous les connaissez : accepté, refusé, ou, le pire, placé sur une liste d’attente. Dans le cas de Maxime, son père avoue que l’anxiété est là parce que le programme désiré est « très limité », ce qui est, disons-le, décourageant. Même si les critères sont satisfaits, la place n’est pas garantie. C’est ça, la réalité de la sélection.

Diminuer les attentes : l’importance du plan b et du plan c

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Il faut se rendre à l’évidence : dès 10 ans, dès la cinquième année, les enfants savent que leurs résultats scolaires vont directement déterminer leurs chances. Les écoles secondaires sélectionnent sur la base du bulletin de 5e année, donc la pression de performance commence terriblement tôt. C’est vrai, comme l’observe la professeure Therriault, « on baigne longtemps dans cette espèce de stress lié au choix de l’école secondaire. » Mais elle ajoute un bémol qui sonne juste : le stress des parents rend souvent la chose « encore plus grosse que ça devrait l’être ».Alors, que faire dans ce contexte compétitif? Il faut tempérer les attentes, absolument. Se préparer à l’échec, ou du moins, à l’éventualité d’un refus. Avoir un plan B, voire un plan C, est la meilleure stratégie. Elle est catégorique : ce n’est pas parce qu’un enfant n’obtient pas son premier choix que son secondaire sera un désastre. Chaque milieu, chaque programme a ses avantages et ses inconvénients. Les programmes réguliers peuvent très bien répondre aux besoins de certains. Il est crucial, dit-elle, de mettre cela en perspective pour éviter que ce choix soit à ce point anxiogène pour l’enfant.

David Nolet et sa conjointe ont d’ailleurs eu cette sagesse. Ils ont rappelé à Maxime que s’il y a beaucoup d’appelés, il y aura peu d’élus. Ils ont même fait une demande dans un collège privé en parallèle. C’est la bonne approche, je suppose, car le jeune se fait déjà à l’idée que l’admission pourrait ne pas arriver.

Le système d’éducation à trois vitesses : une réalité désolante

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Avouons-le franchement : le système éducatif actuel n’est pas ce que l’on pourrait appeler équitable, loin de là. Il s’articule, en gros, sur trois niveaux. Il y a d’abord l’école privée, inaccessible à ceux qui n’ont pas les moyens financiers, naturellement. Ensuite, pour ceux qui optent pour le public, il faut des résultats scolaires souvent excellents pour décrocher une place dans les fameuses vocations ou programmes particuliers. Ce n’est pas donné à tout le monde.Et que reste-t-il, au fond, pour les autres? Les classes régulières. Bien sûr, elles permettent de se concentrer sur les matières de base, mais elles manquent souvent de ce « petit quelque chose » qu’offrent les vocations, cette étincelle qui crée la motivation. La professeure Therriault déplore d’ailleurs cette situation, la trouvant « un peu désolante » pour les élèves qui bénéficieraient grandement d’un programme qui les motive vraiment, ce qui favoriserait leur engagement scolaire, n’est-ce pas?

Elle suggère même qu’il faudrait peut-être réfléchir sérieusement à de nouvelles formules de programmes particuliers, spécifiquement conçues pour les élèves qui ont plus d’enjeux ou des difficultés scolaires. Une idée à creuser, sans doute, pour une meilleure équité.

Faciliter le grand saut : les ateliers psychoéducatifs

Au-delà du stress de l’attente des réponses, il y a le grand saut lui-même. Changer d’école, se faire de nouveaux amis, devenir plus autonome pour gérer un horaire chargé et des exigences académiques rehaussées : ce sont de sacrés défis pour un jeune. C’est une grande source d’anxiété, rappelle Danyka Therriault.Pour adoucir cette transition, la Clinique d’intervention psychoéducative de l’Université de Sherbrooke a mis sur pied des ateliers gratuits, dirigés vers les élèves de 6e année. Ces stages se déroulent sur trois journées pédagogiques et offrent un mélange d’activités psychoéducatives de groupe et même, si besoin, un suivi individuel.

Nancy Poirier, coordonnatrice de la clinique, explique que le focus est mis sur le développement des compétences essentielles : la gestion du stress, la résolution des conflits et l’affirmation de soi. Ces ateliers se tiennent directement dans les quatre écoles secondaires publiques de Sherbrooke, ce qui offre une sorte d’immersion aux jeunes. D’ailleurs, comme les portes ouvertes ont été annulées cet automne, l’intérêt a explosé. On a eu un « nombre record d’inscriptions », plus de 400, alors que la capacité n’était que de 112. C’est dire à quel point le besoin est réel! Les jeunes se sentent plus rassurés, plus concrets après y être allés. C’est une expérience positive qui touche à tout, du vivre-ensemble aux interactions avec de nouveaux adultes. Le fils de David Nolet y est inscrit, et sa fille en a bénéficié il y a deux ans, ce qui, selon lui, l’a « vraiment aidé » à s’intégrer à son nouveau secondaire.

Faire confiance à la résilience et aux plans de rechange

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La période d’attente pour l’admission au secondaire est indéniablement tendue, aussi bien pour les élèves que pour les parents. L’enjeu semble démesuré, mais il est essentiel de se rappeler les paroles rassurantes des spécialistes : le cheminement n’est pas joué d’avance. Un refus n’est pas une catastrophe, c’est une redirection vers une autre opportunité. Avoir des plans B et C est non seulement intelligent, mais nécessaire pour préserver la santé mentale de tous.Les initiatives comme celles de l’Université de Sherbrooke, qui offrent une immersion et des outils concrets pour mieux gérer cette transition difficile, sont fondamentales. Elles permettent aux jeunes de se sentir mieux équipés, de mieux apprivoiser l’environnement de l’école des grands. Finalement, que l’enfant obtienne son premier choix ou qu’il doive se tourner vers une autre option, l’important est de lui fournir les outils pour qu’il puisse aborder le secondaire avec confiance et résilience. Faisons-leur confiance, ils sont prêts pour le grand saut, non?

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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